‹ La mendiante drame en cinq actesChapitre 73 sur 99 · SCENE TV · texte numérisé non relu

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MANELLl, CARUNO.

manelli, tendant à Carlino sa bourse vide.

Voilà 1 voilà, qui est fini I

caruno, regardant sa bourse.

Oui. fini !

MANELLl.

Ah ! ça, mais dites donc... regardez-moi un pou... Je vous «connais à présent!

CARLINO

Moi, jo vous ai roconnu tout de suite I

MANELLl.

Vous êtes ce cher ami, dont j’ai fait la reaeontre avant*bier, m théâtre I

CARNILO.

Justement I

MANELLl.

Qui m'a payé cot excellent souper, au sortir de l’Opéra ! CARLINO.

Allons donc I

MANELLl.

Oui... jo ne sais si je finissais de souper, on si je commençais à déjeûner... quand votre voix, des cris... Quelle était donc, au fond, la cause de celle querelle ?... vous vouliez empêcher les Pifferari de faire lour musique infernale... je ne vous en blâme pas ... nuis...

CARLINO

Au contraire... c’étaient eux qui m'avaient interrompu... {,Vy*/M>nwnMif.)Je chantais ici, à l’espagnole, sous le balcon de ma bulle...

MANELLl.

Votre belle?... une dame de théâtre, peut-être?... toute la compagnie royale, venuo pour lus fêtes que le roi Charles III donne a son château de Cascrto, est logée dans celte auberge I carlino, narquoisement.

C’est pour cela que j'y logo aussi I

- MANELLl.

Ah t scélérat... vous donnez dans les comédiennes!... caruno, flwc passion.

Oui I... il y en a une surtout, qui m'absorbe entièrement... j’en suis stupide I

MANELLl.

Ça se voit I

CARLINO

N’est-ce pas? et ello m’absorbe d’autant plus, qu’elle mo rappelle d’anciennes amours... car j'ai toujours été un séducteur!

MANELLl.

Vous on avez bien l’encolure)

CARLINO

Oui... tout petit, tout jaune... jo séduisais... Que j’ai fait de victimes, mon Dieul... ccllo-là... celle qui ressemble à s’y méprendre à la comédienne, c'était à Atnalfi, ma patrie... je suis d’Amalû... La fillo d’un patron de barque. Bile venait chez une femme do robe où j’étais clerc, apporter du poisson... je riais, 9 moi... mais celle petite prit la chose au sérieux... elle deviot folio de moi I

MANELLl.

Pas possible !

CARLINO

Sur rtionneur !... follet... je ne ments pas d’une voyelle I... ne voulait-elle pas m'épouser, une paysanne... une barcarolel fl|... et nuis, rien avec ça... J'eu^ la vertu de l'abandonner... j’avais de l’ambition, un oncle riche et greffier à Naples... fourré dans la robe jusqu'au cou, il lui était facile de me lancer... il l'a fait, et me voila son héritier... et...

MANELLl.

Magistral ? podestat ?

CARLINO

Non, assesseur... Carlino Puppo... je suis venu à Cascrte, où se trouvent en ce moment la cour et les ministres, pour faire sceller mes lettres d’investiture... et pour mener , pendant quelque temps celle existence débraillée de vous autres gentilshommes! H h bien! c’est drôle... je ne puis pas oublier ma

E êcheuse... jo la vois partout... La comédienne est bien plus elle!... Mais elle ôtait si gentille!...

MANELLl.

Allons donc I il faat noyer cet amour dans Jo vin... Pétouffar -îow d’autres amours. Votre virtuose, par exemple, ou en êtesvous avec elle ?

CARLINO

Aux mines, aux œillades, aux soupirs!

MANELLl.

Diable I vous avez pris le chemin le plus long.

LA TONELLI.

CAR LINO.

Ft le plus court serait?...

MANELLI

L'audace! l'effronterie! l'insolence î... Ma charmante, ma toute belle... je l'aime, je t'adore... arrangeous-noua... et ça s'arrange I

CARLINO

Vraiment!... eh bien! s'il n’y a qu’à dire... (S’orrtftont et timidement ) Mais je crains de n’êtrc pas assez brave pour montrer celte audace... elle a l'air si fier, si imposant.

MANELLI

Voulez-vous rabattre tout d’un coup ces grands airs?... soyez généreux... offrez, donnez dos parures, des bijoux!

CARLINO

Vous croyez?... elle est à moi !... j’ai un collier de perles.. .un collier superbe, magnifique, et très cher... que ma tante, la veuve de mon oncle, m’avait chargé d’acheter pour elle... je vais l’offrir à mon Aspasiu! Adieu cher ami... merci du conseil, je cours me munir de mon artillerie de siégé... ou vous retrouverai-je ?

ItKBLL).

Ici !... toujours ici I

CARLINO

Ahl vous avez aussi des accointances au théâtre?... très- i bien, à merveillo !... nous ferons partie carrée... ce sera divin... adieu, cher ami, et merci!... (Il sort par la droite.)

scinz v.

MANELLI seul.

Va, va, pauvre papillon, te briller à ces regards flamboyants! quoi qu’en disent les fats, nos dames n'ouvrent pas à tous ceux oui frappent à leur porto... je voudrais bien connaître celle de nos princesses qui a fait cette brillante conquête... elle me devra un collier, ma chère camarade... Il sera peutêtre écouté... taudis qu’à moi, Piétro Manelli, premier chanteur du roi de Naples, garçon d’esprit, je m’en pique... on me tient la dragée haulo... et pourtant il s’agit, non d’un contrat de comédie, mais d’un vrai mariage... aussi, je me suis adressé à la signora Tonelli , la plus franche coquette de toute lu compagnie... et elle prétend ne terminer, que lorsqu’elle aura la preuve de mon entière conversion à la raison... Diable! si elle me voyait maintenant. (Il trébuche.) Mais ça se passe... oui, ce qui ne se passe pas aussi facilement, ce qui reste au contraire, pour me faire enrager, ce sont ces maudites lettres j de change à cet usurier de Naples , le pero Bernardone , trois mille ducats !... c« n’est pas une bagatelle!... bah I le père Bernardone est mort... il aura emporté la créance au diable, ou il est allé. (On entend rire au dehors.) Ab I voici la signo^ ra... du sang-froid, de la tenue I

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