SCENE XII
ÎÈÉRÈSE, JEAN-PAUL.
Thérèse, à part.
Oh ! il est parti !...
JEAN-PAUL
Ma mère, savez-vôtis le nom de cet homme t
THÉRÈSE
Oui ! Léopoldine vient de me l’apprendre.
JEAN-PAUL
Léopoldine?... C’est à causé d’elle que Christian de Rhendorf a pu sortir vivant d’ich.. mais je me vengerai, tüiA mërè, Jéfétii justice...
THÉRÈSE
Non! Jean-Paul... lu ne feras pas ce que tu as résolu de faire; aujourd’hui la vengeance serait une offense à Dieu... un sacrilège...
jean-paul, étonné.
Aujourd’hui ?
Thérèse, des larmes dans la voix et dans lèi yeux.
Pour nôus , c’est lé jour dé la prière ; pouf toi, fee déVHH être le jour du pardon.
JEAN -PAUL
Je ne vous comprends pas, ma mëré... poufijttol pleurëivous?
THÉRÈSE
Brigitte est ici, mon garçon...
jean-paul, avec indifférence.
Ah! Brigitte était h Marienberg quand nous en sommes partis... pourquoi n’y est-elle pas restée?
THÉRÈSE
Tn te trompés... Brigitte ne vient pas de Mariëhbér^. .. ëlte arrive de MulrOse.
jean-paul, avec émotion.
De Mulrose?
THÉRÈSE
Oui, elle était auprès de cette malheureuse Marguerite, qu’elle ne devait plus quitter.
JEAN-PAUL
Alors, que vient-elle faire ici? Que veut-elle? Parlez, mais parlez donc, ma mère...
Thérèse, montrant un crêpe noir.
Tiens, Jean-Paul, voilà le signe de deuil que tu as porté quand ton père me laissa veuve, et toi orphelin.
jban-paul, avec anxiété.
Je sais, ma mère... je sais... mais pourquoi ce crêpe ? Nous n’avons à porter le deuil de personne, Dieu merci.
THÉRÈSE
Je ne te dirai pas ce que tu devrais faire... toi qu’on a tant offensé... mais, vois-tu, c’est ton devoir d’attacher ce crêpe au cou de ta fille.
JEAN-PAUL
Au cou de Marie? Mais pourquoi donc?
THÉRÈSE
Parce que Marie est orpheline, à présent.
jban-paul, frappé mais commandant son émotion.
Ah ! Marguerite est morte t
THÉRÈSE
Et voici ce qu’elle lègue à ta fille... ( Ellelui présente tm portefeuille.) Ce portefeuille rertferme la dot que Marguerite reçut de son père, alors qu’elle était une bonne et honnête jeune fille.
jean-paul, qui a pris le portefeuille.
Oui; sa dot que je lui avais rendue... et puis une mèche de ses cheveux, voilà tout. Allons, elle a du moins respecté son enfant! ( Donnant le portefeuille à Thérèse.) C’est vous, vousmême qui donnerez cela à Marie... C’est vous aussi qui lui direz que sa mère... moi, je ne veux pas lui en parler... Dites bien à Marie qu’elle ne m’en parle jamais... [A part.) Morte! !
Jean-Paul, Marie ne voudra pas me croire, peut-être.
JEAN PAUL
Ne pas vous croire ?...
THÉRÈSE
Dame! quand notre voisin Bernard à Marienberg est revenu de ce voyage pendant lequel il avait perdu sa femme , Marie a bien remarqué qu’il portait un crêpe à son chapeau... elle m’a demandé pourquoi, et je lui ai dit que c’était l’usage quand on a perdu quelqu’un de sa famille... Elle a bonne mémoire cette enfant-là... Comment lui ferai-je comprendre... que c’est bien sa inère...que c’est bien ta femme qui est morte, si elle ne voit pas sur toi le sigue du deuil? -