ACTE I, SCENE XIV
THÉRÈSE
Ce ne peut être que pour, ton châtiment que le ciel t’a laissée vivre.
MARGUERITE
Vous dites vrai... Après ma faute, la mort n’eût pas été le pardon, mais c'était cependant un bienfait. Je fus épouse indigne, je ne serai pas hypocrite et lâche... Mourante, j’ai pu oublier Jean-Paul!... Vivante, je ne ferai pas entrer dans sa maison le mensonge et l’infamie!... -
Yous avez raison... Maintenant , vous ne pouvez pas... vous ne devez pas attendre ici le retour de Jean-Paul... Et vous vouliez lui prendre Marie I...
MARGUERITE
Oh ! non! non !
THÉRÈSE
Marie, le seul être au monde qui puisse le consoler !
MARGUERITE
Oh ! non !.. non !.. Je repousse à présent cette horrible pensée ! Que ma fille reste auprès de lui. . qu’elle soit comme l’ange de l’expiation entre la coupable' et l’offensé. A vous, madame , qui avez le droit.de me maudire ; car je fais le malheur et la honte de votre fils... je demande grâce et pitié!...
^HÉRÈSE.
A moi!... Et que puis-je à présent peur vous?
MARGUERITE
Ma fille est la... près de moi... Je ne peux pas me résigner à partir sans l’embrasser... Laissez-moi lui donner mon baiser d’adieu.
THÉRÈSE
La femme coupable n’est donc pas toujours une mauvaise mère ! (Montrant la chambre .) Marie est là !...
MARGUERITE
Vous consentez... Oh! merci! Ma fille, je vais donc la voir encore. (Elle se dirigg vers la chambre à gauche. La porte s 1 ouvre brusquement, et Jean-Paul, pâle et tremblant d’indignation , parait sur le seuil.)