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MALADIES DE LA mÉmOTHE DE UEPUODLCTIOA 1 (S3

de la guérison, que ce soit surtout le choc moral, l’elTroi qui ail déterminé l'amnésie? ()uoi (ju'il en soit, il existe des cas nombreux tranmésie déterminés par choc moral, et ce qui est plus curieux, des cas bien observés montrent que si sous l’eiupire d’une émotion intense la mémoire de reproduction peut s’altérer et disparaître, elle peut aussi être f'ortiliée et exaltée. Les chocs moraux, peur, cbagiins, colère, etc., provoijuenl des amnésies rétrogrades tout comme les traumatismes physiques. \ oici une observation toute récente publiée par \l. Nascuide'. Col auteur appelle amnésies antérogrades des cas où les sujets ont perdu le souvenir des événements, de la ])ériode qui a précédé le choc moral. 11 a pu observer lui même le cas suivant. Dans une famille roumaine, le père M. N. malade depuis quelque lenqis vient de mourir; trois personnes, la femme du défunt, âgée de 67 ans, une belle-sœur âgée de 78 ans et un jielit garçon île 10 ans, assistent à la cataslro[)be jiaiticulièremeut sensible dans celte famille très unie. Liai de prostiation com[)lèle, on vit entre le rêve et la réalité, et ou a beaucoup de [leine à com|)rendre la possibilité de la mort d’une personne si aimée. On pleure, tout en gardant dans la pensée ce doute vague, fugitif, naïf de la possibilité de revivre, (pie nous suggère toujours la mort de ([uebprun. L’émotion est grande; toute une vie passée, un ménage de plus de f\o ans, délile dans un aspect panoramique avec une mélancolie doulourcu.se du |)assé. l’ourtanl (juel({ues heures

I. M . \ ASCII IDE. Sur l'aniiR-sie ômolivc . l'c'.'ue de jisyclnatrie, sfplemljre 1900.

LA MÉMOTRE

après — 2 heures — on a oublié ce qu'on faisait non seulement la veille, mais cet oubli s'étendait sur une distance d’à peu près lü jours pour M'"* M. et lo pour M"”’ N. La famille avait un grand nombre d’intérêts en jeu; la situation était des plus délicate, et des all’aires particulièrement urgentes devaient être tranchées dans le courant de la semaine. Le mort, M. N., avait pris part à ce débal, avait donné quelques conseils, avait pris quelques décisions; on avait donné des rendez-vous et ajourné certaines créances, etc. Pourtant M"'® N, ni sa belle-sœur qui avait passé toute sa vie à côté de son frère àl. N. ne se rappelaient absolument rien de tout cela. Ccrlaines conversations et causeries avec M. ^i’. sont les seules qui reviennent à la mémoire, mais on s’aperçoit qu'elles datent de 1 6 jours; quelques personnes présentes l'attestent et trouvent bizarre l’attitude de M'"® N. et de sa bellesœur. On taxe même de folie leur altitude, et tout en les plaignant on les excuse en leur attribuant comme cause la douleui’. Ce cpii frappait encore l'altenlion du monde piéseut était (pic reufaul axait gardé souvenir (le ('erlaines épixpies antérieures au moment de la mort, sou amnésie ne |)oiiail (pie sur des faits qui (lalaieni de 2 jours, il se ra|ii)elail une foule de choses auxipielles M""' \. et sa belle-sœur semblaient tout à fait étrangères

L’enfant allirniail calégoriipiemenl et des personnes (pii sont xeiuK's \oir M. N. |iendanl sa maladie jiar l('urs alleslalions jusiiliaieul la valnir des allirmalions du ji'uiie garçon.

(iel ('X('iiiple. (pi(' j’ai cité in extenso et dans la foruK' l('\liielle (pie lui a donné l'auteur. ])résenle un

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intérêt particulier : il ne s’agit plus ici (raninésie acconijiagnce d’aulres perturbations luorhitles ; c’est une amnésie accompagnant l’état émotif que l’on [leut appeler normal; la joie et la tristesse, cette dernière surtout, étant des émotions habituelles.

M. V ASCiiiDE s’attache à démontrer que l’amuésie rétrograde est de règle dans les émotions tristes : lo parents du défunt M. N. dont 3 hommes présentent des cas d’amnésie émotive, portant sur une période antérieure au choc moral, de ipielques heures seule ment (4 heures en movenue, dit iM. 4 ascuide).

Il ne faudrait ]>as cependant considéier cette action du choc moral comme uuifonue dans tous les cas. M. ItoLiLi.AHD cite des cxeiiqiles de traumatisme mo ral qui déterminent non un alVaihlissement, mais une exaltation de la mémoire, de reproduction. Lue frayeur intense détermine fréquemment une hy[)er mnésie de reproduction ; un grand nombre de per sonnes rpii ont été à deux doigts de la mort allirmcut qu’en cet instant qu’elles croyaient le dernier, toute leur vie se déroula devant eux comme une vue jiaiioramique et qu’elles revirent distinctement les acU'S jirincipaux accoiu[)lis de|)uis leur enfance.

M. K. \N i.xsLOw cite ' l’cxem|)le d’un noyé rajipelé à la \ie et ipii raconta: « (|u’il lui avait senihh' voir toute sa vie antérieure se déroulant en succession ré trograde, non comme une simple es(|uisse, mais avec des détails très j)iécis, formant nu panorama d(' sou

I. M. F. WiNsi.ow. On Itic ol)sciiro tli.scascs ot Itio ttrain, and iJiscontcrs ot Itie Miiid, [>. .le cite d’a[)rès M. llouii.- LAKD, dont je transcris la Iradiiclion.

existence entière, dont chaque acte était accompagné d’nn senliment de bien ou du mal ». « Un homme d’un es]U’it remarquablement net IraAersait le chemin de fer au moment où le train arrivait à toute vitesse. Il n’eul que le tenqis de s'étendre entre les deux lignes de rails. Pendant que le train passait audessus de lui, le senliment de son danger lui remit en mémoire tous les incidents de sa Aie, comme si le livre du jugement avait été ouvert devant ses yeux. El celte hypermnésie par Iraumastisme moral ressemble fort à celle rpii apparaît dans certaines maladies. M. Rouillauu cite encore le fait suivant ;

A l’Age de quatre ans, un enfant, par suite d’une fracture, du crâne, subit l’opération dn trépan. Revenu à la santé il n’avait gardé aucun souvenir ni de l’accident, ni de l’opération.

Mais à l’Age de quinze ans, pris d'un délire fébrile, il décrit à sa mère l’opération, les gens qui a' assistaient, leur toilette et autres petits détails, avec une grande exactitude. Jusque-là il n’en avait jamais parlé et il n’avait jamais entendu personne donner tous ces détails » '.

()uand le traumatisme physique ou moral produit l’amnésie rétrograde, celle-ci est rarement pure, il v a en fait oubli de l'accident et des événements qui l’entourent, le précèdent et le suivent. Les amnésies de reprotluctiou accompagnent certaines maladies générales ou locales. C'est ainsi que fréquemment après la lièvre typhoïde on observe une diminution des facultés intellectuelles et surtout de la mémoire.

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