‹ La mendiante drame en cinq actes (volume 3)Chapitre 53 sur 91 · THÉRÈSE, JEAN-PAUL · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, JEAN-PAUL

thkrèse, à part.

Oh! il est parti !...

JEAN -PAUL

Manière, sayez-vous le nom de cet homme?

THÉRÈSE

Oui ! Léopoldine vient de me l’apprendre.

JEAN-PAUL

Léopoldine?... C’est à cause d’elle que Christian deRhendorf a pu sortir vivant d’ici... mais je me vengerai, ma mère, je ferai justice...

THÉRÈSE

Non! Jean-Paul... lu ne feras pas ce que tu as résolu de faire; aujourd’hui la vengeance serait une offense k Dieu... un sacrilège...

jean-paul, étonné.

Aujourd’hui ?

thérèsh, des larmes dans la voix et dans les yeux.

Pour nous , c’est le jour de la prière ; pour toi, ce devrait être le jour du pardon.

JBAN-PAUL.

Je ne vous comprends pas, ma mère... pourquoi pleurez- . vous?

THÉRÈSE

Brigitte est ici, mon garçon...

jean-paul, avec indifférence.

Ah! Brigitte était k Marienberg quand nous en sommes partis... pourquoi n’y est-elle pas restée?

Tu te trompes.,. Brigitte ne vient pas de Marienberg... elle arrive de Mulrose.

jean-paul, avec émotion.

De Mulrose?

' THÉRÈSE

Oui, elle était auprès de cette malheureuse Marguerite, qu’elle ne devait plus quitter.

IA MENDIANTE

JEAN-PAUL

Alors, que vient-elle faire ici? Que veut-elle ? Parlez, mais parlez donc, nia mère...

Thérèse, montrant un crêpe noir.

Tiens, Jean-Paul, voilà le signe de deuil que tuas porté quand ton père me laissa veuve; et loi orphelin.

j ban-paul, avec anxiété.

Je sais, ‘ma mère... je sais... mais pourquoi ce crêpe ? Nous n’avons à porter le deuil de personne, Dieu merci.

THÉRÈSE

Je ne te dirai pas ce que tu devrais faire... toi qu’on a tant offensé... mais, vois-tu, c’est ton devoir d’attacher cecrêpeau cou de ta fille.

JEAN-PAUL

Au cou de Marie? Mais pourquoi donc?

THÉRÈSE

Parce que Marie est orpheline, à présent.

jean-paul, frappé mais commandant son émotion.

Ah ! Marguerite est morte !

THÉRÈSE

Et voici ce qu’elle lègue à ta fille... (Elle lui présente un portefeuille.) Ce portefeuille renferme la dot que Marguerite reçut de son père, alors qu’elle était une bonne et honnête jeune fille. jean-paul, quia pris le portefeuille.

Oui; sa dot que je lui avais rendue... et puis une mèche de ses cheveux, voilà tout. Allons, elle a du moins respecté son enfant ! ( Donnant le portefeuille à Thérèse.) C’est vous , vousmême qui donnerez cela à Marie... C’est vous aussi quilui direz que sa mère... moi, je ne veux pas lui en parler... Dites bien à Mario qu’elle ne m’en parle jamais... (A part.) Morte! !

THÉRÈSE

Jean-Paul, Marie ne voudra pas tue croire, peut-être.

JEAN PAUL

Ne pas vous croire ?. ..

THÉRÈSB.

Dame! quand notre voisin Bernard à Marienbcrg est revenu de ce voyage pendant lequel il avait perdu sa femme , Marie a bien remarque qu’il portait un crêpe à son chapeau... elle m’a demandé pourquoi, et je lui ai dit que c’était l’usage quand on a perdu quelqu’un de sa famille... Elle a bonne mémoire cette en- fant-là... Comment lui ferai-je comprendre... que c’est bien sa mère... que c’est bien ta femme qui est morte, si elle ne voit pas sur toi le signe du deuil?

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