‹ La Méningo-épéndymite streptococcique du nourrissonChapitre 15 sur 28 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

« Les méningites doivent aux germes qui les -&ausent non pas des symptômes spéciaux mais une évolution un peu particulière »,(Nobécourt.) (?.

En effet, le tableau morbide décrit dans les observations précédentes est celui de toute infection méningée des premiers mois de la vie. Le nourrisson, sans cesse en état d'équilibre instable à cause de l'intensité de sa croissance, ne peut opposer aux divers agents pathogènes que des moyens de défense très imparfaits. C'est pourquoi, fréquemment, la symptomatologie qu’il présente au cours des méningites aiguë est très atténuée, réduite parfois à la seule tension de la fontanelle antérieure ®. Attribuable en grande partie à l’imperfection de l’encéphale incapable de réagir par les phénomènes ordinairement constatés chez l'enfant plus grand, cette latence, cette insidiosité rend bien souvent le diagnostic hésitant et tardif.

Mais si le streptocoque ne provoque pas habituellement de. symptôme caractéristique, il semble vraiment donner à l'infection méningée dont il est res-

(1) NOoBÉCOURT : Précis de Médecine des Enfants, page 381. (2) Diagnostic des formes frustres de da méningite cérébrospinaile. (FAVREL : Méd. Inf., Paris 1920, p. 113.)

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ponsable une gravité exceptionnelle et une évolution extrêmement rapide.

La statistique de A. Bernand (Thèse de Paris 1903) porte à 90 % la mortalité de la méningite à streptocoques. Or, ce terrible pronostic paraît encore plus sombre pour le nourrisson et, chez ce dernier, après un début généralement insidieux de la maladie, le coma terminal survient à bref délai. Le bébé succombe alors dans le collapsus ou daris une crise convulsive en quelques jours; parfois en 24 ou 48 heures, avant même que n'ait eu le temps de s'affirmer le cortège symptomatique habituel de linflammation méningée. |

Un cas d’épendymite bilatérale à streptocoques chez un nourrisson hérédo-syphilitique, communiqué par Boisserie-Lacroix à la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux le 3 novembre 1922, revêt une allure un peu spéciale. Le petit malade fut pris, subitement, de fièvre et de convulsions. Puis le syndrome méningé fit rapidement son apparition : raideur de la nuque, contracture des membres, tension de la fontanelle, pouls rapide, raie vaso-motrice. Mais Fexamen du liquide céphalo-rachidien ne montrait pas de microbes, on ne constatait qu'une hyperalbuminose et une lymphocytose légères. Cette asepsie initiale persista jusqu'au ‘quinzième jour. À ce moment la présence dans le liquide céphalo-rachidien de streptocoques en quantité considérable brusqua la marche de l'affection et, en deux jours à peine, la

mort vint terminer cette streptococcie méningée.

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