‹ La Méningite SaturnineChapitre 11 sur 43 · RU ARE · texte numérisé non relu

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Actuellement, il souffre beaucoup. Il est constipé, a des vomissements. bilieux. Le ventre est rétracté, mais pas très dur. Il y à une hypersthésie cutanée notable. Malgré le mauvais état des dents et des gencives, on voit très nettement le liseré de Burton, - *

Le pouls est lent, tendu à 60 par minute, la température est à 37°6 en moyenne. Le foi est indécelable, par la percussion. La crise urinaire n’a pas été suivie. Il sort, sur sa demande, à peine guéri, le 10 juillet. Le malade, très irascible, ne présentait d’autres signes nerveux qu’une légère exagération des réflexes tendineux, très explicable par son éthylisme avancé et constaté.

Ponction lombaire: le 7 juillet, liquide clair, s’écoulant en jet. Lymphocytose pure de 5 à 15 éléments par champ.

OBSERVATION V (Mozny et Malloizel) (loc. cit.)

BI... Emile, 36 ans, peintre, entre le premier avril 1906, dans le service de M. Mosny, à l’hôpital Saint-Antoine. |

Il est peintre depuis l’âge de 12 ans et demi, faisant le ponçage et l’enduit. Il a cessé son métier il y a 18 mois. Il a toujours pris de nombreuses mesures prophylactiques, et c’est seulement, il y a 12 ans, qu'il a eu sa première colique.

Pas d'autre accident jusqu’en mai 1906.

Le 24 mai, il est pris de douleurs abdominales très vives, et de vomissements alimentaires, Le ventre était dur et ballonné, mais la pression profonde calmait les douleurs. Il est allé difficilement à selle jusqu’au 30. À partir de ce jour, il a une constipation absolue; il entre le lendemain à l’hôpital.

[1 n’a pas eu la syphilis, mais a fait de nombreux excès de boisson.

Actuellement, il semble beaucoup souffrir, et accuse des douleurs continuelles, mais paroxystiques au-dessus de l’ombilic, cal-

mées par la pression des poings. Le ventre est gros et souple,

De en mais le foie est très rétracté. Il est très constipé, mais ne vomit plus.

Le pouls est régulier, plutôt accéléré à 92°. La tension artérielle est: à 22,5. Le cœur est manifestement hypertrophié et le 2° bruit aortique est clangoreux. La température est à 38°2. |

Les urines sont peu abondantes; très albumineuses. D'ailleurs le malade a depuis quelque temps des signes de brightisme. |

Le malade n’a aucun trouble nerveux; il est cependant sujet à des névralgies sus-orbitraires qui ont cessé depuis 3 mois; il a une intelligence médiocre; une mémoire très infidèle et son interrogatoire est difficile. I] présente très nettement le liseré de Burton.

Le 4 avril, il va déjà mieux et sort guéri le 10. 11 a encore un peu d’albumine, la tension artérielle est encore à 22. La crise urinaire a été normale en ce qui concerne l’urée, mais la décharge chlorurée a été peu sensible, sans doute à cause de l’état patholog:ique des reins. à

Ponction lombaire: liquide limpide qui s'écoule normalement. Il est notablement riche en albumine; on trouve 5 à 6 lymphocytes en moyenne, 4,.6, 13, 15 dans quelques champs, 15 pour 100 de cellules endothéliales et 1 polynueléaire environ pour 150 éléments. En somme, réaction très notable et probablement assez ré-

cente,

OBSERVATION VI (Mosny et Malloizel) (lac. cit.)

Lep... Gaston, 24 ans, broyeur en couleurs, entre le 28 mai 1904 à l’hôpital Saint-Antoine, dans le service du Docteur Mosny.

Il est broyeur depuis 4 mois. Il boit beaucoup et a des signes nets dalcoolisme. Le 22 et le 23 mai, il boit beaucoup, la constipation s'établit, il saigne du nez, et commence à souffrir du ventre.

Les douleurs augmentent, continues. mais paroxystiques, pé-

rte

ri-ombilicales, diminuées par une pression modérée; il n’y a pas d’hypéresthésie cutanées. Les vomissements ont débuté seulement 4 jours après la colique; ils sont verdâtres

Actuellement, outre les douleurs, on constate une rétraction notable du foie; mais le ventre est normal et souple. La température est à 37°8, le pouls à 60 dur et plein. Les urines sont sales et contiennent de l’urobiline. Le liseré de Burton est très net.

Le malade n’a aucun trouble nerveux, mais paraît un peu absorbé et éprouve une continuelle envie de dormir.

Le 1°” juin, il va déjà mieux et sort guéri le 10. Crise urinaire normale. Ponctions lombaires 30 mai 1904, liquide clair hypertendu. De 4 à 11 lymphocytes par champ; 4 juin 1904, liquide clair, on n’y trouve plus que 2 à 3 lymphocytes par champ et quelques gros mononucléaires.

Le 31 décembre 1905, le malade entre à nouveau dans le service pour une légère colique de plomb. Il a continué son ancien métier. Il y a 5 jours, il a eu des nausées, de la constipation, puis la douleur apparut dans l’abdomen.

Depuis 5 jours, le malade a des vomissements très abondants, bilieux, porracés, il est constipé depuis la même époque.

Le ventre n’est pas rétracté, mais un peu dur, le foie affleure les côtes; la température moyenne est de 37.6, le pouls est à 64,

la tension artérielle à 18 . Il va déjà mieux le 3 janvier et sort complètement rétabli le 12. La crise urinaire a été normale. Ponction lombaire: 4 janvier 1906, hypertension légère, liquide

limpide. On trouve 0, 2, 3 lymphocytes par champ.

OBSERVATION VII (Mosny et Malloizel) (loc. cit.)

B.. François, 43 ans, entre le 30 juin 1904 à l’hôpital St-Antoine, dans le service du Dr Mosny. Il n’a jamais été malade, sauf une pneumonie (?) avec hémoptysie, il y a 12 ans. I] n’est ni al-

coolique, ni syphilitique. Italien, il est venu en France ïl y a 7

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mois, et depuis ce temps-là manie le plomb. D’abord ébarbeur dans une fonderie de plomb, il y resta 3 mois, puis entra comme empâteur dans une fabrique d’accumulateurs où il manie journellement le minium en poudre. Il y a un mois et demi environ, il a eu un petit frisson, une sensation de malaise général, une perte légere de l'appétit et des douleurs vagues continuelles à Tabdomen et aux lombes. Il n’a pas de constipation, aucun signe de coliques. Ses dents sont devenues mauvaises, et son haleine est fétide. Il s’est mis au lait et cet état de malaise persistant, le décide à entrer à l'hôpital.

A l’examen, on ne trouve aucune lésion organique. Le ventre est souple. Le foie est un peu petit. Les urines sont normales. Rien n'indique le saturnisme, sauf le liseré de Burton qui est très net. T. 37. P. 70. Le malade sort d’ailleurs prématurément, sur sa demande, le 3 juillet. La ponction lombaire a montré un liquide clair sous forte tension contenant 9 à 23 lymphocytes par

champ.

OBSERVATION VII (Mosny et Malloizel (loc. cit.)

B... Emile-Paul, 16 ans, peintre en bâtiments, entre le 5 juin 1904 à l'hôpital St-Antoine, dans le service du Dr Mosny.

Sans être très robuste il n’a jamais été malade. Peintre depuis 2 ans, il prépare souvent lui-même ses couleurs et broie la céruse. Il y a 2 jours son appétit disparut et il ressentit des coliques assez violentes qu’il localise à la région sous-ombilicale; toute la journée il a eu des vomissements bilieux: depuis lors il est constipé.

Le 22 juin, les douleurs se localisent au creux épigastrique, et le 23 il entre à l’hôpital, L'état général est bon, les douleurs sont très calmées. Il y a un léger liséré de Burton. Le ventre est sou-

ple, mais rétracté. Le foie est également très rétracté. Le pouls est

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à 80, tendu, régulier. Les urines ne sont pas albumineuses. Il n’y a aucun trouble nerveux, crise polyurique habituelle. Le 30, le malade sort guéri. £

Ponction lombaire le 2 juin: Liquide coulant goutte à goutte, sans tension: 0, 1, 2 hyphocytes par champ.

OBSERVATION IX | (Mosny et Malloizel (loc. cit.)

Al... Pierre, 82 ans, fondeur, entre ie 24 décembre 1904 à l’hôpital St-Antoine, dans le service de M. Mosny.

Ethylique (aveux et stigmates) très névropathe, il n’a jamais eu de maladies graves; il travaille depuis 2 mois seulement comme fondeur dans une fabrique de tuyaux de plomb. Il est sujet aux maux de tête.

Le 22 décembre, il était constipé depuis 2 jours déjà, il est pris brusquement, dans la matinée, de vomissements et de coliques. Le 27, il entre à l’hôpital.

I] y a un léger liseré de Burton. La langue est blanche; le malade a des vomissements alimentaires et bilieux.

Les coliques, surtout périombilicales, sont très vives. Le ventre est souple, non rétracté. Le malade est affaibli, pâle, se plaint de céphalée. L’anesthésie cutanée est presque absolue, seules les régions de l’épigastre et des flancs sont seulement hypoesthésiées. L’anesthésie sensorielle existe des deux côtés (olfaction, goût, ouïe) mais surtout à droite. Le réflexe pharingien est aboli. Les réflexes sont normaux. Le pouls est dur, régulier à 76. La température est à 37°. Le foie est un peu rétracté, mais revient .dès le lendemain à son volume normal. Les conjonctives sont subictériques. Les urines ne contiennent pas d’albumine, mais des traces d'urobiline. Crise urinaire habituelle.

Le malade sort guéri le 31 décembre.

Ponction lombaire: le 25 décembre.

Pression notable: 0, 1, 2lymphocytes par champ.

ORSERVATION X (Mosny et Malloizel (loc. cit.)

Cell. Alphonse, 34 ans, électricien, entre le 3 février 1906 . l’hôpital St-Antoine dans le service de M. Mosny. 3

Légèrement éthylique, non syphiltique, il n’a jamais été malade.

Il travaille depuis 4 mois dans une fabrique d’accumulateurs où il est empâteur et manie journellement le mélange de litharge et d'acide sulfurique. Cette pâte sèche très vite et répand beaucoup de poussière, Le malade prend de grandes précautions; il ne travaille jamais plus de 7 semaines consécutives, 7 h. 1/2 par jour. Il se lave les dents deux fois par jour avant les repas; il prend deux bains sulfureux par semaine, travaille toujours avec des gants de caoutchouc, On lui donne un masaue, mais aucun ouvrier ne peut le supporter.

Il est très exposé à l’intoxication et tous ses camarades ont des

coliques de plomb. Il a eu une première erise de coliques le 26 dé- .

cembre 1905. Il fut malade 14 jours. La crise fut classique. A Vincennes 1l eut une légère rechute.

Il recommence son travail le 25 janvier 1906; dès le 1°” février il est repris de douleurs avec constipation sans vomissements. IL entre le 3 à l’hôpital. Le diseré de Burton existe, mais il est net, seulement à la machoire inférieure, brossage des dents. L’abdomen est plutôt ballonné, peu souple, douloureux, la pression profonde calme la douleur. Le foie est légèrement rétracté, Le pouls est régulier, bien frappé à 72, la tension est de 18,5 le 3 février, à 17, le 5; la température est de 38°.

Les urines ne sont pas albumineuses. Aucun trouble nerveux. Crise urinaire habituelle.

Dès le 5 février, tous les symptômes se sont amendés, En somme, la colique a été très légère.

Ponction lombaire; légère hypertension; quelques globules rou-

ges rares; 1, 2, 8 lymphocytes par champ.

= 90 ee

Dans toutes ces observations, nous voyons que la participation des méninges au processus pathologique n’est révélé que par la ponction lombaire. La physionomie générale de l'affection est celle d’une colique saturnine; à peine Ki dans quelques cas, (obs. III et IX), le malade accuse de la céphalalgie, de l’engou:-dissement des doigts et des orteils.

Dans certains cas, même les accidents de colique sont réduits au minimum (observ.VIII, IX et X). Dans l’observation IX, le malade a des troubles sensitifs, de l’anesthésie que l’on mettrait volontiers sur le compte de l’hystérie.

Malgré cette pénurie de symptômes nerveux, les éléments figurés sont parfois nombreux dans le liquide céphalo-rachidien. Si parfois, en effet, on n’en trouve que 1 à 2 par champ, on en rencontre parfois 15 (obs. IV, V), on en compte parfois jusqu’à 25 (observ. VIT et même 40, (obser. II) par champ : c’est dans ces cas que l’on trouve, associés aux lymphocytes des mononucléaires et des placards.

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