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Dans l’une des observations de M. Mosny, nous voyons un saturnin hystérique exagérer des vomissements, dans une autre le malade falsifie sa température simule une anorexie absolue, une paraplégie ilusSoire. Dans ce cäs, que nous rapportons, il y avait mélange de paralysie générale saturnine, d'hystérie et de sinulation.
Nous rapportons, comme exemple d'association deux observations empruntées à MM. Mosny et Malloizel.
OBSERVATION XXXI (Mosny et Malloizel) (loc. cit.)
R. Aneuso, 32 ans, foudeur, entre le 11 juin 1909, dans le service de M. Mosny.
Sa mère est très nerveuse et a des attaques avec perte de connaissance; sa sœur est également très nerveuse.
Bien portant jusqu’à 15 ans. A cet âge, chorée qui dure un an et demi, puis attaques d’épilepsie et incontinence d'urine jusqu’à 18 ans.
À 19 ans, il devient mécanicien et fait fréquemment usage du mastie au minium; 5 ans après, il a, dit-il, des coliques, des douleurs, des vomissements, constipation, et manque mourir. Depuis, il aurait eu au moins 20 crises de coliques de plomb; la dernière en juin 1908.
Depuis 2 jours il souffre du ventre, a perdu l’appétit et est constipé. Très agité, il se tord sur son lit, tantôt criant, tantôt pleurant, accuse de douleurs abdominales horribles, qui augmentent quand on s'approche de lui. Il a des hallucinations, du tremblement, des mouvements chonéiformes qui cessent quand il est seul.
L'hypéresthésie cutanée qu’on note chez lui n’a pas plus de valeur.
I1 a même d’une façon exagérée le signe de Romberg. D'ailleurs les réflexes tendineux et pupillaire sont normaux. Le ventre est souple, le foie est rétracté, le liseré de Burton très net.
Quand on est près de jui, le malade fait des efforts continuels
de vomissements. .
Les urines sont très légèrement albhmineuses et contiennent de l’urobiline au spectroscope.
On note un rétrécissement du champ visuel à droite. Il entend très mal à gauche et est complètement sourd à droite (surdité hystérique).
Ponction lombaire: Liquide un peu moins clair que normalement avec petit culot; 3 à 6 lymphocytes par champ.
En somme, ce malade est un hystérique, simulateur, mais est aussi un saturnin ainsi qu'en témoignent quelques signes objectifs (liseré, rétraction du ventre).
La réaction méningée n’a donc pas lieu de nous étonner.
OBSERVATION XXXIT (Mosny et Malloizel) (loc. cit.)
M... Jules, 54 ans, peintre en bâtiments, entre le 28 septembre 1905, à l'hôpital Péau, dans le service du Docteur Delaunay, pour des phénomènes centraux consécutifs à un accident du travail.
Il a toujours eu une bonne santé à part ces accidents profes- ‘ sionnels.
Alcoolisme. — Polyalcoolisme (vin, rhum, absinthe) depuis de longues années. Aveux faciles, Stigmates très anciens (pituites) cauchemars, visions de précipices).
Saturnisme. — À commencé le métier de peintre en 1872. En 1894, 1l cesse le métier et entre comme magasinier dans une fabrique de céruse, où il broie et détrempe le carbonate de plomb. Il y reste 6 ans. Depuis, il a repris son ancien métier. En 1880, alors qu’il emploie le minium et le vert de Prusse, il est pris de
coliques si intenses que, dit-il, il faillit en mourir. Depuis, il a été repris 5 ou 6 fois de coliques moins violentes.
Chancre mou pendant son service, mais pas de $yphilis.
Jamais de crises nerveuses, ni de perte de connaissances. Colère facile.
Rien autre à signaler dans les antécédents que quelques céphalées légères et passagères, quelques douleurs d'estomac avec constipation habituelle. Depuis 2 ans, il se lève quelquefois pour urlner.
Le 25 août 1905, il tombe d’une échelle d’une hauteur de 3 mètres, le choc porte sur le côté gauche de la poitrine. Aucun phénomène nerveux immédiat. Au bout de trois semaines, le malade se dispose à reprendre ses occupations. Un matin, après le traumatisme, en essayant de se chausser, il est pris de vertige et tombe à terre.
Il n’a pas de perte de connaissance, mais depuis ce temps, il a peine à se tenir sur ses jambes et sa parole s’embarrasse, Ces phénomènes s’accentuant, l’assurance l’envoie à l'hôpital Péan. Le malade a le teimt pâle, jaunâtre, caractérique de saturnisme. Il répond à l’interrogatoire d’une voix traînante, empâtée, bredouil- Jante. Toutefois, il répond avec sûreté aux questions posées, il a toute sa présence d'esprit; on sent néanmoins qu'il serait incapable de suivre longtemps une idée, s’il n’était guidé par les questions qu’on lui pose. Au bout d’un certain temps, quand le malade est fatigué, il parle avec plus de peine, par monosyllabes, sans phrases; on est obligé d’insister pour avoir la réponse, mais elle est toujours sensée. Quand on approfondit l’état mental de M... on constate que son intelligence et son affectivité sont in-
4actes. La mémoire des faits anciens, comme celle des faits nouveaux est également conservée. Le calcul se fait sans difficulté.
La parole est, comme nous l’avons dit, traînante, empâtée, bredouillante, mais ces troubles, dans l’émission des sons, sont très variables avec le moment de l’examen; par instants, la parole est normale, d’autres fois, surtout quand le malade est très ému ou que son attention est fixée sur ce qu'il va dire (mots difficiles à
répéter), la dysarthie réapparaît, avec un caractère de brusquerie, de spasmodicité très spéciale.
En somme, il s’agit d’une disarthie spasmodique variable, pseudo-paralytique. Si on fait écrire le malade, les mots sont illisibles, l'écriture est. également tremblée, spasmodique comme la parole. Liseré de Burton très marqué. *
Léger stratisme interne gauche, avec myosis gauche. Champ visuel rétréci en haut et à gauche. Diplopsie monoculaire gauche. Anesthésie cornéenne bilatérale. Réflexes pupillaires normaux.
Ouie. — Montre entendue à droite à 5 centimètres. À gauche, il n'entend même pas la montre appliquée sur l’apophyse mastoïde. M. le Doéteur Viollet, qui l’a examiné au point de vue otologique, conclut à une surdité hystérique.
Goût. — La saveur de la quinine n’est pas perçue.
Membres. — Quand le malade est dans son lit, on ne constate aucun trouble dans la motilité des membres. La force musculaire est très diminuée à gauche (membres supérieur et inférieur).
La sensibilité à la chaleur et au tact est très diminuée à gauche; cette hypoersthésie déborde la ligne médiane de deux travers de doigts. k
Aucune atrophie musculaire. L’hémi-hypoesthésie s'étend à la
face à gauche.
Ataxie des deux membres supérieurs au commandement, surtout à gauche. Du reste le malade est maladroit, laisse tomber son verre et ce qu'il prend en mains. Réflexes exagérés réellement, surtout à gauche, aux membres supérieurs et inférieurs. Signe de l'éventail des orteils de Babinski, pieds normaux à gauche.
Troubles subjectifs: céphalée continue depuis la chute du malade, surtout gauche et occipitale.
Marche. — Dès que le malade est debout, il titube et perd bientôt l'équilibre. Pendant la marche, la base de sustentation s’élargit, le malade tombe néanmoins sur le côté, surtout à gauche. Cette astasie-abasie spasmodique au même titre que la dysarthie,
se complique de la peur de tomber qui exagère encore les symptô-
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mes (staso-basophobie secondaire). Le malade ne peut faire quelques pas qu’en se.cramponnant aux objets qui l'entourent. Appareil digestif. — Epigastralgie. Pas de vomissements, mais
nausées fréquentes. Constipation. Pouls: 64-68. Urines normales.
Ponction lombaire. Tension très forte. Liquide s'écoulant en jet, limpide, riche en albumine, contenant en moyenne 50 à 60 lymphocytes pa: champ. Quelques rares poly et gros mono-nucléaires.