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l'objet qui a « fourni les sorts » sert à fabriquer des amulettes considérées comme particulièrement efficaces, nouvelle preuve de la causalité active qu'on lui attribue. On admet qu'il conserve son influence favorable, et l'on cherche à en attirer sur soi le bénéfice. « On retire volontiers, dit le P. Arnoux, des amulettes du beurre qui s'est déclaré favorable... Les petites boulettes formées de la graisse d'un animal, qui ont donné une réponse favorable, sont placées sous l'oreiller... ou dans un petit vase. Elles assureront la paix à la demeure qui possédera ces trésors. On en fait aussi des amulettes pour quand on va sacrifier aux esprits (des morts)... Du poussin qui a donné une réponse favorable, on tire des amulettes fort estimées... ». Enfin « on retire des amulettes des moutons favorables (on les fabrique, en particulier, avec les os de leurs pattes). Toutes ces amulettes sont portées suspendues au cou1. » S'il s'agit du taureau qui a été sacrifié pour la divination spéciale du roi, « on ramasse de côté et d'autre tous les os, à l'exception de ceux des pattes qui serviront en partie à la confection d'amulettes... Parfois, on brûle môme la peau du taureau, mais plus généralement, elle est travaillée par les tanneurs et déposée sur le lit royal, ou bien consacrée à la confection des tambours de la capitale, ou bien donnée à une des femmes d'honneur à qui on entend décerner une haute récompense ; quel que soit l'usage qu'on en fasse, il est de rigueur que l'on conserve les morceaux, soit d'une peau de tambour, soit d'un vêtement de femme, qu'on a tirés d'un taureau favorable. Ce sont là les meilleures amulettes connues 2. » Toutes ces pratiques nous aident à comprendre comment la mentalité primitive se représente l'action causale