Ibd., p
tandis que d'autres bakongori caressent la bête pour la rendre plus attentive, et qu'un autre la tient par les cornes. On lui adresse une longue prière, où l'on insiste sur l'aspect que ses entrailles doivent présenter : Mets la vésicule du fiel à droite, etc. Lors donc qu'on a parlé ainsi à l'oreille du taureau, on commande : « Couchez la victime, tuez-la ! 1 »
Si la divination est pratiquée par le moyen des osselets, on attribue à ceux-ci précisément le même rôle actif qu'aux victimes. Ils n'annoncent pas seulement le résultat, ils le causent aussi. « A la fin de la troisième phase, le sorcier, dispersant les osselets, {nzuzi) dit: « Elles écoutent bien, elles répondent comme des hommes... » etc. et le P. Àrnoux explique, dans une note : « Les nzuzi écoutent bien et répondent bien. Elles écoutent nos interrogations, et autant que j'en puis juger par ma science infuse (c'est le devin qui parle), elles répondent juste. Elles sont dociles comme des hommes ». Le rôle du devin est donc d'interpréter, par le moyen de ses connaissances, la disposition relative des nzuzi2.
Même quand ce sont des boulettes de beurre qui servent à la divination, une prière analogue leur est adressée. Le sorcier, prenant en main quatre boulettes de beurre de la veille, ou tout au plus, de lavant-veille, leur adresse la courte exhortation suivante : « Ecoute, beurre, toi, tu es beau ; blanchis, sois très blanc, deviens absolument blanc, (c'est-à-dire de bon augure)... Je te refuse aux fourmis, tu me refuseras à l'ennemi... » etc. Le P. Arnoux ajoute, dans une note : « On suppose toujours que le beurre écoute les supplications des clients, et se modifie à discrétion3. »
Si la pratique divinatoire a donné un résultat favorable,