‹ La mer élégante: poésiesChapitre 5 sur 7 · Epilogue · texte numérisé non relu

Epilogue

Me voilà de retour ! Oh ! comme je m'ennuie En songeant dans ma chambre à mes rêves finis ; Le vent d'automne gronde au dehors , et la pluie Coule comme des pleurs sur mes carreaux ternis.

La vigne qui formait un cadre à ma croisée Voit jaunir et tomber ses feuilles dans la cour, Et mon âme , comme elle engourdie et brisée , Voit s'effeuiller aussi ses beaux songes d'amour.

no La Mer élégante.

Les toits rouges au loin sur une mer de brume Détachent leurs îlots dans le brouillard frileux , Et moi je me souviens , le cœur plein d'amertume , Du temps où je voyais le ciel dans ses yeux bleus.

Je me rappelle tout : les belles jeunes filles Qui dansaient au Kursaal dans leurs robes d'été, Les barques qui formaient de joyeuses flottilles, Et les coins de la dune où nous avons été ;

Les enfants qui faisaient des forts à coups de pelle , Les ânes qui trottaient sur le sable mouvant , La messe, le dimanche, à la vieille chapelle, Et la mer se pâmant sous les baisers du vent !

Tout cela reparait dans mon esprit morose :

Ainsi le lendemain d'un soir de carnaval On croit revoir passer tout un cortège rose De masques s'enlaçant pour le galop final.

Sans doute qu'aujourd'hui la digue est morne et vide ; Car le sqleil n'a plus que de pâles reflets ; Comme des écheveaux emmêlés qu'on dévide Les pêcheurs sur leur barque étendent leurs filets ! . .

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