JEAN-PAUL, BRIGITTE
Brigitte, avec hésilalion.
Maître Jean-Pauli
JEAN-PAUL
Hein? qui est là ?
BRIGITTE. 4
C’est moi, Brigitte.
IRAN-PAUL
Ah ! oui I... C’est toi qui a remis ce portefeuille à ma mère...
BIU6ITTB.
De la part de madamo Marguerite... j'ai aussi quelque chose à vous donner...
JEAN-PAUL
A moi ! de sa part?
BRIGITTE
Vous avei eu sa dernière pensée...
JEAN-PAUL
Crois-tu bien ce que tu me dis là, Brigitte?
BRIGITTE
Dorant Dieu, jo tous le jure.
JEAN-PAUL
Au fait... maintenant, h quoi servirait le mmsonge? D'ailleurs, quand cette malheureuse femme est morte, tu étais là. Elle t'aimait bien, Brigitte... c’est toi qui auras reçu son du nier soupir...
BRIGITTE
Non, maître Jean-Paul, personne... n’était près d'elle.
JEAN-PAUL
Corn menti ce n’est pas après avoir épuisé tous les soins, tous les secours pour la sauver...
BRIGITTE
Aucun soin. * . aucun secours...
JEAN-PAUL
Ce n'est pas possible, Brigitte...
BRIGITTE
Madame Thérèse ne vous a donc pas dit...
JEAN-PAUL
Elle m’a dit ; Marguerite est morte .. Voilà tout ce que j’ai entendu...
BRIGITTE
Eh bien ! le jour même où vous êtes venu à Mulrose.,. I** jour où rédaut à ses prières, vous vous êtes arrête devant ses fenêtres pour lui montrer Marie qu'elle ne pouvait plus voir...
JEAN-PAUL
Que veux-tu dire?
BRIGITTE
Jn éclair avait brûlé ses yeux... elle était aveugle I
Oh ! mon Dieu I
BRIGITTE
Malgré son malheur, dont je fus seulo instruite, elle' voulut
f iartir, quitter Mulrose le jour même.-. Jo l'ommenai à dix ieues de là. dans uno aubergo qu’elle-inêmo me nomma. Elle s’y était arrêtée autrefois et la connaissait bien. Oh! oui, trop
bien; elle me désigna le logoment qu’elle voulait occuper
Uno chambre , dont la fenêtre avec balcon, donnait sur le fleuvo... Durant une semaine, jo passai près d’elle les jours et les nuits... puis, la fièvre s’étant calmée, le soir du huitième jour, je consentis à prendre du repos. Le lendemain, au point du jour, quand j'entrai chez elle, il n’y avait personne, la fenêtre était ouverte, et je vis, attaché au bord tût balcon, un petit mouchoir de cou qui avait appariée u à madame Marguerite.
«BAN-PAUL
Le suicidef oh 1 malheureuse ! le suicide !... c’est de désespoir qu’elle est morte.
BRIGITTE
J’ai trouvé sur sa table ce papier sur lequel la pauvre aveugle avait, ea tremblant, écrit votre nom.
jban-paul, ouvrant le papier.
Mon nom! une bague... son anneau de mariage. (71 lit.) s t'ar.lonne-moi, Jean-Paul, j’oi bien souffert, ot je meurs en tu o bénissant, toi qui as sauve notre enfant. » — Oh ! Marguerit»! Marguerite ! (/ 1 tombe sur un siège, s'accoude sur la table , cache sa té/e dans scs mains et sanglotte. Deux heures sonnent.) Il m’attend, lui!... le bourreau do colle que j’ai tant aimée... Ma mère ! Marie t priez, priez pour Marguerite... Si Dieu est juste, je la vengerai ! (Jl sort en courant par la droite.)
BR1CITTE
Pauvre homme ! on dirait que sa tête se perd! Où va-t-il? je devrais le suivre peut-être.