‹ La mentalité primitiveChapitre 106 sur 333 · C. W. Hobley. Ethnology of the A.-Kamba, p · texte numérisé non relu

C. W. Hobley. Ethnology of the A.-Kamba, p

Par là, une vive lumière se trouve jetée à la fois sur ce que sont les monstra et sur ce qu'est la sorcellerie. Pour comprendre l'identité foncière que les représentations collectives des primitifs admettent d'emblée entre l'anomalie et la sorcellerie, nous devons modifier profondément l'idée que nous avons d'abord de l'une et de l'autre. Ce point peut être considéré comme acquis, et nous sera très utile pour l'intelligence de l'ordalie1.

Des faits semblables ont été observés aussi en Afrique occidentale, chez les nègres qui ne sont pas des Bantous. Ainsi, sur le Haut Niger, « un coq qui chante à une heure inaccoutumée de la nuit, introduit la mort dans la famille, à moins qu'on ne le tue immédiatement2. » — « S'il arrive, dit le major Léonard, que, pendant l'accouchement, l'enfant se présente par les pieds — fait qui est désigné sous le nom de mkporo-oko (pieds mauvais ou funestes), on le regarde comme semblable aux jumeaux, et la malheureuse mère est traitée de la même façon que dans ce dernier cas 3. »

Au Togo, « si un enfant perce les incisives d'en haut avant celles d'en bas, c'est un busv, c'est-à-dire que devenu grand, il verra et fera toutes sortes de choses inquiétantes (hexe?i, dit le P. Wolf, ce qui signifie ensorceler). C'est pourquoi l'on vendait les enfants de cette sorte, ou même on les noyait. On traitait de même les enfants qui avaient déjà des dents en venant au monde4. » Ici, l'assimilation de ces enfants aux sorciers est formelle. Leur anomalierévèle leur malfaisance future, qui, dès ce moment,

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