‹ La mentalité primitiveChapitre 93 sur 333 · ACTIONS DE GRACES · texte numérisé non relu

ACTIONS DE GRACES

aperçu que les chasseurs allument un feu ; ce feu porte aux oiseaux et aux autres animaux leurs remercîments pour la faveur reçue1. » — « En tournant un coude du fleuve, nous nous arrêtâmes tout à coup. Les cinq canots de notre avant-garde avaient abordé au rivage. Sur une étroite bande de sable, une foule de guerriers très agités s'occupaient à allumer un feu et à élever des perches, dont ils enlevaient l'écorce de façon à former des copeaux tout le long de ces perches : un oiseau de bonne augure avait été vu à droite !... Le feu, courrier sûr pour porter aux oiseaux-présages omniscients les messages des hommes, annonça aux oiseaux qu'on leur était très reconnaissant de leur faveur2. » — « Ce matin-là nous vîmes sur une branche qui surplombait la rivière un bel oiseau, appelé burong papu par les indigènes... C'est un des oiseaux dont l'apparition est regardée comme un présage favorable par les Dayaks, surtout quand ils partent pour une expédition de chasse aux têtes. Mais il est toujours heureux de le rencontrer, et mes Dayaks me prièrent de leur permettre de s'arrêter quelque temps en signe de respect ; à quoi je consentis volontiers. Ils cessèrent de ramer et demeurèrent quelques minutes parfaitement immobiles, les rames en l'air ; ils reprirent ensuite joyeusement leur besogne 3. » Le Dr Neuwenhuis a eu l'occasion d'observer le même fait. « lis entendirent tout près de nous l'appel de Yisit, à droite. L'oiseau leur prédisait donc un heureux voyage. Il fallut que, pour se conformer à la coutume, Kwing Iran débarquât et fumât une cigarette \ » ( Le feu porte à l'oiseau les actions de grâces de l'indigène.)

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