‹ La mentalité primitiveChapitre 158 sur 333 · Missions évangéliques. LX1V, p. 179 (Louis Jalla · texte numérisé non relu

Missions évangéliques. LX1V, p. 179 (Louis Jalla

il est l'instrument. Miss Kingsley a clairement aperçu cette nécessité : « La loi, écrit-elle, veut que ces épreuves aient toujours lieu avant l'exécution. Il y a, impliqué là-dessous, un fait curieux, à savoir, que l'esprit de l'ordalie est considéré comme ayant le pouvoir de dompter et de détruire les mauvais esprits dressés par le sorcier à leur œuvre de mort. Des êtres humains peuvent, à eux seuls, mettre la main au collet du sorcier et le faire périr d'une façon exemplaire. Mais, pour se saisir de l'esprit qui habite le sorcier, un secours spirituel est nécessaire ; autrement, il prendrait le large, et continuerait ses méfaits après la mort de son maître1. »

Ce secours spirituel, c'est l'ordalie qui l'apporte. Elle possède une vertu mystique qui agit sur le principe malfaisant logé dans le sorcier, et qui le mettra hors d'état de nuire. M. Nassau, quia vécu fort longtemps dans la région du Congo étudiée par miss Kingsley, écrit de son côté : « La décoction même est supposée avoir presque la faculté de percevoir..., la faculté de poursuivre, dans les différents organes du corps, comme ferait un agent de police, l'esprit sorcier qui rôde là, à ce que l'on croit, de l'y découvrir et de le détruire2. » Déjà les missionnaires italiens du xviie siècle avaient remarqué que tout se passe comme si le poison était chargé d'une mission qu'on lui confie expressément. « Le prêtre commande à ce breuvage (comme s'il avait une autorité surhumaine), si l'accusé est homme de bien, de ne pas s'arrêter dans son estomac et d'en sortir tout de suite, sans lui faire aucun mal ; mais, s'il est coupable, de lui causer la mort qu'il mérite 3. »

La présence de ce principe malfaisant chez quelqu'un

i. Mary Kingsley. West African studies, p. 137.

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