C'est-à-dire de serre-joints
vant, par conséquent, exposés, dans des habitations mal closes, à toutes les variations atmosphériques, pour prévenir les accidents on recourait à une précaution ingénieuse. On prenait des bandes de peau de cheval, de bœuf ou d'âne, longuement macérée dans l'eau, et dont on avait
raclé les poils; on marouflait cette peau sur les panneaux préalablement enduits de la fameuse colle au fromage dont il a été déjà parlé, puis on pressait le tout et on laissait lentement sécher. Quand la peau était bien sèche, on appliquait au pinceau et en plusieurs couches un léger enduit de plâtre soigneusement tamisé, et sur cet enduit on exécutait la peinture.
A défaut de cuir on employait parfois de la toile de lin, et l'effet obtenu était presque le même, car cette super-
Fig. 79. — Détail de l'exécution et des pein- position d'une bande tures de l'armoire de Bayeux (siil- siècle). d>étoSe 0U de peau avait
à la fois pour but : 1° d'empêcher les ais de se coffiner ou de se disjoindre, et 2° de fournir une surface assez plane pour permettre de peindre dessus. Enfin quand les planches étaient bien sèches, l'enduit était directement appliqué sur le bois. C'est de cette dernière façon que furent exécutées les armoires deNoyon et de Bayeux, si justement célèbres
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Au xive siècle, on renonça à ces procédés quelque peu primitifs. Grâce à l'invention du rabot, on obtint des sur faces suffisamment lisses pour recevoir directement la couleur -r alors que la découverte de la peinture à l'huile permit de se passer de l'enduit de plâtre auquel on était précédemment obligé de recourir. Car — il ne faut pas l'oublier — les meubles et les lambris continuèrent, jusqu'au milieu du xvie siècle, de recevoir des applications de couleurs. Le fait est attesté par un grand nombre de Comptes relatifs à des travaux de ce genre, depuis le ver sèment de huit livres, effectué en 1397 au célèbre Colart de Laon, « paintre demourant à Paris, pour avoir paint unes aulmoires par dedens et dehors, où la royne met ses reliquaires1 », jusqu'aux payements faits, par ordre de François Ier, à Barthélémy da Miniato, à Germain Musnier, à Baptiste Baigne-Caval et autres peintres renommés, pour avoir décoré de scènes de mythologie les volets des armoires qui ornaient son cabinet de Fontainebleau2.
Tout le monde sait à quelle époque la peinture à l'huile devint d'un emploi courant. L'invention du rabot, qui allait rendre à l'art du bois des services si précieux, remonte