ACTE 111, SCENE VII
MARIE
Léopoldinel Alors, c’est vous qui m’avez envoyé ma belle poupée... l’année dernière..,
LÉOPOLD INB.
Oui. Veux-tu m’embrasser? Tu n’es pas mécontente de me voir ?
MARIE
Oh! non. Mais j’aurais bien aussi voulu voir maman...
LÉOPOLDINE
Sa mère ?
Thérèse , vivement fl Lèopoldine.
Oh ! pas un mot de Marguerite devant Jean-Paul ; plus tard, quand nous serons seuls, je vous dirai... [Haut.) Vous avez donc reçu la lettre qui vous apprenait notre départ de Marienberg?
( Marie est allée près de son père.)
LÉOPOLDINE
Oui; et elle a fait du chemin pour me parvenir; car je voyage beaucoup... Et comme je suis de passage à Dresde avec mon mari...
JEAN-PAUL
Votre mari?...
LÉOPOLDINE
Restée libre avec un beau nom et une grande fortune, si je me suis mariée, Jean- Paul, c’est que j’aime et que je suis aimée; enfin, que je suis heureuse...
JEAN-PAUL
Vrai? en ce cas, c’est pour nous une bien bonne nouvelle.
LÉOPOLDINE
Oui, mais pour vous la donner, il fallait connaître votre demaure dans la ville, et je l’ignorais., j’ai profité du moment oit mon mari est en visite chez un de ses amis, pour prendre des informations. Le hasard m’a fait entrer chez un marchand où
I lusieurs de vos ouvriers s’occupaient d’une emplette... pour iquelle ils ont bien voulu accepter mes conseils.
marie, avec joie.
C’est pour moi I c’est mon bouquet de naissance.
zahn, arrivant par le fond.
Voilà les compagnons qui viennent pour fêter mamzelle Marie.
marie, avec dignité.
Eh bien ! mademoiselle Marie va les recevoir. (Elle sort par le fond.)
zahn, bas à Thérèse.
Madame Thérèse, il y a quelqu’un là-haul pour vous.
THÉRÈSE
Qui donc?
zahn.
C’est Brigitte... elle a pris par l’escalier de la cour... elle ne veut parler qu’à vous .
thébèse, à elle-même.
Brigitte ! qui était allée à Mulrose... Mon Dieul que peut-elle me vouloir ? ( Elle monte chez elle.)
scenb vm
LÉOPOLDINE, JEAN-PAUL, MARIE, ZAHN, Les Ouviuers.
(Les ouvriers entrent par le fond-, ils portent une jolie corbeille garnie de fleurs, et la présentent à Marie.),
marie, accourant et venant au milieu de la scène.
Les voilà, papa ! les voilà !...
l’on DES OUVRIERS.
Salut tout le monde, et la compagnie. (A Marie.) Mamzelle Marie, pour votre jour de naissance nous ne vous ferons pas de compliment;. les paroles... ça ne dit rien, c’est le cœur seul qui vaut tout;., et le cœur de l’ouvrier, c’est comme cette corbeille.... pour savoir ce qu’il renferme, il faut regarder au fond.
MARIE
11 n’y a donc pas que des fleurs là-dedans?
JEAN-PAUL’
Voyons, mon enfant, montre-no us tes richesses.
marie, tirant successivement les objets de la corbeille.
Un livre d’images!... un nécessaire !... un coeur en argent!... En voilà-t-i! ! en voilà-t-il! c’est comme dans mon rêve... mais non pas tout à fait... il manque. .. ( Bas à Lèopoldine.) 11 manque maman.
lèopoldine, à part.
Pauvre enfant !
jean-paul, remerciant les ouvriers.
Et le nom de chacun de nos compagnons est sur son cadeau!.. Osbert !... Karl... Spack... Arnold.. Les braves gens !... il nous connaissent à peine et pas un n’a oublié cette enfant!
Il me semble, Marie, que tu n’as pas visité complètement la corbeille... il doit y avoir encore quelque chose.
marie.
Vous croyez 1... alors, c’est donc tout au fond... (Elle plonge