J. Dawson. Australian Aborigines, p
qu'on ne se rendît à Tipping pour arrêter ce maléfice. J'envoyai donc des gens comme ils le désiraient. Le lendemain mes émissaires revinrent, en disant qu'ils n'avaient pas découvert de sorcellerie. On tomba d'accord qu'il avait dû y avoir une méprise, et alors le vieillard se rétablit1. »
Des faits analogues ont été souvent constatés dans les sociétés inférieures les plus éloignées les unes des autres. A Sumatra, un Battak (région du lac Toba), ne pouvant s'expliquer comment les blancs étaient capables de prédire les éclipses de soleil et de lune, s'avisa qu'elles leur étaient révélées dans des songes2. — En Nouvelle-Zélande, un missionnaire rapporte, en 1830, « qu'un homme et une femme viennent d'être massacrés, sous le prétexte qu'ils ont ensorcelé plusieurs personnes qui sont mortes dernièrement. Une autre femme a rêvé que telle avait été la cause de leur mort, et ce songe a été suffisant aux yeux d'un naturel » 3 . — En Afrique équatoriale, il arrive qu'un voyage fait en rêve compte pour un voyage réel. « Je retournai chez le chef, et je fus étonné de le trouver assis hors de sa case, vêtu à l'européenne. Il m'expliqua que la nuit précédente, il avait rêvé qu'il était en Portugal, en Angleterre et dans quelques autres pays. C'est pourquoi, en se levant, il avait mis des habits européens, et dit à ses sujets qu'il arrivait des pays de l'homme blanc. Tous ceux qui venaient le voir, jeunes et vieux, devaient lui serrer la main pour le féliciter de son heureux retour \ » Au Gabon, un homme contre qui une ordalie a décidé, et qui ne conçoit pas que le résultat de l'épreuve puisse être faux, admet qu'il a pu commettre l'acte en rêve . « J'ai entendu