CHAPITRE VII je
AMAUROSE SATURNINE
L’amaurose saturnine, signalée par Tanquel de Planches et Grisolle dans les prémisses de l’encéphalopathie saturnine, est un accident peu fréquent du saturnisme. Elle peut survenir dans deux conditions différentes: Ù
Dans un premier cas, elle reconnaît une lésion bien déterminée : l'hypertension artérielie et la rétinite albuminurique qui peuvent d’ailleurs s'associer. C’est la forme la mieux connue et la mieux observée.
a). Lorsque l'hypertension est le seul signe, Pamaurose est passagère; elle apparaît et disparaît avec elle: ici une épreuve intéressante permet d'en faire le diagnostie, c’est l’inhalation de nitrite d’amyle, qui fait baisser la tension artérielle et en même temps réappa-
raître la vision.
imédiatement la réaction méningée. L'absence complè-
te de réac cytologique fera tomber la balance du cô-
té de l’hystérie. Mais une légère réaction, minime ]ym- : phocytose, ne permet pas toujours de l’écarter compiètement. On peut alors penser à l'association d’une méningite latente, ayant déclanché de phénomènes hys-tériques.
IT. Le diagnostic est souvent plus malaisé à établir eptre une méningite saturnine et certains processus morbides indépendants du saturnisme Il n’y à de difficulté réelle que si le problème se pose chez un saturnin qui peut être alcoolique, tuberculeuwxr, syphilitique. S'agit-il de méningite saturnine, où d'alcoolisme de méningite tuberculeuse, de méningite syphilitique, de paralysie générale syphilitique chez un saturnin? L'alcoolisme ne ressemble guère à la méningite saturnine, bien qu'on ait maintes fois invoqué le rôle de lalcool pour expliquer € l’encéphobopathie saturnine ». Les aveux du malade, les stigmates (tremblement, pitintes, hallucination professionnelle, z00psie, etc.) permettent déjà de s'orienter. Mais la ponction lombaire prend ici une grande importance. [’alcool seul ne détermine jamais de réaction cellulaire inéningée, dans les manifestations les plus diverses qu'il provoque chez l’alcoolique (Mosny). Aussi le safurnin qui présentera une lymphocytose rachidienne, même s'il est alcoolique, peut être considéré comme sûrement atteint de méningite saturnine.
LA méningite tuberculeuse est beaucoup plus diffi-
cile à différencier (Mazin, Mosny). Aussi voyons-nous,
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dans 4 observations récentes, les auteurs s’entourer de toutes les recherches possibles pour écarter ce diagnostic. La cytologie du liquide rachidien nous éclaire peu: les deux maladies peuvent donner une iymphocytese aussi intense. La présence du bacille de Koch sur les lames, si elle est constatée, doit évidemment faire conclure au diagnostic de méningite tubercuteuse, mais cette recherche est longue et l'absence du bacille ne permet pas de nier la méningite tuberculeuse. Seule l’inoculation de cobaye est capable de donner une preuve positive de méningite. Mais ceci, au point de vue absolu; mais, au point de vue pratique, c’est l’évolution de la maladie, l'analyse précise des symptômes qui resteront seules capables de nous renseigner.
La méningite syphilitque, elle sera impossible à distinguer dans certains cas: lymphocytose rachidienne semblable à celle de la méningite saturnine, sans que neus ayons ici la ressource de la recherche du bacille ou l’inoculation au cobaye. La réaction de Wassermam, outre la difficulté qu’il y a à la rechercher, a, de l'avis de Mosny, donné de tels mécomptes que les « résultats les plus négatifs ne doivent jamais nous autoriser à nier la syphilis ». Le tableau clinique est tellement semblable, que, s'il s'agit d’un saturnin syphi-
litique, on ne sera même pas en droit de conclure dans
un sens ou dans l'autre; et l’on a le devoir, — bien que ce ne soit pas là un critérium absolu, — d’ap-
pliquer de traitement mercuriel et ioduré intensif.
Mais que le malade guérisse, on peut s'applaudir du
résultat, mais sans pouvoir en conclure, en toute ri-
gueur, que c’est le traitement qui l’a guéri. Car Q il.
y a des méningites encéphalites syphilitiques qui ré-
sistent à tout traitement, et d’autres, qui guérissent
sans l'intervention d'aucune méthode spécifique » (Mosny).