B CENS II
L1SBETIT, LÉOPOLDINE.
LéoroLDtnB.
Lo presbytère du pasteur Evrard 1
USBETI1.
C'est ici, madame, je suis la sceur du pasteur Evrard; en son absence, c’est h moi qu’on s’adresse, et, pour le moment, mon fi ère n'est pas chez lui.
LÉOPOLDINE
Je In sais! c’est h ma prière qu’il a entrepris un voyago don» le terme, jo l’espère, est prochain.
LISBETII.
A votre prière, madame T
LXOrOLPlKR.
Ou plutôt, c’est h lui que revient le mérite d’une généreuse perm*» il laquelle j’ai dû céd r, car lo docteur Evrard est à la fois mon médecin, mon consei 1er et mon guide; la force et lo courage qui mo manquent, il me les donne; le peu de bien que je fais, il me l’inspire.
USB STB.
Eh bien I alors, je crois savoir qui vous ôtes, madame; j'ai l’honneur de recevoir la comtesse do Khendorf ?
LÉOPOLDINE
Vous me connaissez?
LtSBRTB*
Nos pauvres aussi vous connaissent. Pas plu# tard qu'hier, dans le village, j’ai distribué des aumônes en votre nom.
LÉOPOLDINE
F.n co cas, vous allez me dire è qui jo puis être utile.
L1SBETII.
Ici T
LÉOPOLDINE
Oui.., jo n’y suis venue que parce qu’on m’y appelle... J'allais pririir pour un long voyage.... peut ôire quitter pour toujours ( Allemagne où rien no me retient «lus . quand j’ai reçu hier à Leipsiek co mystérieux billet. (Le risanf.) a Quelqu’un qui n'a » d’espoir flu’en vous, implore votre présence au presbytère du a pasteur Evrard. «• Aussitôt, jo mo suis mise en route pour apporter me> secours et mon appui à la peraonue qui les réclame avec tant d’instance.
LlMETH.
Celte personne, jo no sais qui cllo est 1
LÉOPOLDINE
Comment! je ne suis pas attendue ici par quelqu’un
LISBP.lil.
Non. madame, à moins qu’il ne s’agisse de cette bonne vieille femme qui s’est présentée hier au soir... encore elle n’a demandé que le pasteur Evrard... Quand ello a su qu’il n’y était pas, elle s'en est retournée à Leipsiek avec la jeune servante qui l’accompagnait.
LÉOPOLDINE
E l oetto bonne vieille est de ce pays?
L1SBETU.
Non, madame, elle vient, au contraire, d'assez loin à ce que
j’ai pu comprendre ; elle paraissait bien triste et bien fatiguée... j’ai voulu lu retenir, mais elle u refusé de rester, et m’a dit en pleurant jo reviendrai domain.
Et elle n’est pas revenue ?
USRF.TB.
Oh 1 si fait, ce malin, mais, toute seule, alors... elle m’a demande dn lui ouvrir la chapelle, où ello voulait aller prier.... c’otait bien facile, il y a une porto qui donne dans la maison.
LÉOPOLDINE, ô elle-même.
Une femme figée qui pleure et qui prie.... ce doit être cette femme qui mo demande, et, si j'en crois un pénible pressentiment, cotte femme, c’est...
8 CENT! Hf.
Les Mêa.s, ÎUÉRÈ-E,
TiiÉufcsn, paraissant sur le seuil de la porte.
C’est moi, madame la comtesse t
LCOPOLDINB.
Vous ? c’ost vous, inèro Thérèse ?
rninBsx.
Je pensais bien qu’en signant ma lettre, vous n’y auriez pas répondu... je savais bien qu'm me présentant chez vous, vous ne pouviez pas me recevoir... N'osant pas aller à vous, je ne me suis pas nommée pour que vous vinssiez à moi.... j’ai besoin de vous «arler, Léopoldine, et je viens de prier Dieu pour qu’il vous donuo lo courage do m’tnlondro.
LÉOPOLDINE, à Lifbelh.
Votre frère peut rovenir d’un moment è l'autre. •» je désire être in&lrui o do son arrivée avant qu'il no soit ici»
usbetii.
C'est facile, madame, jo vais lo guetter sur la route. (Elle sort par le fond.)
SCEüiE IV.
LEOPOLDINE. THÉRÈSE.
THÉRÈSE
Vous voulez bien m’eroufor, nh ! je comprends que ça doit être pour vous un cruel sacrifice a près co qui s’est passé; il faut bien, comme je vous l'ai cm, une je n’aiu u’espoir qu’en vous puisque je no vous ai pas épargné le chagrin do nous retrouver ensemble !
LÊOFOLIKR.
A Vous, mère Thérèse, je n’ai rien » reprocher, ce son! les autres quiont été coupables; nous ns sommes que malheureuses lions.
TBÉRFSB.
El bien malheureuses!.*, si vous sivi* z, dans un seul jour
combien de coups nous ont frappé au cœur Marguerite,
mort.* par le suicide, morte abandonnée... Marie, ma petite fille, perdue par moi... volée, presque sous mes yeuz, dans le temple où non* étions allées prier pour sa mère... et lui. son peru, que j'ose à peine nommer dov.un vous; iu mal heureux pèro arrêté à la suite du duel et qui criait h ceux qui remmenaient : Lai sez-mot retrouver mon enfant, et puis je viendrai mo livrer, puis, vous m - tuerez h TOUS voulez; OMIS 00 n’a pis voulu l’entendre, et je sut* restée, seule, mol pauvre vieille «ans force, pour courir à la recherche de mon enfant, sans én-rgie pour soutenir le courage du pèro au désespoir. Depuis sia mois, voilà nia vie, Léopoldine! seule, toujours seule, pleurant ma fille perdue et mon fils prisonnier.
LÉOPOLDINE
Oui, vous avez cruellement souffert.
THÉRÈSE
Il dépend de vous quo j'obtienne, non pas du bonheur, il n’y en à plus pour nous ; mais lo moyen do détourner le nouveau malheur qui nous menace.
Do moi ?
TBÉIlhB.
Entraîné d’abord dans los prison# de Dresde, Jean-Paul a été plus lard conduit à la gnôle de Leipsiek. Rassemblant lo peu do force que l’figo et la souffrance m’avaient laissées, j'ai suivi mon p uvro enfant, j’ai demandé à gonoux qu’il ino fût permis de le voir; de I embrasser ; il est au secret, m’a-t-on répondu, et personne no peut communiquer avec Ini. On m’a repoussée, moi, sa mère; j’ai voulu voir los juges, pour leur dire quo mon fils n’avüit pas ôté un osstassin ; les juges ont refusé de me recevoir; s’ils m’avaient entendue, iU n'auraient pas pu condamner Jean -Paul ; enfin l’avocat qui devait défendre numilfs m’assura qu'au point où en était lo procès, votre dcai-teinent suffirait pour
qae Jean-Paul fût rend» à la liberté. On prétend aue c’esl voire devoir depoursuivre celui qui a tué le comto de Rlmmlorf. Mo» Dieu! c’est possible; niais mon devoir a moi, c'est d’implorer à vos pieds la grâco du coupable. Léopold ino , rappelez-vous que vous avez été mon enfant aussi; Léopold inc, c’esl une mère a genoux qui demande qu'une sœur fasse grâce à son frère 1
LIOFOLDIBB.
Avant que vous ne l'eussiez exprimé, j'avais exaucé le vœu do voire cœur!
TUÉaèsi.
Serait-il vraiT
liOPOLlURB.
Si vous n’avez pas trouvé au presbytère le pasteur Evrard, c’est qu’il est paru armé de tuon désistement pour solliciter la mise en liberté de voire Mis !