MILTON
Le soleil, je l’ai déjà dit, avait disparu le 11 octobre, l nuit nous envahissait graduellement; le 21 décembre, elle atteignit sa plus grande intensité; un «premier Londres » du Times nous servit à la mesurer : le 6 novembre, à midi, en plein air, les meilleurs veux de lassstance le lurent encore et avec beaucoup de peine; plus tard, cela devint impossible, Pendant une quinzaine de jours avant et après le 21 décembre, il fallait que le del fût absolument serein pour qu'on püt percevoir la moindre différence entre midi et minuit. En dehors de cette période, une faible lueur paraissant vers le sud au milieu de la journée nous rappelait parfois la présence
du soleil au-dessous de l'horizon.
Le 21 octobre, nous n’eûmes garde d'oublier l’anni-
versaire du combat de Trafalgar, Nelson, le glorien marin, avait été un de nos précurseurs dans les régions
polaires, Le commissariat servit un diner superfin, et, comme le réclamait la circonstance, un extra verre de porto nous fut versé au dessert. Deux superbes menus étaient placés sur la table : le premier, orné d'un €pourtraict » du navire dans ses langes de Phiver: l’autre représentait la lutte des flottes anglaise et française ; au-dessous de chaque dessin on pouvait lire le mots légendaires : « L’Angleterre attend qu'aujourd'hui chacun fasse son devoir! » Et certes, notre appétit, excité par ces préparatifs splendides autant qu'aiguillonne par le froid, devait répondre vaillamment à Pappel!
Le 5 novembre !est encore une de ces dates qu'on ni laisse point inaperçues. Le soir, effigie de Guy Fawkes, düument bourrée de pétards et placée sur un baril barbouillé de goudron, est promenée solennellement sur le pont extérieur, suivie des tambours et des fifres, jouit la Marche de la Canaille : on la charge sur un traineau pour la hisser ensuite sur la pointe d'un hummock vor sin, où elle est brülée en présence de léquipage. L'or chestre donne de toutes ses forces, jusqu'à ce que x lèvres et les doigts des artistes frisent de trop prèsh Qgelure ». La scène est singulièrement étrange! Li nures silhouettes de nos hommes, vêtus de peaux t phoques, sautent et dansent autour du mannequin enbrasé; la flamme brillante crépite sur le sommet tk l'énorme masse d’albâtre ; à l'arrière-plan se profilent et vigueur les mâts et les voiles du navire, avec leurs rev tements de neige, les moindres détails du gréement at eusés par la lueur du € feu de joie ». Un superbe ball confectionné par Moss avec des bandes de papier de cor: