LES OSSELETS
occasion de nuire à l'ennemi, on ne peut expliquer tout cela que par la dépendance où ils sont de cet oracle. S'agit-il de savoir si un chef accueillera un missionnaire ou le congédiera, s'il permettra à un voyageur de traverser son territoire, ou si! lui fera rebrousser chemin, ces osselets jouent encore un grand rôle1. » Les particuliers y ont recours comme les chefs. « Un homme désire-t-il entreprendre un voyage, veut-il recevoir des directions en cas de maladie, est-il tourmenté du désir de connaître la cause de la mort d'un des siens, tout de suite il va faire jeter le sort2. »
M. Junod a clairement exposé les principes et les règles de cet art divinatoire, qui permet de donner réponse aux questions les plus diverses, et qui lui paraît très séduisant. « Le devin, ou le consultant, prend ses 25 ou 30 osselets dans ses deux mains, les mélange bien, les frotte les uns contre les autres, et d'un geste brusque, les jette devant lui. Chacun d'eux possède sa signification fondamentale, mais suivant la manière en laquelle ils s'éparpillent sur le sol, cette signification se modifiera ou s'enrichira. Il faut en effet considérer : le coté sur lequel tombent les astragales, la direction vers laquelle ils regardent, puis la position qu'ils prennent les uns par rapport aux autres3. » On conçoit combien grand est le nombre des combinaisons possibles, lorsque l'on tient compte de tous ces éléments.
« En outre, si l'on n'obtient pas du premier coup la réponse cherchée, on recommence jusqu'à ce qu'elle vienne. Il peut y avoir une « correspondance » entre la façon dont les osselets tombent, et le cas qui a motivé la consultation. Par exemple, s'il s'agit d'une personne malade, l'astragale
1. H. A. Mèrensky. Erinnerungen ans dem Missionsleben in S. 0. Afrika, p. 42-3.