‹ La mentalité primitiveChapitre 130 sur 333 · lbd., p · texte numérisé non relu

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représentant cette personne est tombé dans la position négative. Alors, la « parole » s'est prononcée. Si Ton ne voit pas de correspondance du tout, on jette les osselets de nouveau une fois, deux fois, dix fois. S'ils ne veulent pas parler dans la cabane, le devin se transportera peut-être sur la place, ou dans la brousse, ou derrière la cabane, jusqu'à ce qu'une réponse claire soit donnée1. »

Cette insistance s'expliquerait mal, s'il n'y avait en jeu que le besoin de savoir ce qui arrivera. Mais les osselets ne révèlent pas que l'avenir. « C'est par le moyen des osselets que les Thonga croient connaître ce que leurs dieux pensent et veulent (dieux signifie ici : ancêtres). Il est de la dernière importance de savoir ce que les dieux pensent et font, attendu que l'existence même du village, du clan, et que la prospérité de chaque membre du clan dépend d'eux. Ils sont les maîtres de tout : de la terre, des champs, des arbres, de la pluie, des hommes, des enfants, même des baloyi (sorciers). Ils ont un empire absolu sur tous ces objets et toutes ces personnes. Les dieux peuvent rendre heureux, ils peuvent aussi rendre malheureux, et accumuler des calamités sans fin sur leurs descendants (ce dernier mot prouve bien qu'il s'agit des ancêtres) : sécheresse, maladie, stérilité, etc. ~. »

Dès lors le recours incessant aux osselets se comprend sans peine. La consultation équivaut à un songe où les ancêtres feraient connaître leurs sentiments et leur volonté. Ce procédé de divination est plus commode que les songes. On a toujours les osselets sous la main, et si l'on ne sait pas les interroger soi-même, on n'a pas à chercher bien loin un devin expérimenté pour le faire. Si donc une difficulté embarrasse l'indigène, il n'a pas besoin de dire,

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