‹ La Méningo-épéndymite streptococcique du nourrissonChapitre 14 sur 28 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(DELHERM et LAIGNEL-LAVASTINE : Bull. de la Soc. de Péd. de Paris, 17 mars 1903.)

Une enfant de 12 mois est amenée à la crêche de l’'Hôtel-Dieu, Service du Professeur Gilbert Ballet, le 27 mai 1902.

Très amaigrie, la peau flasque et ridée, elle présente de la diarrhée, quelques convulsions généralisées, des vomissements sans caractères spéciaux et une tempéra-. ture à 39 degrés.

On pense à une méningite tuberculeuse.

Mort le lendemain de l'entrée avant que les recherches complémentaires aient pu être faites.

Autopsie. — Encéphale très hyperémié, pie-mère congestionnée et œdémateuse. Pas de pus, ni de tubercules. .

Les ventricules latéraux apparaissent dilatés et laissent écouler beaucoup de sérosité.

La substance blanche est ponctuée de rouge, les vaisseaux des noyaux centraux sont très dilatés. Les différents viscères sont très hyperémiés, nulle part on ne trouve de tubercules et de lésions appréciables.

Au microscope, les méninges moiles et les plexus choroïdes apparaissent infiltrés de sérosité. Par endroit,.

ne

se groupent quelques leucocytes et surtout des polynucléaires, Les vaisseaux sont extrêmement dilatés et remplis de longues chaînettes de cocci.

Ces streptocoques prédominent dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques, mais ils existent aussi dans les méninges, tandis qu’ils n’ont pas pénétré dans la substance cérébrale. Celle-ci est congestionnée mais ne présente pas de réactions histologiques notables.

Les méninges sont œdématiées, non purulentes. Elles contiennent en grande abondance des streptocoques. Quoique les cultures n’aient pas été faites, il semble justifié d’accorder à ces microbes un rôle pathogène. Ils n’ont pas les caractères des bactéries cadavériques. D'autre part, dans les streptococcies, ils peuvent se rencontrer après la mort dans le liquide céphalo-rachidien, comme dans les vaisseaux, en dehors de toute réaction méningée; mais si l’envahissement streptococcique des. méninges ne s'était fait que post-mortem, il n’y aurait eu aucune réaction leucocytaire méningée.

I n'est pas impossible d'admettre, chez cette enfant très amaigrie, une infection sanguine à streptocoques avec localisation métastatique sur les méninges. Malheureusement, l’'hémoculture n’a pas été pratiquée et c'est là, avec l'absence de ponction lombaire durant la vie, une lacune regrettable. Par ailleurs, le parallélisme n’est pas constant entre les symptômes méningés et les phénomènes otitiques la paracentèse ne donnant lieu parfois qu'à quelques gouttes de sérosité ou de sang. Particulièrement, dans le tout jeune âge, un écoulement tari lors de l’apparition de la méningite peut passer complètement inaperçu. Et cette otite méconnue du nourrisson expli-

queérait probablement nombre d’inflammations arach-

noïdo-pie-mériennes apparemment primitives.

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