‹ La mer J. MicheletChapitre 48 sur 48 · LA RENAISSANCE DU CŒUR, ETC · texte numérisé non relu

LA RENAISSANCE DU CŒUR, ETC

constances qui trancheraient le nœud du monde.

Telle était ma rêverie sur ce petit quai d’Étretat dans le sombre été de 1860, où la pluie tombait à flots, pendant que le dur cabestan grinçait, que la corde criait, que la barque montait lentement.

Elle traîne aussi, celle du siècle, et elle a peine à monter. Il y a lenteur, il y a fatigue, comme en 1730. Il serait bon qu’on aidât et qu’on se mît à la barre. Mais plusieurs perdent le temps, jouent aux coquilles, aux cailloux.

On dit que Scipion, le vainqueur de Carthage, et Térence, captif échappé de ce naufrage d’un monde, ramassaient des coquilles au bord de la mer, bons amis dans l’indifférence et dans l’abandon du passé. Ils y goûtaient ce bonheur d’oublier, d’effacer la vie, de redevenir enfants. Rome ingrate, Carthage détruite, leurs deux patries, leur pesaient peu, ne laissant guère trace à leur âme, pas plus que la ride du flot.

Nous, ce n’esl pas là notre vœu. Nous ne voulons pas être enfants. Nous ne voulons pas oublier, mais, de persévérante ardeur, aider la manœuvre pénible de ce grand siècle fatigué. Nous voulons remonter la barque, et pousser de nos fortes mains au cabestan de l’avenir.

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Pendant que j’achevais ce livre, en décembre 1860,1a ressuscitée, l’Italie, notre glorieuse mère à tous, m’envoie de belles étrenues. Une nouvelle, une brochure, m’arrivent de Florence.

C’est un pays d’où il nous.vient souvent de grandes nouvelles : en 1300, celle de Dante; en 1500, celle d'Araerigo; en 1600, Galilée. Quelle sera donc aujourd’hui la nouvelle de Florence?

Oh ! bien petite en apparence I Mais qui sait? immense par les résultats ! C’est un discours de quelques pages, un opuscule médical; le litre n’a rien qui attire; il éloignerait plutôt. Et pourtant il y a là un germe de conséquence incalculable, et qui peut changer le monde.

410 VITA JlUOVA DES NATIONS.

En regard du litre, je vois le portrait de deux enfants, l’un mort et l’autre mourant aux hôpitaux de Florence. L’auteur est le médecin, qui (chose rare) avait tellement pris à cœur ses petits malades, pauvres enfants inconnus, qu’il a voulu écrire sa douleur et ses regrets.

Le premier, de sept ou huit ans, de fine et austère noblesse, dans l’amertume, ce semble, d’un grand destin inachevé, a sur l’oreiller une fleur. Sa mère, trop pauvre pour lui donner autre chose, lui en apportait en venant le voir; il les gardait avec tant de soin, tant de religion, qu’on lui a laissé celle-ci.

L’autre, plus petit, dans la grâce attendrissante de son âge de quatre ou cinq ans, visiblement va mourir; ses yeux flottent dans le dernier rêve. Ces enfants avaient témoigné de la sympathie l’un pour l’autre. Sans pouvoir parler, ils aimaient à se voir, h se regarder, et le compatissant médecin les avait fait placer en face l’un de l’autre. Il les a rapprochés dans la gravure comme ils l’ont été en mourant.

C’est une chose tout italienne. On se garderait bien ailleurs de se montrer faible et tendre; on craindrait le ridicule. En Italie, point. Le docteur écrit devant le public tout comme s’il était seul. Il s’épanche sans réserve avec une abondance, une sensibilité féminine, qui fait sou-

rire et pleurer. Il faut avouer aussi que la langue y fait beaucoup, langue charmante de femmes et d’enfants, si tendre, et pourtant brillante, jolie dans la douleur même. C’est une pluie de larmes et de fleurs.

Puis il s'arrête et s’excuse. S’il a parlé ainsi, ce n’est pas sans cause. « C’est que ces enfants ne seraient pas morls si on avait pu les envoyer à la mer. » Conclusion : il faudrait établir à la côte un hospice d’enfants.

Voilà un homme bien habile. Il a pris le cœur. Tout suivra. Les hommes sont attentifs, touchés, les dames en pleurs. Elles prient, elles veulent, elles exigent. On ne peut rien leur refuser. Sans attendre le gouvernement, une libre société fonde sur-le-champ les Bains d’enfants à Viareggio.

On connaît cette belle route, ce demi-cercle enchanteur que fait la Méditerranée quand on a quitté l’âpreté de Gênes, qu’on a dépassé la rade magnifique de la Spezzia, et qu’on s’enfonce sous les oliviers virgiliens de la Toscane. A mi-chemin de Livourne, une côte conquise sur la mer offre le petit port solitaire que consacre désormais la charmante fondation.

Florence a eu l’initiative de la charité sur toute l’Europe, des hospices avant l’an 1000. En F287,

412 VITA NOOVA DES NATIORS.

quand la divine Béatrix inspira Dante, son père fonda celui de S. Maria Nuova. Luther, dans son voyage, peu favorable à l’Ilalie, n’admire pas moins ses hôpitaux, les belles dames italiennes qui,*voilées, sans gloriole, allaient y servir les malades.

La nouvelle fondation sera pour l’Europe un modèle. Nous devons cela aux enfants. La vie d’enfer que nous menons, celte vie de travail terrible et d’excès plus meurtriers, c’est sur eux qu’elle retombe.

On ne peut se dissimuler la profonde altération dont sont visiblement atteintes nos races de l’Occident. Les causes en sont nombreuses. La plus frappante, c’est l’immensité, la rapidité croissante de notre travail. Elle est forcée pour la plupart, imposée par le métier. Mais ceux même à qui le métier ne commande pas ne se précipitent pas moins. Je ne sais quelle ardeur d’aller de plus en plus vite est maintenant dans le tempéramqpt, l’humeur, l’âcrelé du sang. Tous les siècles furent paresseux, stériles, si on les compare. Nos résultats sont immenses. Nous versons de notre cerveau un

merveilleux fleuve de sciences, d’arts, d’inventions, d’idées, de produits, dont nous inondons le globe, le présent, même l’avenir. Mais à quel prix tout cela? Au prix d’une effusion épouvantable de force, d’une dépense cérébrale qui d’autant énerve la génération. Nos œuvres sont prodigieuses et nos enfants misérables.

Notez que ce grand effort, celte excessive production, c’est le fait d’un petit nombre. L’Amérique fait peu, l’Asie rien. Et dans l’Europe elle- * môme .tout se fait par quelques millions d’hommes de l’extrême Occident. Les autres rient de les voir s’user et croient les remplacer. Pauvres barbares, pensez-vous donc que tel Russe ou tel pionnier des États-Unis de l’Ouest sera demain un artiste, un mécanicien d’Angleterre ou un opticien de Paris? Nous sommes tels par l’aflinement et l’éducation des siècles. Une longue tradition est en nous. Qu’adviendra-t-il si nous mourons? Nul n’est prêt pour nous succéder.

Ce travail exterminateur, ce suicide de fécondité, s’il nous plaît de l’accepter pour l’intérêt du genre humain, nous ne pouvons en conscience vouloir y perdre nos enfants et les enterrer avec nous.

Et c’est pourtant ce qui arrive. Us naissent tout préparés; ils ont nos arts dans le sang, mais aussi notre fatigue. D’effrayante précocité, ils savent, ils

peuvent, ils feraient. Mais ils ne font rien; ils meurent.

L’enfance de l’homme, comme celle des plantes et de toute chose, a besoin de repos, d’air, de douce liberté. Ici tout lui est contraire, nos mérites autant que nos vices. Tout semblerait combiné pour étouffer les enfants. Les aimons-nous? Oui, sans doute. Et cependant nous les tuons. Une société si agitée, si violente, c’est (qu’elle le sache ou non) une vraie guerre à l’enfance.

Il est des moments surtout dans son développement, des crises où elle tient à un fit. La vie a l’air d’hésiter, de se demander : « Durerai-je? » A ces moments décisifs, notre contact, le séjour des villes et la vie des foules, pour ces créatures chancelantes, c’est la mort. Ou (pis encore) c’est l’entrée d’une longue carrière de maladies. Un misérable commence qui, tombant, se relevant, retombant, les trois quarts du temps se traînera à la charge de la charité publique.

Il faut couper court à cela. Il faut prévoir. Il faut tirer l’enfant de ce milieu funeste, l’ôter à l’homme, le donner à la Nature, lui faire aspirer la vie dans les souffles de la mer. L’enfant malade y guérirait. L’enfant trouvé y grandirait. Affermi, fortifié, plus i’un y prendrait une vocation maritime ; au lieu

d’un ouvrier débile, d’un habitué d’hôpital, l’État aurait un robuste et hardi marin.

Du reste, pourquoi l’État? Florence nous a prouvé que cœur royal vaut royauté. La femme est une royauté. Il lui appartient d’ordonner.

Si j’étais une belle jeune dame, je sais bien ce que je ferais. J’aurais ma magnificence, mon luxe, et je dirais un jour, dans ces moments où l’amour atteste, proteste, jure, éprouve le besoin de donner, je dirais : « Je vous prends au mol. Mais ne croyez pas m’amuser avec les présents ordinaires. Je hais vos gros cachemires d’aujourd’hui qu’on fait dans l’Inde sur les dessins de Londres. Je fais peu de cas des diamants. Les diamants vont courir les rues. W. Berlhelot, qui refait la nature en partie double, qui crée tant de choses vivantes, bien plus aisément encore va nous prodiguer les diamants.

« J’aime le solide. Je veux une bonne maison à la côte, un peu abritée et bien soleillée, pour loger cinquante enfants. Il n’y faut pas grand mobilier. Une fois établis là, ils ne mourront pas de faim. 11 n’y aura pas une dame allant à la mer qui n’y aide avec grande joie. Si les Béatrix de Florenee ont fondé de telles maisons, pourquoi pas celles de France? Est-ce que nous sommes moins belles, et vous autres moins amoureux ?

« Si la mer m’a embellie, comme vous me le dites du matin au soir, vous lui devez de donner un souvenir à son rivage. Et, si vous m’aimez, je suppose que vous devez être heureux d'être encore ici de moitié, de créer ensemble une chose, de commencer avec moi ce petit monde d’enfants près de la grande nourrice. Qu’elle garde un gage durable de tendresse et de pur amour ! Qu’elle témoigne, par une œuvre vive, que nous fûmes, devant l’inûni, unis d’une sainte pensée. »

Une femme ainsi commencerait. Et une autre continuerait, la mère commune, la France. Nulle institution plus utile ; nuis sacrifices mieux placés. Mais il n’en faudrait pas beaucoup. 11 suffirait d’y transférer quelques établissements de l’intérieur. Ce serait un allégement. Car tel de ces établissements est d’immense dépense en pure perte; il pourrait être défini une fabrique de malades qui toute la vie mendieront de nouveaux secours.

Les Romains ne savaient pas ce que c’est que marchander en ce qui touche la santé publique et la vie de tous. Quand on voit leur munificence, leurs travaux pour amener des eaux salubres même aux villes secondaires, leurs prodigieux aqueducs.

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VITA NüOVA DÉS NATIONS.

leurs Ponts-du-Gard, etc., les thermes immenses où la foule venait se baigner gratis (tout au plus pour une obole), on sent leur haute sagesse. Ils eurent aussi des piscines d’eau de mer, où l’on nageait. Ce qu’ils firent pour une plèbe oisive et improductive, hésiterions-nous à le faire pour sauver la race de ces créateurs uniques qui font tout le progrès du globe?

. Je ne parle pas ici des enfants seuls, mais de tous. Chaque ville a aujourd’hui dans son sein une autre ville encombrée, c’est l’hôpital, où le travailleur défaillant vient, revient sans cesse. Il coûte ainsi énormément, à qui? aux autres travailleurs, qui, en dernière analyse, portent toute dépense publique. Il meurt jeune, laisse les siens à leur charge. Il serait bien plus aisé de prévenir que de guérir. L’homme pour qui l’on peut beaucoup, c’est moins le malade que celui qui va le devenir, qui est au bout de ses forces. Dix jours de repos à la mer le remettraient, conserveraient un solide travailleur. Le transport, le très-simple abri d’un si court séjour d’été, une table publique à bas prix, coûteraient infiniment moins qu’un long séjour d’hôpital. El l’homme serait sauvé, la famille et les enfants; un homme souvent irréparable; car,

^ je l’ai dit, chacun d’eux est la production tardive d’une longue tradition d’industrie; il c.sl lui-même

ft

418 VITA NUOVA DES NATIÜiNS.

une œuvre d’art, de l’art humain, si inconnu, où l’humanité va s’élevant, sc formant, comme puissance de création.

Qui me donnera de voir celte élite de la terre, cette foule du peuple inventeur, créateur et fabricateur, qui sue et s’use pour le monde, reprendre incessamment ses forces à la grande piscine de Dieu! Toute l’humanité en profile; elle fleurit du labeur énorme de ceux-ci. Elle leur doit toute jouissance, toute élégance, toute lumière. Elle prospère de leurs bienfaits, vit de leur moelle et de leur sang. Qu’on donnât à ceux-ci la rénovation de nature, l’air, la mer, un jour de repos, ce serait une justice, un bienfait encore pour le genre humain, à qui ils sont si nécessaires, et qui, demain, par leur mort, se trouvera orphelin.

Ayez pitié de vous-mêmes, pauvres hommes d’Occident. Aidez-vous sérieusement, avisez au salut commun. La Terre vous supplie de vivre; elle vous offre ce qu’elle a de meilleur, la mer, pour vous relever. Elle se perdrait en vous perdant. Car vous ôtes son génie, son âme inventive. De votre vie, elle vit, et, vous morts, elle mourrait.

NOTES

« Le gros ankiial la Terre, qui a pour cœur un aimant, a à sa surface un être douteux, électrique et phosphorescent, plus sensible que lui-même, infiniment plus fécond.

« Cet être, qu’on nomme la Mer, est-ce un parasite du grand animal? Non. Elle n’a pas une personnalité distincte et hostile. Elle féconde, vivifie la Terre de ses vapeurs. Elle semble être la Terre même en ce qu’elle a de plus productif, autrement dit son organe principal de fécondité. »

Voilà des rêves allemands. Est-ce à dire que tout y soit rêve? Plus d’un grand esprit, sans aller jusque-là, semble admettre pour la Terre, pour la Mer, une sorte de personnalité obscure. Ritter et Lyell ont dit : « La Terre se travaille elle-même. Serait-elle impuissante pour s’organiser? Comment supposer que la force créatrice qu’on trouve en tout être du globe soit refusée au globe même ? »

Mais comment le globe agit-il ? Comment aujourd’hui s’accroît-il? Par la Mer et la vie marinç.

La solution de ces hautes questions supposerait une étude profonde de sa physiologie, que l’on n’a pas faite encore. Cependant, depuis vingt ans, tout gravite de ce côté :

^ ® On a étudié le côté irrégulier, extérieur, des mouvements de ]a mer, cherché la loi des tempêtes;

2° On a approfondi les mouvements propres à la Mer,

NOTES

ses cmranis, le jeu de ses artères et de ses veines, dont les premières lancent l’eau salée de l'équateur aux pôles, les secondes la ramènent dessalée du pôle à l’équateur;

3“ La troisième question, la plus intérieure, dont la nouvelle chimie donnera l’éclaircissement, c’est celle de la nature propre du mucus marin, de ce gluant gélatineux qu’offre partout l’eau de mer, et qui pardt être un liquide vivant.

C’est tout récemment que la sonde de Brooke, et spécialement les sondages du câble transatlantique, ont commencé à révéler le fond de la mer.

Est-elle peuplée dans ses profondeurs? On le niait; Forbes, James Ross, y ont trouvé partout la vie.

Avant ces belles découvertes, qui n’ont pas vingt années de date, on ne pouvait entreprendre le livre de la Mer. Celui de M. llartwig en fut le premier essai.

Pour moi, j’étais encore loin de cette idée lorsqu’en 1845, préparant mon livre le Peuple, je commençai en Normandie l’étude de la population des côtes. Dans les quinze dernières années, ce sujet vaste et düTicile a été grandissant pour moi et m’a suivi de plage en plage.

Le 1" livre. Un regard sur les mers, n’est, comme ce litre l’indique, qu’une promenade, préalable. Toutes les matières importantes reviendront dans les Uvres suivants.

J’en excepte deux, les marées et les phares. Ici, mon guide principal a été M. Chazallon; son important Annuaire, qui compte aujourd’hui vingt volumes. Le premier est de i 839. Si l’on donnait une couronne civique à celui qui sauve une vie humaine, combien n«en eût-il pas reçu ! Jusqu’à lui, les erreurs sur les marées étaient énormes. Par un travail immense, il a rectifié les obser-

Digitizrc " , toc^le

NOTES

valions pour près de cinq cents ports, de l’Adour à l’Elbe. — Son .\nnuaire donne sur les phares les ren- ' seignements les plus précis. Rapprochez-en l’exposé clair et agréable que M. de Quatrefages {Souvenirs) a fsil du système d’éclairage de Fresnel et Arago. L’admirable invention des phares à éclipses est due à Descroizilles et à , Lemoine, tous deux de Dieppe. (V. M. Ferey.)

Pour les noms divers de la mer (p. 3), voir Ad. Pictet, (h'igines Indo-Européennes. — Sur l’eau, Introduction de Y Annuaire des eaux de France (par Deville); Aimé, Annales de chimie, II, V, XII, XIII, XV; Morren, ibidem, I, et Acad, de Bruxelles, XIV, etc. — Sur la salure de la mer, Chapmann, cité par Tricaut, Ann. d’hydrographie, \ll\, iiol -, ef ' Tliomassy, Bulletin de la Société géographique, 4 juin 1860.

Page 19. S. Michel en grève. Je n’ai bien compris cette plage et les questions qui s’y rattachent qu’en lisant danslaRei’ued^s DtniæAfondrsleslrès-beaux articles de M. Baude, si instructifs, pleins de faits, pleins d’idées. Je parle ailleurs de scs vues excellentes sur la pêche.

En parlant de la Bretagne (ch. in, p. 25), j’aurais dû remercier le livre de Cambry, qui m’en a donné jadis la première impression. 11 faut le lire dans l’édition que Souvestre a enrichie (et doublée, on peut le dire) de ses notes et notices excellentes, qui faisaient dès lors prévoir les Derniers Bretons. Dans plusieurs petits romans, admirables de vérité, Souvestre a donné les meilleurs tableaux que l’on ait de nos côtes de l’Ouest, spécialement pour le Finistère, et aussi pour les parages voisins de la Loire. J’aurais été heureux de citer quelque chose d’un si agréable écrivain (d’un ami si regrettable). Mais je me suis interdit dans ce petit livre toute citation littéraire.

NOTES

Le mot remarquable d'Élie de Beaumont (ch. iv, p. 31) se trouve en tête d’un article qui est un grand livre, son article Terrains, dans le Dictionnaire de M. d’Orbigny.

Ghap. VII, p. 70. Ce que je dis de Royan et Saint- Georges, on le retrouvera bien mieux dit dans les charmants livres de Pelletan, dans sa Naissance d'une ville, et dans son Pasteur du Désert. Ce pasteur est, comme on sait, le grand-père de Pelletan, le ministre Jarousseau, admirable et héroïque pour sauver ses ennemis. La petite maison qui subsiste est un temple de l’Humanité.

NOTES DU LIVRE II. Genèse de la mer. — Ciup. i. Fécondité. — Sur le Hareng, voir l’anonyme hollandais, trad. par De Reste, tome 1; Noël de la Moriniére, dans ses très-bons ouvrages, imprimés et inédits : Valenciennes, Poissons ; etc.

Chap. II. Mer de lait. — Bory de Saint-Vincent, Dict. classique, articles Mer et Matière; Zimmermann, le Monde avant l'homme. Ce beau livre populaire est dans les mains de tout le monde. — A la p. 1 2 1 , je suis l’ouvrage de M. Bronn, que l’Académie des Sciences a couronné. — Sur l’innocuité des plantes de la mer, voir la Botanique de Pouehet, livre de premier ordre. Pour les plantes qui se font animaux, Vaucher, Conferves, 1803; Decaisne et Thuret, Annales des Sc. nat., 1845, tomes III, XIV, XVI, cl Comptes de l'Acud., iSbZ, tome XXXVI ; articles de Montagne, Dict. d’Orb. — Sur les volcans, voir Humboldt, Cosmos, IV® partie, et Ritter, trad. par Élisée Reclus, Revue Germ., 30 novembre

Chap. iii. L'Atome. J’ai cité dans le texte les maîtres.

NOTES

Ehrenberg, Dujardin, Pouchet (Hétérogénie) . La génération spontanée vaincra à la longue.

Chap. IV, V, VI, etc. Pour monter dans tout ce livre à la vie supérieure, j’ai pris pour fil conducteur l’hypothèse de la métamorphose, sans vouloir sérieusement construire une chaîne des êtres. L’idée de métamorphose ascendante est naturelle à l’esprit, et nous est en quelque sorte imposée fatalement. Cuvier lui-même avoue (fin de l’Introduction aux Poissons) que, si cette théorie n’a pas de valeur historique, « elle en a une logique. » — Sur l’éponge, voir Paul Gervais, Dict. d’Orb., V, 375; Grant, dans Chenu, 307, etc. — Sur les polypes, coraux, madrépores (ch. iv et v), outre Forster, Péron, Darwin, consulter aussi Quoy et Gaimard; Lamouroux, Polypes flexibles ; Milne Edwards, Polypes et ascidies de la Manche, etc. Voir aussi sur le calcaire les deux géologies de Lyell.

CuAP. VI. Méduses, physalies, etc. Voir Ehrenberg, Lesson, Dujardin, etc. Forbes montre par les analogies végétales que ces métamorphoses animales sont un phénomène très-simple : Ann. of the Natural History , déc. 1814. Lire aussi ses excellentes dissertations : Medusæ, in-4®, 1848.

Chap. vu. L’oursin. Voir spécialement les curieuses dissertations où M. Caillaud a consigné sa découverte.

Chap. viii. Coquilles, nacre, perle (Mollusques). — L’ouvrage capital est la Malacologie de Blainville. Sur la perle, Moebius de Hambourg, Revue Germ., 31 juillet 1858. J’ai consulté très-utilement sur ce sujet notre célèbre joaillier, M. Froment Meurice. — Si j’ai parlé de la perle comme parure essentielle de la femme, c’est qu’on a découvert l’art de faire des perles naturelles. Toute femme, je n’en doute pas, pourra bientèt en porter.

NOTES

Chap. IX, Le poulpe. — Cuvier, Blainville,' Dujardin, Ann. des Sciences nat., série, tome V, p. 214, et 2' série, tomes III, XVI et XVII; Robin et Second, Locomotion des céphalopodes, Revue de zoologie, 1849, p. 353.

Chap. x. Crustacés. — Outre l’ouvrage capital et classique de M. Milne Edwards, j’ai consulté d’Orbigny et divers voyageurs. Voirie bel Atlas de Dumont d’Urville.

Chap. xi. Poisson. — L’Introduction de Cuvier, Valenciennes, article Poisson (Dict. d’Orbigny); c’est tout un livre, savant et excellent. Sur l’anatomie, voir la célèbre dissertation de Geoffroy. Ce que j’ai dit sur les nids de poisson, je le dois à MM. Coste et Gerbe.

Chap. xii et xiii. Baleines, amphibies, sirènes. — Lacépède est ici éloquent et instructif. Rien de meilleur que les articles de Boitard (Dict. d’Orbigny).

NOTES DU LIVRE III. Conquête de la mèr. — Tout ce livre est naturellement sorti de la lecture des voyageurs, depuis la primitive histoire de Dieppe (Vitet, Estancelin), jusqu’aux découvertes récentes. Voir surtout Kerguelon, John Ross, Parry, Weddell, Dumont d’Urville, James Ross, et Kane; Eïo\.,Joumaldes Savants, et l’abrégé judicieux, lumineux, que M. Laugel a donné de ces voyages {Revue des Deux Mondes). — Sur la pêche, outre le grand ouvrage de Duhamel, voir Tiphaigne, Histoire économique des mers occidentales de France, 1760.

Chap. III. Loi des tempêtes; ajoutez aux livres cités dans le texte l’excellent résumé de M. F. Julien (Courants, etc.), et le curieux système de M. Âdhémar, sur un déplacement de la mer qui se ferait tous les dix mille ans.

NOTES

NOTES DU LIVRE *IY. Renaissance par la mer. — Dès 1725, Marsigli semble avoir soupçonné l’iode. En 1730, un ouvrage anonyme; Cornes domesticus, recommande les bains de mer.

La bibliographie de la mer serait infinie. Toutes les bibliothèques m’ont fourni des secours. Je me plais à citer, entre autres bons livres, les Manuels et Guides de MM. Guadet, Roccas, Cochet, Ernst, etc. J’en ai trouvé de très-rares (comme Russell) à l’École de médecine, beaucoup de spéciaux, d’étrangers au Dépét de la marine (par exemple, la Méditerranée de Smith, 1854); je ne puis assez reconnaître l’obligeance de M. le directeur, celle de M. le bibliothécaire, qui m’a souvent indiqué des livres peu connus.

Sur la dégénérescence des races, voir Morel (1857); Magnus Huss, Alcoholismus (1852); etc.

Je dois la connaissance de la brochure du docteur Barrellay (Osptst marini) à mon illustre ami Montanelli, et aux charmants articles de M. Dali' Ongaro.

Mon savant ami, le docteur Lortet, de Lyon, en recevant la première édition de cet ouvrage, m’écrit : « Pour les enfants étisJés, j’ai obtenu de bons résultats d’une exposition prolongée à la lumière (utie lumière vive, excitante). Il faudrait une plage méditerranéenne, que l’enfant y vécût nu, n’ayant que la tête couverte et le caleçon, qu’il se roulât dans la mer, dans le sable chaud. A proximité, un hangar, une sorte de serre, qui, fermée de fenêtres pour les jours froids, n’en recevrait pas moins le soleil. »

P. S. J’apprends avec bonheur que l’administration parisienne de l’Assistance publique crée en ce moment

NOTES

un établissement de ce genre. ‘Qu’il me soit permis d’exprimer mes vœux :

Le premier, c’est qu’on ne centralise pas les enfants dans un même lieu; qu’on ne fasse pas un Versailles, une fondation fastueuse, mais plusieurs petits établissements dans des stations différentes, où les jeunes malades soient répartis selon la différence des maladies et des tempéraments.

Mon second vœu, c’est que cette création, pour être durable, profite à l’État, loin de lui être onéreuse; que les enfants trouvés que l’on y placerait, les convalescents valides, les malades rétablis, soient employés, selon les lieux, aux travaux les moins fatigants des ports et de la navigation, aux métiers qui s’y rattachent, qu’ils y prennent l’habitude et le goût de la vie marine. Lorsque des populations malheureusement trop nombreuses de pêcheurs et de matelots tournent le dos à la mer et se font industrielles, il faut suppléer à cette désertion. Il faut faire des hommes tout neufs, qid n’aient pas entendu débattre dans la cabane paternelle les profits de la vie prudente, abritée, de l'intérieur.

11 faut que l’adoption de la France crée im peuple de marins qui, voué d’avance à son métier héroïque, le préféré à tout; qui, dés les premières années, bercé par la Mer, n’aime que cette grande nourrice et ne la distingue pas de la Patrie elle-même.

Fin DES nOTES.

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