THÉRÈSE, JEAN-PAUL
thkrèse, à part.
Oh! il est parti !...
JEAN -PAUL
Manière, sayez-vous le nom de cet homme?
THÉRÈSE
Oui ! Léopoldine vient de me l’apprendre.
JEAN-PAUL
Léopoldine?... C’est à cause d’elle que Christian deRhendorf a pu sortir vivant d’ici... mais je me vengerai, ma mère, je ferai justice...
THÉRÈSE
Non! Jean-Paul... lu ne feras pas ce que tu as résolu de faire; aujourd’hui la vengeance serait une offense k Dieu... un sacrilège...
jean-paul, étonné.
Aujourd’hui ?
thérèsh, des larmes dans la voix et dans les yeux.
Pour nous , c’est le jour de la prière ; pour toi, ce devrait être le jour du pardon.
JBAN-PAUL.
Je ne vous comprends pas, ma mère... pourquoi pleurez- . vous?
THÉRÈSE
Brigitte est ici, mon garçon...
jean-paul, avec indifférence.
Ah! Brigitte était k Marienberg quand nous en sommes partis... pourquoi n’y est-elle pas restée?
Tu te trompes.,. Brigitte ne vient pas de Marienberg... elle arrive de Mulrose.
jean-paul, avec émotion.
De Mulrose?
' THÉRÈSE
Oui, elle était auprès de cette malheureuse Marguerite, qu’elle ne devait plus quitter.
IA MENDIANTE
JEAN-PAUL
Alors, que vient-elle faire ici? Que veut-elle ? Parlez, mais parlez donc, nia mère...
Thérèse, montrant un crêpe noir.
Tiens, Jean-Paul, voilà le signe de deuil que tuas porté quand ton père me laissa veuve; et loi orphelin.
j ban-paul, avec anxiété.
Je sais, ‘ma mère... je sais... mais pourquoi ce crêpe ? Nous n’avons à porter le deuil de personne, Dieu merci.
THÉRÈSE
Je ne te dirai pas ce que tu devrais faire... toi qu’on a tant offensé... mais, vois-tu, c’est ton devoir d’attacher cecrêpeau cou de ta fille.
JEAN-PAUL
Au cou de Marie? Mais pourquoi donc?
THÉRÈSE
Parce que Marie est orpheline, à présent.
jean-paul, frappé mais commandant son émotion.
Ah ! Marguerite est morte !
THÉRÈSE
Et voici ce qu’elle lègue à ta fille... (Elle lui présente un portefeuille.) Ce portefeuille renferme la dot que Marguerite reçut de son père, alors qu’elle était une bonne et honnête jeune fille. jean-paul, quia pris le portefeuille.
Oui; sa dot que je lui avais rendue... et puis une mèche de ses cheveux, voilà tout. Allons, elle a du moins respecté son enfant ! ( Donnant le portefeuille à Thérèse.) C’est vous , vousmême qui donnerez cela à Marie... C’est vous aussi quilui direz que sa mère... moi, je ne veux pas lui en parler... Dites bien à Mario qu’elle ne m’en parle jamais... (A part.) Morte! !
THÉRÈSE
Jean-Paul, Marie ne voudra pas tue croire, peut-être.
JEAN PAUL
Ne pas vous croire ?. ..
THÉRÈSB.
Dame! quand notre voisin Bernard à Marienbcrg est revenu de ce voyage pendant lequel il avait perdu sa femme , Marie a bien remarque qu’il portait un crêpe à son chapeau... elle m’a demandé pourquoi, et je lui ai dit que c’était l’usage quand on a perdu quelqu’un de sa famille... Elle a bonne mémoire cette en- fant-là... Comment lui ferai-je comprendre... que c’est bien sa mère... que c’est bien ta femme qui est morte, si elle ne voit pas sur toi le signe du deuil?