‹ La mendiante drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 19 sur 89 · THÉRÈSE, MARGUERITE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, MARGUERITE

Thérèse, s'approchant de Marguerite qui garde le silence.

Comme lu es pâle! comme tu trembles. ..Voyons, Marguerite, voyons, mon enfant, parle avec confiance à la mère... Ce ne p ut être qu’un terrible secret celui qui te force à rentrer mystéri usement chez toi et à craindre d’être vue ici... ici, où tu es tant aimée... Je ne sais qu'imaginer, Marguerite... Oh! m. is dis-moi donc quel est lu malheur que tu rapportes dans celte maison?

MARGUERITE

Je ne viens pas ici pour y rest-r, ma mère.. Si le ciel m'avait exaucée, tout le monde eût ignoré que j’y étais venue.

THÉRÈSE

Ainsi, tu ne voulais rencontrer ni moi ni Jean-Paul?

MARGUERITE

Je vous croyais endormie... et je le savais en voyage... S’il n’avait pas été parti, la voiture qui m’a conduite ici aurait fait un détour pour éviter même de passer devant Marienberg.

THÉRÈSE

C’est Marguerite qui me dit cela... mon Dieu... est-ce qu’elle a bien toute sa raison ?

MARGUERITE

Ah ! oui, j’ai pâli et tremblé devant vous... mais devant lui..

Si Dieu avait eu pitié de moi, devant lui je serais tombée morte !

THÉRÈSE

Tu comptais sur mon sommeil... tu profitais de l'absence de Jean-Paul... Mais dans quel dessein... Que venais- tu donc faire ici ?

, MARGUERITE

Je venais embrasser ma fille, et si après l’avoir revue je n’avais pu me séparer d’elle... eh bien, alors, je, l’aurais emportée.

THÉRÈSE

Nous enlever cette enfant!... Prendre Marie à son père !

MARGUERITE

Ne me demandez pas compte de ce que j’aurais fait... je n’en sais rien... non, je n’en sais rien.

THÉRÈSE

Ce que tu aurais fait en nous prenant Marie... je peux te le dire, Marguerite : tu aurais tué Jean-Paul.

MARGUERITE

Oui, c’eût été un crime de plus.

THERESE

Un crime de plus?... Oh ! tu vas me dire... [La voyant s'agenouiller.) Que fais-tu ?

MARGUERITE

Je ne puis vous parler qu’à genoux, ma mère.

Seigneur... que vais-je donc apprendre?

MARGUERITE

Jean-Paul a eu tort quand il m’a vue malade et condamnée, de me conduire à Spa où la vie devait m’être rendue... il fallait me permettre de mourir ici ; vous auriez gardé de moi un souvenir que je ne peux plus vous laisser... Un mourant dans les bras de mon mari et sous le regard de ma fille, je serais morte honnête femme 1

THÉRÈSE

Ohl je comprends... là-bas... un autre... un autre amour!... Pauvre Jean Paul! j’avais bien deviné. Coupable ! tu as été coupable ! toi Marguerite ?

MARGUERITE

C’est à Dieu seulement que je croyais avoir b rendre compte de ma faute... Déjà pour Jean-Paul j’avais cessé d’exister... Dans ma pensée je me sentais libre : je n’appartenais plus qu’à la tombe.

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