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tant facteur de prédisposition à la tuberculose. D’ailleurs aujourd’hui, la réalilé de ce fait est devenue plus importante à établir scientifiquement parce qu'il s’y attache un très grand intérèt pratique : la gymnastique respiratoire constitue, une arme très puissante à opposer à la maladie, puisqu'elle permet de rendre très rapidement à la poitrine des dimensions normales.
Le D: Joffres, dans sa thèse, parue en 1906, sur les variations de la section thoracique au cours de la tuberculose, s’est occupé de cette question et arrive à cette conclusion «que ie rétrécissement de la poitrine, trouvé chez les tuberculeux, tout à fait au début de la maladie, est antérieur à la tuberculose ». Il cite d’ ailleurs, à l’appui de cette conclusion qui repose sur une argumentation précise et serrée et sur une série de recherches qu’il serait trop long de reproduire ici, une observation de grande valeur, due à M. le professeur Maurel, qui vient donner plus de poids à sa démonstration.
«IL s'agit d’une jeune fille de seize ans, de santé délicate, pour laquelle on vient consulter notre maître en 1891, et qui présentait une insuffisance thoracique considérable {115 em.2). M. Maurel redoutant une tuber-
culose à venir, prescrivit le traitement habituel et con-
seilla en plus, très vivement, la gymnastique respiratoire. Au bout de onze séances, faites d’après son procédé, la section thoracique s’était accrue de 55 cen-
| timètres carrés sans pourtant être revenue à la normale,
et l’état de la jeune fille s'était amélioré à un tel point
que les parents, amplement satisfaits, crurent pouvoir
abandonner le traitement. Ce ne fut que douze ans après
Le 4
que le hasard remettait en présence M. Maurel et son ancienne malade. | À
« Les craintes qu’avait inspirées à notre maître l’étroitesse thoracique s'étaient réalisées. À l'insuffisance de la section s’était joint un changement d'hygiène et d’alimentation (qui étaient devenues moins favorables) dû lui-même à des revers de fortune, et la malade était parvenue au deuxième degré dé la tuberculose. »
« Nous n'avons pas besoin d’insister longuement sur la valeur démonstrative de cette observation constatant
une étroitesse thoracique considérable plus de dix ans
avant l'apparition d’une tuberculose confirmée. Elle
réalise les conditions d’une véritable expérience de
laboratoire. Si la tuberculose est si souvent précédée d’une diminution de la section thoracique, celle-ci n'a-
git-elle pas comme une véritable cause prédisposante ?
N'est-il pas classique d’admèttre, parmi les causes favo-
risant la tuberculose, toutes celles qui diminuent la
résistance de l’organisme, et n'est-il pas aussi évident,
d'autre part (M. Maurell’a démontré dans son!7raité de
l'hypothématose), que la diminution de la section thoracique, en diminuant l’hématose, doit constituer une de ces causes ?... Nous voici donc conduit à admettre que l'insuffisance de la section thoracique favorise la
tuberculose en produisant l'insuffisance de l’hématose;
qui, elle-même, affaiblit la résistance de l'organisme. »
Ce fait étant scientifiquement et cliniquement établi,
que l’étroitesse du thorax est le plus constant facteur
de prédisposition à la tuberculose, que cette étroitesse
du thorax s'accompagne d’une insuffisance de la sec-
tion thoracique, révélée par la méthode graphique de M. Maurel, que cette insuffisance est essentiellement curable par la gymnastique respiratoire, il est facile de
“voir toute l’importance pratique qui s’y rattache. Désarmés comme nous le sommes, à l'heure présente, contre la tuberculose pulmonaire en évolution, l'idéal serait évidemment de savoir prévenir et c’est peut-être bien dans cette voie queles praticiens devraient diriger leurs efforts.
.. Lecentimètresymétrique permeten une seule mensuration de mesurer le développement des deux moitiés du thorax, de juger de leur développement inspiratoire. Non seulement il pourra déceler les immobilités thoraciques bilatérales, mais il pourra aussi, et c'est [à son domaine exelusif, préciser l’absence ou la diminution unilatérale de l’incursion du thorax, absence ou diminution que le centimètre ordinaire laisserait passer inaperçues et que seule pourrait révéler la stétographie bilatérale, méthode difficultueuse. Le centimètre symé-
trique montre qu'avant l'invasion tuberculeuse, existe une phase d'arrêt du mécanisme respiratoire, phase curable par la méthode des exercices physiologiques, telle que l’a systématisée Georges Rosenthal. A l’appui de l’utilisation du centimètre symétrique, nous pouvons rapporter quelques observations inédites de syndrome d’insuffisance respiratoire, traité par la Méthode des exercices physiologiques de respiration. Nous remercions le D° G. Rosenthal d’avoir bien voulu nous les com-
muniquer. En voici le résumé :
Observation I
Insuffisance respiratoire par imperméabilité nasale. Cure analomique suivie d'exercices physiologiques de respiration :
A ee \] ; .
Contrôle au centimètre symétrique,
, Le nommé B.., âgé de 22 ans, a une taille de 1 m. 80 et ne
pèse que 61 kilogrammes et demi. Son poids n’a pas augmenté
depuis quatre ans bien qu’il ait beaucoup grandi.
Rien de spécial dans ses antécédents héréditaires. Père et
mère bien portants. Deux frères plus âgés bien portants ont fait |
aussi une croissante rapide, Ar . !: Dans son enfance, B... n’a pas eu d’affections thoraciques, ni | bronchite, ni fluxion de Deuil a toujours dormi la bouche / ouverte. L'examen de la bouche montre une yoûte palatine très ‘4 | : profonde ; l'auscultation révèle une obscurité respiratoire diffuse | prédominante aux sommets. een Impossibilité de respirer vingt fois par la narine droite (épreuve inspiratoire de Rosenthal).
La mensuration donne les chiffres suivants, le 28 septembre 1904 : | Périmètre sub-omo sus-mammaire : Expiration 40,40 (1). Inspiration 42.49 soit + 4 c.
Périmètre xyphoïdien : Expiration 37.37. Inspiration 39 1/2, 39 de eee ‘e Ajoutons que notre malade à été ajourné deux fois au service Dracxosric. — Insuffisance respiratoire à type thoracique par impérméabilité nasale, |
TRAITEMENT. — Intervention chirurgicale libératrice (ablation
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militaire pour étroitesse de la poitrine. ;
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é — 63 — d’une volumineuse crête de cloison), puis traitement par les exercices physiologiques de respiration.
Après deux mois de traitement le poids passe de 61 kgr. 1/2 à 65 kgr. 1/2. La mensuration donne :
- Périmètre sub-omo sus-mammaire 39.39 — 43.43 soit+ GACe
Pébimôtre xyphoïdien 37.37 — 41 1/2 41 1/2 soit +9 c.
L'état général est excellent. La guérison s’est maintenue.
Observation II
Insuffisance respiratoire naso-thoracique par croissance rapide Exercices physiologiques de respiration. Guérison.
Le jeune GC... âgé de 17 ans,a une taille de 1 m. 85 et un poids de 77 kgs. Il a grandi dans ces dernières années de 6 centimètres par an et a eu, il y a deux ans, une broncho-pneumonie assez sérieuse avec foyer à la base droite. Dans l’enfance, rougeole à 8 ans; scarlatine à J ans. Toute la famille bien portante. Le rhinopharynx est pérmésble: Au début d'octobre 1904, nous trouvons une méiopragie respiratoire diffuse, avec obscurité considérable aux sommets, C..., respire par la bouche mais son diaphragme a un jeu suffisant, La mensuration donne : Périmètre sub- omo sus-mammaire 43.43 — 46 1/2. 46 1/2 soit + 7 c. ;
Périmètre xyphoïdien 40.40 — 45.45 soit + 10 c.
Diacnosric. — Insuffisance respiratoire naso-thoracique légère
pure, c’est-à-dire sans obstacle anatomique à la respiration.
1. Les chiffres sont exprimés en centimètres. Le premier chiffre se rapporle à l’hémithorax droit, le deuxième à l’hémi-
thorax gauche,
PU: Ve
TrairemenT. — Exercices physiologiques de respiration. e L'amélioration a été rapide. Le poids atteignait dès la fin octobre 79 k. 1/2. La mensuration donne le 29 octobre les chiffres suivants : | Périmètre sub-omo sus-mammaire 42.42 — 46 1/2. 46 1/2 soit + 9 c.
Périmètre xyphoïdien 38.38 — 45.45 soit + 14 c.
L'état général est excellent. Nous avons revu en 1908 le
jeune C...en excellent état, Une expansion thoracique de 14 centimètres est le chiffre le plus élevé que nous ayons jamais
à obtenu,
Observation III
Insuffisance respiratoire par respiration buccale, sans retenlissement sur l'état général. Exercices de respiration. Guérison contrôlée au centimètre symétrique.
La petite M âgée de 13 ans, pèse 38 kg. 600 avec une taille de 1 m. 55. La santé fut toujours bonne malgré quelques rhumes et maux de gorge sans importance. Néanmoins elle respire par la ‘bouche et reste frêle.
Le 29 juin 1906. — Nous trouvons avec unê bonne auscultation la mensuration suivante : He 3 Périmètresub-omo sus-mammaire 32.32 — 33.33 soit “ 20:
Périmètre xypho:dien 31.31 — 31 1/2 31 1/2 soit + 1 c.
Après deux mois de traitement, le ie atteint 39 kg. 250 et la mensuration donne :
Périmètre sub-omo sus-mammaire 32.32 — 36.36 soit + 8 c.
Périmètre xyphoïdien 30.30 — 34.34 soit de Sc
L'état général est excellent.
Observation IV
Insuffisance respiratoir ed’origine nasale.Guérison rapide, contrôlée au centimètre symétrique, par les exercices méthodiques de respiralion.
Le jeune V..., a 12 ans, une taille de 1 m. 60, un poids de 57 kg. 900. La santé générale est bonne malgré l’existence de
quelques légères végétations adénoïdes. Mais il respire mal.
L'auscultation donne le 25 octobre 1906 une ephseurite générale
du murmure vésiculaire, La mensuration donne les ihiffres suivants:
Périmètre sub-omo sus-mammaire : 139.39 — 40 1/2. 49 1,2
‘soit +3 c.
Périmètre xyphoïdien . 2 0 1/2. 39 1/2 soit + 3 c.
Le 19 onobre Not obtenons un poids de 60 kgs et comme mensuration : |
Périmètre sub-omo sus-mammaire 39.39 — 43.43 soit + 8 c.
Périmètre xyphoïdien 37.37 — 41.41 soit +8 c.
Le 14 janvier 1907. — La taille est de 1 m. 69, le poids de 64 kgr. 350 ; la mensuration donne.
Périmètre sub -omo sus-mammaire 40,40 — 44.44 soit + 8 c.
Périmètre xyphoiïdien 38 1/2.38 1/2 — 42 1/2. 42 1/2 soit
VHS €;
Le 25 février. — Mêmes chiffres de mensuration avec un poids de 65 kgr. 500 et une taille de 1 m. 70.
Dangles $
Observation V. ,
Insuffisance respiratoire d’origine nasale. Guérison par la
méthode des exercices physiologiques de respiralion.
Le jeune Ch... a 16 ans 9 mois, une taille de 1 m. 78, un Doi de 67 kgs. 250, le 11 avril (906. L Sa mère morte de dysenterie ; son père est bien portant ; il a une sœur de 20 ans bien portante. Ch... a eu dans l’enfance quelques bronchites assez sérieuses, une pleurésie . 9 ans et demi. 7 * . Il fut opéré de végétations adénoïdes en 1890. En 1904, il a contracté la fièvre typhoïde. A ttuéllomiant il ferme mal la bouche la nuit. Son appétit est irrégulier. | L’auscultation indique une obseurité ABLE du murmure ve siculaire, La ménsura ton donne : A Périmètre sub-omo sus-mammaire 42, 41 — 43,42 ns is 40. Périmètre xyphoïdien 39.38 — 41,40 soit + 4c. TRAITEMENT par la méthode des exercices eo des de respiration.
Le 14 mat 1906, — La mensuration donne :
Périmètre sub-omo sus-mammaire 42.41 — 46.46 soit + 9c. Périmètre xyphoïdien 39.38 — 44.43 1/2 soit + 10 c. 1/2.: Le 3 janvier 1907. — Le poids atteint 69 kgr. 700 : la mensuration donne (après un arrêt de l’entraînement). : Périmètre sub-omo sus-mammaire 43.43 o 46.46 soit +6 c. Périmètre xyphoïdien 40.40 — 4444 soit + 8 c. | Le 6 avril. — Le Dot atteint 71 kgr. 800 ; la mensuration
donne : :
Périmètre sub-omo sus-mammaire 44.44 — 48.48 soit + 8 ci
Périmètre xyphoïdien 40,40 — 44.44 soit + 8 c.
L'état général est excellent, Nous avons revu ce jeune homme. en excellent état en 1908.
De ces observations, il faut retenir que le centimètre symétrique nous fait constater des arrêts du jeu respiratoire des côtes, s’accompagnant d’amaigrissement, de fatigue, de troubles nerveux. Cet état d’'hypohématose (Fe Maurel) guérit admirablement par la méthode des exercices physiologiques de respiration, telle que l’a constituée Georges Rosenthal. Le centimètre symétrique permet de contrôler et de suivre l’évolution clinique. Il y a plus. Le centimètre symétrique trouve,
d’après G. Rosenthal, une de ses plus grandes applications cliniques dans l'étude de la pleurésie. En mesurant, au moment du premier examen, un pleurétique, on constatera aisément, ainsi que déjà l’enseignait Laënnec, d'une part, Vimmobilisation complète du côté où siège l’épanchement, si cet épanchement est dans la
- grande cavité pleuraie, incomplète en cas contraire ; d’autre part, un développement plus grand du côté atteint, qui peut dépasser le côté sain de 3 à 4 centimètres. Il faudra, dans ces mensurations, tenir compte de ce que le côté droit des individus normaux l’'emporie sur le côté gauche d’un demi à 3 centimètres en moyenne (Voillez). Ainsi, le plus souvent, un hémipérimètre gauche égal à un hémipérimètre droit doit ètre considéré comme suspect.
Le centimètre symétrique suit pas à pas les progrès
Log
de l’évolution de la pleurésie ; il note l’accroissement
de l'épanchement par augmentation de la différence
des hémipérimètres, la résorption par la tendance à (l
l'égalité, la restitutio ad integrum par l'accroissement
du jeu thoracique, la guérison par une expansion tho-
racique égale à 40, à 12 cénHRèReS, constante et
symétrique.