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En vertu d'une croyance analogue, « Fakee (un chef cafre) ne veut rien entendre quand on commence à parler d'apprcndreàlire à ses enfants. Il Lui est désagréable de'savoir qu'il est possible de figurer sur le papier le son de son nom. probablement sous l'influence d'une crainte superstitieuse qu'il ne soit ainsi en notre pouvoir de l'ensorceler 1 ». Chez les Bangala du Haut Congo : « Que de cris, de discussions pour le paiement ! J'avais au début pris note des noms des engagés. Ils ont été très étonnés de me les entendre répéter quelques heures plus tard. C'est la première fois qu'ils comprennent nettement le but de l'écriture, bien que je leur aie dit souvent : c'est le gardien des paroles. Ils continuent néanmoins à lui attribuer des vertus extraordinaires, telles que ma communication instantanée à des distances énormes avec N'sassi (capitaine Hanssens), et Boula Matari (Stanley), la production des étoffes, etc. "2. »
Même lorsque l'indigène semble avoir compris ce qu'est l'écriture, même quand il parvient à lire et à écrire, il ne perd jamais tout à fait le sentiment qu'il y a là une force mystique qui s'exerce. Le Dr Pechuël-Loesche en a fait la remarque au Loango. « Le respect subsiste, tandis que l'étonnement produit par ce prodige s'est affaibli, parce que quelques-uns sont arrivés à lire et à écrire... L'impression est comique, quand on voit le noir saupoudrer très sérieusement, avec du sable ou de la poussière, ce qu'il vient d'écrire au crayon. Mais ce n'est pas là seulement une imitation risible des blancs. Cela a un sens plus profond : la terre fortifie, sanctifie3. »
Quant à l'utilité positive de la lecture et de l'écriture,
1. A. Steedman. Wanderings and adventures in the interior of South Africa, II, p. 273.