‹ La mentalité primitiveChapitre 256 sur 333 · C. Goquilhat. Sur le Haut Congo, p · texte numérisé non relu

C. Goquilhat. Sur le Haut Congo, p

3. Dr Pechuël-Loesche. Die Loango-Expedition, III, 2, p. 58-59.

elle n'est appréciée qu'au bout d'un long temps. « Quand le chef1 Mosliesh désire envoyer ses ordres à des; sujets éloignés, il appelle un de ses messagers experts, et lui dit, jusqu'aux moindres détails, tout ce qu'il veut leur faire savoir. Celui-ci conserve admirablement bien dans, sa» mémoire toutes les paroles de son maître, et les répète exactement. L'expérience a prouvé que pour eux cette manière de communiquer réussit mieux que les lettres, parce que dans un écrit on résume un long discours en peu de mots, tandis que le Mossouto, pour bien comprendre ce qu'on veut lui dire, a besoin de l'entendre exposer longuement et avec détails *. »

Les observations qui précèdent sont presque toutes empruntées aux sociétés bantoues. Quelques exemples suffiront sans doute à faire voir que partout la mentalité primitive se représente la lecture et l'écriture à peu près comme en Afrique. Ainsi, en Australie occidentale, « je suis amené naturellement, dit l'évêque Salvado, à parler de l'espèce de vénération qu'ont les sauvages pour les livres et les papiers écrits qu'ils appellent papiers parlants. Ils leur attribuent un pouvoir magique, pour révéler les choses cachées, et ils en sont si persuadés que, lorsqu'ils veulent se justifier d'une chose qui leur est imputée, ils disent : « Voyez le livre ou le papier qui parle, et alors « vous saurez quia raison 2. »

Dans l'Australie du Nord, « les indigènes ont étendu le caractère sacré de leurs propres messagers à ceux qui portent les lettres des blancs. Une lettre est toujours portée dans un bâton fendu, et de façon que celui-ci soit vu sans peine ; ce bâton a la vertu d'un passeport inviolable. Ils considèrent une lettre comme un être mystérieux, qui

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