I. M. Binet, üp. cil., p
dans mon coin, par bien regarder l’échiquier tel qu’il est au début, et c’est à cette première impression que je m’attache et que je reviens mentalement. »
Comment concilier ces deux affirmations, celle de l’Américain qui en jouant voit l’échiquier comme dans un miroir intérieur, et celle de M. Goetz qui soutient que la mémoire visuelle ne joue aucun rôle dans l’occurrence ?
M . Binet fit une enquête parmi les amateurs et les professionnels du jeu d’échecs; un questionnaire fut inséré dans la plupart des journaux échiquéens du monde : l’auteur écrivit à des célébrités et obtint un très grand nombre de documents dont quelques-uns sont extrêmement intéressants.
Au point de vue de la mémoire, les professionnels les plus intéressants sont les joueurs d’échecs sans voir. « C’est Philidor, le compositeur de musique bien connu, qui est le véritable initiateur de ce genre de sport ‘. » 11 eut de très nombreux imitateurs dont d’aucuns jouaient à la fois 10 voire 16 parties; tous ces joueurs célèbres sont morts, mais aujourd'hui leurs imitateurs sont innombrables. On admet généralement dans le monde des joueurs que tout amateur de première force peut jouer sans échiquier au moins une |iartioA. Ceci prouve, me semble-t-il, que la mémoire spéciale des joueurs sans voir s'acquiert surtout par l’exercice ]irofessionnel . Mais quelle est la nature de celle mémoire, qui peut se développer chez tout amateur de |uemière force?