‹ La mentalité primitiveChapitre 68 sur 333 · Tyler. Forty years among the Zulus, p · texte numérisé non relu

Tyler. Forty years among the Zulus, p

3. C. H. Callaway. The religions system of theAmazulu,\>. 164. Cf. p. 228.

qui menace sa vie par des maléfices1. «Le sorcier démasqué par le rêve est aussitôt mis à mort.

De nombreux passages de Gallaway, il ressort que ces songes, révélateurs d'un danger, proviennent des morts. « Si, dans votre sommeil, vous rêvez d'une bête qui vous poursuit et qui veut vous tuer, quand vous vous réveillez, vous êtes surpris et vous dites : « Comment se fait-il que « je rêve d'une bête féroce qui me poursuit ? » Et si le matin vous partez à la chasse... vous y allez sachant que vous êtes en danger, vous savez que l'itongo a mis la bête devant vos yeux afin que vous soyez averti que si vous ne prenez pas garde, vous mourrez. Si vous partez à la chasse, vous faites attention. Peut-être, vous n'y partirez pas2... » Et ailleurs, encore plus explicitement : « Les noirs affirment avec assurance que les amatongo (pluriel à'itongo) existent et les assistent. Car, quand ils disent que les amatongo les assistent, ils ne le disent pas d'après ce que les devins ont dit, mais sur le témoignage de leurs propres yeux. Par exemple, quand ils sont endormis, un homme qui est mort apparaît et parle à l'un d'eux . « Un tel, il serait bon que telle chose fût faite dans le « village » l'avertissant que quelque chose va arriver 3. »

Il va de soi que tous les rêves ne sont pas également faciles à interpréter, et aussi que les Cafres, comme tous les peuples qui règlent leurs actes sur leurs songes, ont été conduits à distinguer entre les bons et les mauvais rêves, entre ceux qui sont véridiques et ceux qui son^ mensongers. « Les gens disent que les rêves d'été sont vrais, mais ils ne disent pas qu'ils sont toujours vrais ; ils disent que les rêves d'été habituellement ne manquent pas le but. Mais ils disent que l'hiver est mauvais et pro-

1. D. Livingstone. Last Journals. I, p. £77. S". C. H. Callaway. Ibd., p. 228. sqq. à. lbd., p. 178-79.

duit des imaginations confuses, c'est-à-dire beaucoup de rêves inintelligibles...

« Un rêve que l'on dit envoyé par \'ito?igo est un rêve qui vient avec un message des morts, qui demandent pourquoi on ne fait pas telle ou telle chose. Par exemple, chez les noirs, si l'on a une récolte abondante, parfois le .chef du village s'entend dire en rêve : « Comment se « fait-il, quand on vous a donné tant de nourriture, que « vous ne remerciez pas ? » Et aussitôt éveillé, il sait fort bien à quelle nourriture le rêve fait allusion... Et il ordonne aussitôt à ses gens de faire de la bière, car il va offrir un sacrifice (aux ancêtres) l. » Voilà donc le type du rêve véridique : c'est une réclamation des morts, qui veulent être payés pour un service rendu. Leur mise en demeure paraît aussi naturelle que la forme sous laquelle elle est présentée. C'est un incident de la vie de tous les jours, comme le rappel d'une dette par un créancier. La seule différence est que le créancier se présente pendant le jour, et que Yitongo parle pendant la nuit, en son nom propre ou au nom des ancêtres, par le moyen du songe.

Souvent, quand tous les efforts des missionnaires pour décider un indigène à se convertir sont restés vains, un songe tout d'un coup l'y détermine, surtout si ce songe reparaît plusieurs fois. Par exemple, chez les Bassoutos : « Qu'est-ce donc qui joue le grand rôle dans la conversion du Mossouto ?... Le rôle prédominant appartient au rêve... Pour le décider, il faut quelque chose d'extraordinaire, une intervention divine (dans sa pensée) qui frappe son imagination... Si vous demandez à un païen qui a entendu l'Evangile, quand est-ce qu'Use convertira, il vous répondra le plus naturellement du monde : lorsque Dieu m'aura

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