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M. JosT a étudié l’influence des répétitions Dans son travail, M. Jost s’occupe des associations, mais son étude fournit des conclusions intéressantes au point de vue de l’intensité de la mémoire de fixation, c’est pourquoi nous aimons mieux en parler dans cc chapitre.
La question que se pose l’auteur est d'un intérêt pratique évident : étant donnée une série de svllabes à apprendre par cœur, comment conNient-il de procéder pour obtenir le maximum de rendement avec le minimum d’efforts? Yaut-il mieux les fixer en un même jour ou les répéter un certain nombre de fois, un jour, puis le lendemain et les jours suivants?
Les lests employés étaient des séries de douze svllabes dénuées de. sens ; chacune des svllabes présentées aux sujets se composait de 3 lettres: deux consonnes et une voyelle. Les douze svllabes écrites les unes sous les autres, sur une feuille de papier blanc collé sur un cylindre, passaient successivement devant la fente d’un écran. Le cylindre rotatif tournait avec une vitesse uniforme; les sujets étaient priés déliré les syllabes à haute voix à mesure qu'elles défilaient et d’accentuer les i’’“, 3“, 5°, 7*', q“ et ii“. Ce rythme ini|)Osé ]>ar l'auteur empêche le sujet de rythmer lui ineme à sa guise et de façon irrégulière. La haiule de ]>a]iier ap]di(juée sur le cvlindre rotatif ju’ésenic après la douzième svllabe un espace vide : de là une pause naturelle dont la durée était uniforme dans toutes les expériences.
I. A. .tosT. Dio assozialions festigkcil in ilirer .\bhacngigkeil von (terverlcitnngitor \\ ieilcrliol\uigon, dans Zeil.sf fur Psycholoi^ir und Idiysiologio der Suusesorgunc, \t\’. )). 4ti-7z.
l’inte>sité de i.a aikmotre de etx vtton i63
On tourne le cylindre autant de lois qu’il le l'aut pour que chaque personne puisse reproduire de mémoire toutes les syllabes ; l’intensité de la mémoire de fixation des sujets examinés est en rapport inverse du nombre de tours nécessaire pour arriver à la reproduction intégrale de tous les lests présentés.
La vitesse ordinaire du cylindre était telle que cba- (jue syllabe demeurait visible durant une demiseconde environ.
Certains sujets sont parvenus à retenir les 12 tests après 7 rotations, d’autres après trente seulement ou davantage.
L’expérience avant montré que l’exercice a une influence très marquée, l’auteur avant de procéder aux expériences proprement dites a fait subir à tous ses sujets un entraînement préalable en leur montrant des séries de syllabes analogues aux lests choisis poulies ex[)ériences définitives.
\ oici un sujet qui a besoin d’un grand nombre de répétitions pour fixer 12 images; quelles sont les conditions les plus favorables de [)réscnlalion? b^aulil lui montrer la série par exem()le 3o fois en un même jour, ou 10 fois trois jours de suite, ou 2 fois chaque jour pendant une quinzaine.
Pour déterminer les effets de chaque ])rocédé, l’aufeiir emploie deux méthodes : la |)iemièrc qu’il a|) pelle méthode d'économie; la deuxième ([u’il (pialifie de méthode d'association.
a) Méthode d'économie . — .l’ai lu hier 20 fois une série de syllabes; aujourd’hui on me [)réscnle à la fois l;i série que j’ai aj)prise hier et une nouvelle série dillérente, mais demandant un effort de mémoire
LA AlÉMOIRi;
analogue; si pour parvenir à les répéter Immédiatement je suis obligé de répéter la série nouvelle 20 fois et la séiie vue hier 5 fois seulement, l'économie cpii résulte du travail de mémorisation effectuée hier est de 75 pour 100.
b) Méthode d'association. — J’ai lu hier 20 fois une série de 12 syllabes; on me montre aujourd'hui les 6 syllabes de rang impair, accentuées hier, il faut que je me rappelle les autres; le nombre des syllabes paires rappelées j^ermettra de déterminer, à un certain point de vue, l’intensité de la mémoire.
Mesurant donc l’intensité de la mémoire des syllabes d’après l’importance de l’économie réalisée et la puissance de ressusciter les syllabes anciennes, l’aviteur fait varier certaines conditions expérimentales dont il mesure ainsi l’inlluence.
Considérons d’abord les résultats de 3o répétitions faites en un même jour et en regard .3o répétitions elTectuées à raison de 10 à la fois durant trois jours successifs.
Deux .sujets seideinent ont pris part aux expériences; ils ont opéré chaque jour à la même heure; les conclusions sont très nettes : le nombre des répétitions nécessaires pour apprendre à nouveau les séries ré|iétécs 3o fois en un même jour est en movenne de (i,5 pour le premier svijet et de i i.ô pour le second: tandis (]uc pour retenir les séries réj>étées 10 fois |ieiulant 3 jours, le juemier sujet n'a besoin (pie de .3, .3 répétitions, le second de 9,7. 11 y a donc un avantage marcpié en faveur du second ju’océdé ; répartir les ré|)éti tiens sur plusieurs jours.
Les résultats obtenus en employant la méthode
l/l>TE>Sn É DE LA MÉMÜUU-; DE FIWTIOA I 65
dite d’association concordent avec les précédents dans les grandes lignes du moins. Il y a des ditlércnccs dues à la diversité même des méthodes employées.
De l’ensemble du travail, il résulte que l’on l)énéficie en espaçant les répétitions.
M. Hawkins s'est également occupé de rinfluencc des répétitions au point de vue plus spécial de l'intensité de la mémoire auditive'. 11 a expérimenté dans les écoles. On récitait devant les élèves lo chill'res à la vitesse de i jiar seconde; les sujets devaient les répéter immédiatement — 3 sortes d’expériences: les séries de chilTres ne sont lues qu’une seule fois, elles sont présentées deux fois, on les lit trois fois. Les résultats montrent qu’une seule lecture est plus profitable que deux, mais moins que trois.
L’article de M. Hawkins est très court, il ne comprend que cinq pages et est absolument trop sobre de détails; je le cite [lour mémoiie.
Les expériences de M \1. O.-lv Miilleu cl K. Sciil- MANN, ins[)irées par le travail de Vf. l‘'uitiNGu.\i s (l eber (las Oedacblnis. Lcijizig, i885), ont duré 5 ans (i887-i8(j2).
Les auteurs se soûl pro[>osé d’éclaircir (piehpics points douteux, de conlirmer ou d’iiilirmer (■(‘liaiucs opinions courantes.
I. M. Ch, ,1. lIwvKi.NS. ExperiiiHJtils on .Mciiujry types. Psyctwlo^. /tci-., tV, 3 niai i8(j7, p. ’ittij aij'i.
LA MEMGIRK
Technique des expériences. — Le dispositif expérimental est le même que celui dont s’est seni M. Jost; sur un cylindre qui tourne à une AÛtesse donnée sont inscrites des séries de syllabes composées chacune de deux consonnes et une voyelle ; elles passent successivement devant la fente d’un écran ; le sujet doit prononcer les syllabes en les rythmant : le rythme choisi était le trochée ; toutes les syllabes de rang impair étaient plus accentuées que celles de rang pair.
Décrivons en détail les deux premières séries d’expériences dans lesquelles les auteurs ont eux-mêmes servi de sujets et d’expérimentateurs.
Les séries de syllabes étaient au nombre de douze. \ chacjue séance (elles ont eu lieu à des jours différents) chaque sujet a appris 4 séries de 12 svllabes en ayant soin de rythmer comme il a été dit. Considérons ces séries comme fondamentales : en désignant par des chiffres romains chaque série, et par des chiffres arabes le numéro d’ordre des douze syllabes, nous aurons pour chaque jour 48 svllabes que nous pouvons représenter pour le premier jour de la façon suivante :
M '21 '3 Ml '5 'g I
II, IU| II3 11,1 IL 11g I
III, IIIo I III, III, I III. III, I
IV, IV.j I IV,; IV, I IV,, IV, I
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