IV
la's trails vcrlicaux correspondent aux coupures déterminées par le rylhme irochaïque.
Le sujet ayant fixé ces séries de syllabes, c'est-àdire pouvant les répéter toutes dans l'ordre et avec le
l'iNTENSITK de EV MÉMÜlUE DE EIVATION 167
rythme indiqiié; on lui présentait des séries composées des mêmes syllabes, mais disposées dilTéremment et cela de deux façons.
Les séries dn premier type présentaient les syllabes dans un ordre différent, mais les interversions respectaient l’allure rythmique.
\ oici deux de ces séries :
A. III; Illg I I; Ig i IlL HI„ I I, lo I Jl, II.,
B. IV; IVg I l, I,„ I 1I.J 11,0 1 lU, IIIo I II3 II,
Les séries interverties dn second type ne respectaient pas rallnrc rythmique, en voici un modèle :
D. lllg III.J I Ig I,, i Ilg II,, I IIlo tll; I lo I3 I II, II3
Comme on voit, dans les interversions de cette espèce le rythme est changé, c’est sur la syllabe paire que la voix pose le ])lus longtenq)s.
Les premières servaient à mesurer la puissance du lien qui unissait entre elles les syllahf^s d’iin même pied, les secondes à déterminer la puissance de la connexion ([ui s’était forriuîe enire la finale d’nii pied et l’initiale du [)ied suivant.
Pour apprendre les .séries telles cpie A et 15, aussi bien <pie celles dn type 1), la mémoire est aidée par ce f[u’elle a retenu des séries primitives; mais l’économie réalisée est elle plus considérable quand le sujet peut s’aider du rytiime primitif rpie lorscpi’il doit fixer les syllabes avec un rytluue dilféreuti’ finfin un troisième type d’expériences a élé lenl(' : le sujet a[)prenait les séries telles que D avec le ryllime iamhique.
Le lecteur voit d’emblée combien ce travail est méticuleux et a exigé de patience.
Les résultats obtenus dans les expériences du groupe 1 et II montrent l’influence adjuvante du rythme; on retient beaucoup mieux les syllabes appartenant au même trochée que celles qui font partie de deux trochées différents.
Voici les chiffres :
Moyenne des répétitions nécessaires pour fixer les séries primitives ; S. 21,1 ; M. 18,9.
Moyenne des répétitions nécessaires pour fixer les séries du type A : S. i4,i; M. 12,2.
Moyenne des répétitions nécessaires pour fixer les séries du type D : S . 2 2 , 2 ; M . 17,6.
Moyenne des répétitions nécessaires pour fixer les séries avec rythme iambique : S. 28,2; M. iS,S.
Ces chiffres montrent que l’influence du rythme est considérable, puisque en faisant réapprendre des syllabes connues avec un rythme différent, tout le profit du travail de mémorisation antérieure disparaît. Les résultats les plus curieux sont ceux de la 4® série; on devait supposer, semhle-t-il, qu’il eut fallu moins de répétitions pour ap^irendre les séries du type 1) avec le rythme iambique qu’avec le trochaïque; puisque les .syllabes ont la même quantité que dans les séries jirimitives. .Vprès réflexion, on comprend néanmoins que plus on .s'écarte des mouvements des séries primitives, moins le souvenir de celles-ci aide aux acquisitions nouvelles.
Les expériences proprement dites dont les précédentes ne sont que la iiréparation ont été faites sur cinq sujets; les auteurs ont consigné toutes les obser-
l’i>TE>'S1TÉ de ea mémoire de eiaatioa 169
rations que leur suggéraient les circonstances. De ce long et minutieux travail découlent des conclusions générales qui, pour la plupart, pouvaient être prévues; la seule qu’il faille retenir est l’inlluencc très marquée du rythme, c’est-à-dire des images musculaires ; chacun sait que les vers, même dépourvus de rimes, se retiennent mieux que la prose ; le travail de MM. Muller et Schumaxx confirme cette opinion et montre une fois de plus l’importance de l’élément moteur dans la mémorisation ; cette étude portant sur la force d’association entre deux images prononcées en cadence nous amène tout naturellement à étudier les associations proprement dites : la mémoire de reproduction.
UiüHVLlüT.
.A î^'t:^"" '5r.--2‘'*'i V? vn ^^-v* ’v^-v