‹ La mendiante drame en cinq actes (volume 3)Chapitre 38 sur 91 · UN OUVRIER · texte numérisé non relu

UN OUVRIER

Est-ce qu’il y a des malades, qu’on ne peut pas cogner î

ZAHN.

Vous ne vous rappelez donc pas ce que je vous ai dit, hier au soir? (Comme par souvenir.) Au fait, je crois que je ne vous ai rien dit... j’ai si peu la tête à moi depuis que je suis amourenx.

l’ouvrier.

Bah I tu te mêles aussi de brûler toi!

ZAHN.

Si je brûle... incendié de partout... Voilà ma température.

( Changeant de ton.) Voyez-vous, mes amis, il s’agit de Marie, la fille à maître Jean-Paul.

l’ouvrier.

Comment l ta passion, c’est la jolie petite Marie? zahn, scandalisé.

Ah ! l’héritière au bourgeois... je ne me permettrais pas d’élever mes vues si haut, et puis, elle est trop petite.

l’ouvrier.

Je crois bien... à peine six ans.

zahn.

Six ans accomplis... Ce matin, à quatre heures irenle-trois minutes, elle est entrée dans sa septième année... C’esi justement de ça que je voulais vous parler... Tous les ans, à Marienberg, cet anniversaire-là était un jour de fête pour la forge... les compagnons faisaient des cadeaux à la petite... moi, j’inventais toujours une jolie surprise... et le reste du jour se passait à boire le vin de maître Jean-Paul, à la santé de Marie.

l’ouvrier.

C’était une fameuse habitude !

ZAHN.

Et quelle joie pour tout le monde... Dame! là-bas, nos ouvriers avaient vu naître cette enfant... tandis qu’ici, à Dresde, où nous ne sommes que depuis quinze jours, on ne peut pas exiger le même enthousiasme.

l’ouvrier. /

C’est égal... ce temps nous a suffi pour connaître et estimer maître Jean-Paul... Quant à la petite Marie, il ne faut que la voir pour l’aimer... elle aura aussi son bouquet d’anniversaire...

W LA MENDIANTE

Page 1