SHELLEY
Le plus pressé, maintenant, est de pourvoir à la sureté du navire; léquipage s'occupe donc à enlever une grande quantité de débris flottant à Pintérieur de la ligne des focbergs, pour conduire PAlerte un peu plus en avant et la mieux garantir des assauts de la banquise, L'œuvre n'est pas facile, car le vent souffle avec une violence terrifiante et Ta température descend déjà à plus de si degrés au-dessous de zéro.
La besogne n'était pas encore terminée qu'un gra furieux frappait le navire ; les càbles qui le retenaien provisoirement cédèrent aussitôt et nous fûmes repousse en dehors de notre port de refuge; on allume précipr Llamment les fourneaux; on jette une ancre qui, par bon heur, résiste; Les bourrasques se succèdent avec une ras toujours croissante, mais le vent souffle de terre et le foebergs nous protègent quelque peu: le pack, pous
ROME ne 5 <
LA PLAGE DES FLOEBERGS. 107 par les rafales, fait mine de s'ébranter : peut-être va-t-il nous livrer un passage vers le nord!
Soudain, et sans Île moindre avertissement, le vent saute dans Ta direction opposée : toute la force de Ta banquise dérive maintenant vers la terre. Le danger est inminent; pris entre la glace qui se referme de tous cotes et les floebergs échoués, nous allons être anéantis ! Échapper vers le sud est impossible : le pack heurte contre le cap Union; s'ouvrir à la vapeur une voie dans ces glaces formidables, ce serait folie de Le tenter, Notre seule chance de salut est de haler de nouveau le navire en dedans de Ta ligne des floebergs qui, Dieu aidant, sufhront à nous abriter, [n'y a pas une seconde à perdre, mais nous pouvons compter sur nos hommes :1ls répondent à notre appel par d'énergiques efforts et rêussissent à ramener le navire derriere les murs de notre ciladelle, A peine FAlerte rentrait-elle dans son lieu de refuge, que toutes côté du pack frappait contre Les bergs et, les brovant avec furie, nous montrait quel sort terrible avait failli être Le nôtre,
de ne erois pas qu'il soit possible d'imaginer pour un hivernage une position plus fâcheuse que celle où nous nous trouvons : une côte exposée, qui ne nous offre pas Li protection du moindre petit havre, le navire placé à cent mètres tout au plus dune plage basse et ondulée sur Hiquelle, si quelque pression de Hr banquise vient détruire notre rempart de bergs, il se brisera misérablement, nous laissant en proie aux rigueurs de Fhiver polaire... et cependant, malgré fous ces décomptes, la nonelle que Le commandant ne cherchera pas d'autres quartiers est accueillie avec plaisir et relève sensiblement les esprits. Cette grave détermination, Le capitaine ne Et prenait qu'après avoir surveillé attentivement Les claces, et reconnu qu'il était impossible d'aller plus loin.
L'hiver arrivait sur nous à pas de géant, impatient de nous saisir de son étreinte, Quarante-huit heures suffirent pour nous permettre de gagner le rivage, 4 pieil sur la glace qui se formait rapidement autour de nous. La baisse incessante et graduelle du thermomètre indie quait, du reste, que a saison navigable étut tout à fait terminée,
Voici done notre bon navire exposé sans défense à fa fureur des rafales et scellé dans un océan de glace; près de luterre, ilest vrai, mais assiégé par la banquise et son chaos de floes.
La rive a déjà pris aspect morne de Phiver; PA lerte revêt à son tour Puniforme Hinceul et se couvre de neige et de givre: chaque cordage, chaque espar, double de diamètre sous laceumulation des blanches broderies du “el. Le paysage est blafard, Tugubre, sans voix; nul oiseau, nul être vivant, ne vient animer notre solitude : cest le calme du tombeau, calme que jusqu'iet m'avait jamais troublé 1 présence de Fhommie.
€ On n'entend aueun bruit, aveun de ces cris du populaire qui ébranlent ailleurs les remparts des villes, Loin de tout ennemi, là paix indifférente S'endort, en eloppée dans le silence éternel. »
La nuit, à laquelle depuis longtemps nous étions étrangers, S'approchait peu à peu, étendant sur nous sa grande ombre, de jour en jour plus obscures le 3 septembre, le soleil disparut à minuit; à partir de ce moment, les heures de elarté diminuèrent, et bientôt on revit les étoiles.
Une hauteur avoisinante nous permit de nous rendre un compte exact de la position : la côte continuait vers le N. O. en formant une succession de vastes baies terminées par un promontoire abrupl situé à soixante-quinze kilomètres plus loin etque nous appelons Joseph Henry,
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afin d'assimiler Le plus possible les points saillants du rivage à ceux de Hrecarte américaine, Au del de ce cap tout devient conjecture. Cette pointe peut être Pextrémité sud de quelque golfe ou inlet, tout comme lPendroit où la terre s'arrête; au nord, on n'aperçoit que le pack et ses glaces tourmentées, Cette barrière majestueuse et compacte, assise dans sa force, semble mettre au défi Les lüibles efforts de Fhomme et nous dire: €Tu viendras jusqu'ici et tu miras pas plus loin! Nos cœurs 'élévent en haut pour remercier Celui qui, nous protégeant contre nt de périls, nous permet de franchir les abords de cette région Inconnue.
Une longue chaine de hautes collines S'étendait vers l'ouest, tandis que du eté opposé du détroit, on voyait à peine s'estomper le rivage de li © Terre Verte », dont le point Le plus septentrional paraissait au NN, œrait.
La position du point extrême nord de chaque côté du détroit ne put ètre déterminée; impossible de dire Lequel des deux atteignait la plus haute latitude ; cette question iportante fut définitivement tranchée après notre retour des campagnes de Pautomne : la côte occidentale, e’està-dire Le nord de la Terre de Grinnell, est décidément la plus rapprochée du pôle.
Notre navire était done condamné au repos pour huit ou dix mois au moins, mais il ne faudrait pas en conclure que ses occupants vissent s'ouvrir devant eux une seniblable période de chômage. Bien au contraire, la besogne sérieuse allait commencer, besogne dont nous avions tous à prendre notre part à un degré quelconque, et qui, depuis longtemps, était le thème de nos pensées Les plus absorbintes,
|. Tous nos relèvements au compas ont rapport aux points cardi- Laux vrais, sauf imention spéciale pour l'orientation magnétique.
Toutefois, avant de se résoudre définitivement à hi verner à Æloeberg Beach Aa Plage des flocberges), le eue pitaine Nares voulait essaver d'une dernière tentative: quelqu'une des nombreuses baies qui S'ouvraientan NX, 0, ne nous offrirait-elle pas un asile moins aléatoire ?
Le 5, au matin, le Heutenant Adrich et moi, avec deux fraineaux attelés de Ruit chiens, conduits Pun par le Danois Petersen, Pautre par Frédérie PEsquimau, nous quittons le navire pour étudier les côtes; notre route en longe Fa base ef de temps en temps nous prenons avanage de Lx banquette; mais celle-ci m'est pas continue et nous sommes forcés de nous lancer parfois sur Euterre mamelonnée, profondément ensevelie sous son mantea de neige, où 1 faut gravir des collines de soixante à quatre-vingts mètres de hauteur. Nous suivons en moyenne la direction NX. 03 la ligne des côtes forme une suite d'indentations dont quelques-unes sont assez spacienses: elles ne sauraient être pour nous d'aucune utilité, car une chaine de grands hummocks en barre invariablement l'entrée; du reste, Peau, déjà prise fort et ferme, ne permettrait pas à PAlerte de Sv introduire,
Quelle sensation nouvelle que de <e savoir emportés sur de légers traineaux dans une région absolument inconnue, désert de neige, terre sauvage et stérile ULes longues ondulations du Sol s'étagent au loin dans Pintérieur, pour se perdre parmi des montagnes en cône, hautes de cinq à six cents mètres, et qui sont le trait caractéristique des paysages de cette latitude. A midi, nous faisons une courte halte pour notre collation, Pappétut doublement aiguisé par un air froid et piquant à douze degrés au-dessous de zéro, mais auquel nous n'avions pas encore prété là moindre attention, tant nous réchauffait notre ardeur à sauter du traineau sur la noise où de lai neige sur le traineau, ef à secourir les
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chiens embarrassés par les difficultés de la route, Retirant innocemment nos gants, nous attaquons avec Vigueur le bœuf d'Australie qui forme notre viatique, mais le premier contact de nos doigts avec le manche des coutaux nous avertit bientôt de cette folie, et nous force à reprendre les mitaines. Hélas ! celles-ci sont maintenant dureies par le froid, et nous avons grand'peine à y introduire nos mains, Petersen, à qui notre expérience ne profile pas, ôte aussi les siennes pour boire son rhum sucré de neige dans sa tasse de fer battu: il contracte sur-le-champ une € froidure » assez grave, Désormais, avant de porter le verre à nos Iévres, nous aurons soin de le frotter pour le dégeler quelque peu.
Ces petites infortunes, inséparables de tout début, nous amusent encore; mais Il faut y avoir passé pour Les apprécier à leur juste valeur,
Les chiens esquimaux différent étrangement de leurs rères plus civilisés, Lorsque chez nous, dans une partie de chasse, on fait halte pour diner sur le pouce, toute
“la gent canine de l'expédition se rassemble et vous inportune pour les reliefs du festin, qu'une fois obtenus, elle dévore avidement., Ma Nellie, par exemple, nest satisfaite que lorsqu'elle à ingurgité une part très notable de tout repas impromptu. Nos groënlandais ont des manières plus convenables, Dès que s'arrête le traimean, is se couchent pour dormir et ne se meuvent guère autrement que par ordre. Si on leur jette quelque débris de pemmican, ils condescendent à l'avaier; sur Je biscuit, ils lèvent le nez d'un air de mépris. Et cependant ils sont extrêmement voraces et toujours affamés, Rien de ce qui ressemble à la chair fraiche, à la graisse, à la peau, n’est en sûreté contre leur dent acérée : les lanières qu'on emploie pour relier ensemble les parties du traineau tomberont sous leurs crocs si on n’a la pré-
caution de tout enduire de goudron, Mais a viande cuite ne leur plait guère et ils la regardent manger en paix.
La collation achevée, nous repartons à fond de train: ce court repos à donné à li meute une vigueur nouvelle: mais voici qu'elle nous amène à lorée d'un profond ravi que nous apercevons juste au momentouù fes chiens nou y précipitent, On saute du traineau, on S'y cramponne de toutes ses forces, on réussit à Parrèter sur le bord même de lPabime. Revenant en arrière, nous quittons le | hautes terres pour longer Les côtes jusqu'à ce qu'un À canal encore Hbre qui fait communiquer deux large! baies mette un terme à notre ardeur; la forme de cette | pièce d'eau fur vaut Le nom de Dumb-bell (Haltéres, Onze canards eiders y nageaient paisiblement et parais saient aussi surpris de nous voir,que nous étions heuren de rêver un pareil souper pour notre retour au navire, Nous n'avions d'autre arme qu'une curabine avec doux pelites cartouches, mais les oiseaux semblaient si pei disposés à fuir que nous en tuñmes cinq avant que reste prit la volée: à notre grande déconvenue, il nou fut impossible de nous emparer des victimes, tombées juste au delà de notre portée: vrai supplice de Tantale, car Pappat d’un si délicieux rôti ne réussit à attiru aucun de nous dans Peau presque gelée, Nous partine à regret, mais sans dire un adieu définitif à notre gibier. la semaine suivante, on parvint à lextraire du lac, cetl fois recouvert de glace. Nous ne vimes pas d'autre créatures vivantes, mais des traces de ptarmigans tt lenmimings nous donnèrent de hautes espérances po: l'avenir.
Cà et là quelques graminées et des touffes de saxifrage, perçaient là neige, mais celle-ci formait sur le sol un couche déjà si épaisse, qu'on ne pouvait préjuger en rit
de la végétation du pays.
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Canard Eider.
Par suite de notre rapport, il fut décidé qu'on s'en tiendrait à la «Plage des floebergs » et nous procédèmes immédiatement aux travaux nécessaires pour mettre l'Alerte en süreté, et utiliser les dernières lueurs de l'automne à l'exploration des régions septentrionales,
Mais les parages où nous allions passer l'hiver nous intéressaient par-dessus tout, et nombreuses furent les discussions sur l'étendue et le caractère du sol, la possibilité d'obtenir du gibier étant de première importance pour des gens destinés à passer tant de mois dans ces solitudes glacées, Hélas Unos espérances, bien modestes pourtant, se trouvèrent encore trop ambitieuses ! pendant les deux üers de lPannée, l'absence complète de vie animale devait être en parfaite harmonie avec l'aspect morne et désolé du paysage.
Le 9, Aldrich et deux ou trois de nos camarades partent avec les traineaux pour battre le pays à la recherche de toute proie, plume ou poil, susceptible de garnir le bullet, Le TT, je quitte moi-même le navire avec Parr, Egerton et dix-huit hommes, afin de transporter sur la route du nord deux bateaux qui nous seront peut-être utiles pour les opérations subséquentes.
Le 15, à notre voyage de retour, une tempête violente brisa les glaces de la côte et nous força de cheminer sur les collines qu'elle venait de dépouiller de leurs neiges. Le labeur écrasant que nous imposa cette manœuvre, ceux-là seuls le comprennent qui ont eu à tirer un traineau sur un sentier hérissé de pierres aiguës. Nous descendimes ensuite sur une baie nouvellement prise, tou, pour la collation, nous fimes halte à Fabri d'un huminock gigantesque, lieu des plus mal choisis, dont nous faillimes ne pas sortir, Je pensais à toute autre chose qu'à la glace, quand les crépitements de celle-ci attirérent notre attention : elle se fendait déjà. Nous
détalämes à grand'hte, et posions à peine le pied sui la terre ferme que les débris de netre radeau dérivaient sur l'Océan, Quelques secondes de retard, ef un miracle seul aurait pu nous sauver.
Les rafales soulevaient autour de nous une grèle de gravois et de Hamelles de <chiste qui nous bles saient douloureusement au visage; 10 fallut marcher pourtant: nulle part ne S'offrait le moindre aceident de terrain sur lequel il fut possible d'appuyer notre tente, Quant à bivouaquer en rase campagne, tout essar de ce genre dut être abandonné.
Un de nos hommes, absolument exténué de fatigue, fut couché sur le véhicule, Le poids à tirer S'augmentul, tandis que diminuait Feffectif de nos forces. Mais Findomptable énergie du matelot anglais surmonte bien des obstacles, et après une terrible marche de dix-huit heu- 8 res, toujours vent debout et sous une tempête acharnée, nous arrivons à PAlerte, Jamais but ne fut atteint avec plus de satisfaction que cette nuit notre foyer polaire, | par les pauvres hommes de € trail» éreintés, presque aveugles! Ces premiers exercices d'entrainement, ur Ë peu trop pénibles, je Favoue, avaient épuisé nos forces et quelques-uns de nous durent passer par les mains dé docteur, |
Le peu de marins restés à la garde du navire avaienths eu leur part de tribulations et d'anxiétés, La violence do l'ouragan fendit et ballotta, puis fit entiérement dispa- À raitre la plaque cristalline qui recouvrait déjà les ein à de notre mouillage, et sans Les flocbergs échoués qu'il résistèrent bravement, Ha glace € aux côtes épaisses ‘ comme dit un vieux navigate ur, aurait mis à mal notre À à bon petit navire,
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La glace se fend.
LA PLAGE DES FLOEBERGS. 115 duisaient parfois entre nos sentinelles et dérivaient près de l'ancrage ; 1 fallait les capturer aussitôt et les pousser dans quelque coin où il leur füt impossible de bouger : leurs promenades en avantou en arrière aux heures de
la marée auraient pu briser la jeune glace où même l'empêcher de se former, Rien de plus lugubre que les erincements de Fa banquise, lorsque pendant le flot elle entrait en branle sar le détroit; rien de plus saisissant que les combats de ces champs, heurtant Fun contre l'autre, pulvérisant leurs abords où emportant dans la lutte des pans énormes de leurs ouvrages avancés, Au milieu de ces merveilles de lextréme nord, ces scènes grandioses venaient continuellement nous rappeler au sentiment de notre faiblesse et de notre impuissance.
Le lendemain de mon retour à bord, le vent S'apaisa etun large chenal S'ouvrit entre ltterre et la banquise ; le capitaine Nares se résolut à une dernière tentative pour placer son navire dans une baie située immédiatement au delà, Nous espérions que les bourrasques incessantes avaient brisé les glaces de Pentrée, |
Les mécaniciens préparent Ta vapeur; on remet le souvernail en places mais par une circonstance qui nous parut inexplicable, nous ne pümes réussir à descendre le moveu de Phélice jusqu'au fond de son puits. Le départ fut nécessairement contremandé; du reste, la tempête Lrecommençait à souffler avec plus de violence que jamais. Le lendemain, une accalmie nous permet de reprendre, avec le mème succès que la veille, nos essais de rajuslige du moteur; puis le vent saute dans une autre direclou et nous avons la douleur de voir le pack rétrécir hu à pou notre allée, la fermer tout à fait et s'accumu- “ler contre la côte où, pendant tout l'hiver. il devait resler stationnaire, Nous étions décidément en prison. Certes, fort heureux fûümes-nous que lhélice s'opposät
à notre changement de logis, Une étude subséquente de la côte prouva trop clairement que la glace n'avait pu se rompre par le travers d'aucune des baies où nous eussions voulu entrer; il aurait fallu mouiller près d'une plage non moins exposée que la nôtre et sans doute privée du rempart des floebergs. Le pack nous eût entrainés dans son mouvement vers la terre; mieux vaut ne pas s'arrèter sur ce qu'il en fût résulté pour le navire! Nous comprimes plus tard la raison de notre insuecés au sujet de Phélice : à mesure qu'on la replongeait dans l'eau, la glace se reformait si vite dans le puits que le moyeu ne pouvait plus jouer.
Pour le moment, il ne reste plus qu'à amarrer l'Alerti À aux floebergs d'un côté, de Fautre à La terre où non crochons aussi nos ancres, et à attendre que Fhiver vienne M parfaire son berceau de cristal, Les voyages de l'automne vont bientôt commencer, eil ny a pas de temps à perdre pour mettre la dernière main aux préparatifs. On livre les vêtements de route, on inspecte Les tentes, on | organise les véhicules,
Le 22, Aldrich et trois hommes, avec deux traineanxs à chiens, partent en éclaireurs pour se rendre, si pos sible, au cap Joseph Henry. Le Heutenant v élèvera un cairn où il déposera des notes concernant son voyageh notes qui seront utiles au gros de la troupe qui doit le suivre de Cie À
Le 25, la glace qui s'est reformée autour du navire e déjà assez forte pour porter des poids considérables, Li jour du départ est venu pour les différentes équipes trois traineaux à huit! que le capitaine à placés «18 ma direction. Le Marco Polo est sous mes ordres pr sonnels; Parr commande le Victoria; May, l'Herculk
1, C'est-à-dire attelés de huit hommes de « trait »
Mes instructions portent que, longeant la côte autant que faire se pourra, nous aurons à marcher vers le nord, pour, au point extrême que nous réussirons à gagner, établir un dépôt de provisions en vue des campagnes du printemps. Les vivres sont pesés et emballés avee le plus grand soin, Au début, chaque homme aura à tirer une moyenne de quatre-vingt-dix kilogrammes, qui diminuera environ d'un kilogramme et demi par jour. Le peu d'expérience acquise pendant nos excursionsdes semaines précédentesnous estdéjà d'un grand secours, Ceux qui y ont passé sont considérés comme des €vétérans » par les conscrits non encore initiés à ces mystères, Nous partons avec entrain, presque avec enthousiasme; tous animés d'un méme désir, tous décidés à faire ce qui sera individuellement possible pour l'honneur de notre entreprise.
Mais les exploits de nos Ctireurs » méritent un chapitre à part. Je n'ai pas besoin d'expliquer pourquoi je ne n'étendrai pas longuement sur le voyage d'Aldrich et des autres officiers : l'histoire d’un traineau sera celle de tous, et je décrirai plus fidèlement les travaux dont Jai pris ma part.
Voici, du reste, le tableau des véhicules employés pendant Pautomne, lénumération de leurs pavillons et de leurs effectifs, et la mention des services rendus par chacun d'entre eux :