A. F. Mockler-Ferryman. Up the Niger, p. 141 (note
3. Major A. G. Léonard. The hiver Niger and its tribes. p. 461.
4. P. Franz Wolf. Beitrag zur Ethnographie der Fo-Neger in Togo. Anthropos, VII (1912), p. 86.
MONSTRA ET PORTENTA 169
réside en eux. — Au Dahomey, des purifications étaient jugées suffisantes. « Des cérémonies analogues (à celles qu'on célèbre pour les jumeaux) ont lieu pour les Agosou c'est-à-dire pour les enfants qui, à leur naissance, se sont présentés les pieds les premiers, et aussi pour les Ouënsou, enfants dont la tête a paru la première, la face regardant le ciel1. » Chez les Achantis, l'enfant suspect était celui qui présentait un vice de conformation à la main. « ... si l'enfant est né heureusement, — c'est-à-dire sans une excroissance au petit doigt, qui serait considérée comme un sixième doigt et qui le condamnerait à mort \ » A Madagascar, « en ce moment même, au mois de janvier 1907, des gens se murmurent à l'oreille que, dans les environs de la forêt d'Ankéramadinika, est né un monstre moitié bœuf moitié enfant, qu'il faut par suite s'attendre à toutes sortes de calamités, et que ce n'est guère plus la peine de travailler et de faire effort.
« L'année dernière encore, chez les Bara du Sud, on a enterré vifs des enfants nés le jeudi5. »
Tous ces faits éclairent la coutume répandue dans le monde entier, et non seulement en Afrique, de se défaire des enfants qui présentent certaines anomalies. Elle subsiste même dans des sociétés hautement développées. On dit en général qu'elles veulent éliminer tout de suite les individus qui ne promettent pas d'être sains et vigoureux comme les autres, et qui ne pourraient pas avoir à leur tour des enfants capables de défendre la cité. Cette explication a pu être donnée à Lacédémone et acceptée par les Spartiates de l'époque historique. Mais, à coup sûr, ce ne sont pas des motifs de ce genre qui avaient donné naissance à la coutume. Partout où nous voyons sacrifier ainsi