‹ La merChapitre 13 sur 77 · OCEANO NOX · texte numérisé non relu

OCEANO NOX

Dans le silence Le baU-au doit Et bord sur bord Il se balance.

Seul à l'avanl Un pelil niou'^se iJ'unc voix douce Siffle le venl.

Au couclianl pâio Et violet FloUo uu refloi Uornicr d'opale.

Sur les flots vcrls.

Far la soirée Rose pI nioiri'c D.^ja rouvoMs.

Sa luour jouo Comme uu baiser Vient se poser Sur une joue.

Puis, brusquement, Il fuit, s'efface.

Et sur la face Du firmament

Dans l'ombre claire On ne voit plus Que le reflux Cr^liusculaire.

Les Ilots déteints Ont sous la brise La couleur grise Des vieux étains.

Alors la \cmc Aux noirs cheveux Se dit : « Je veux « Faire l'épreuve

■■ De mes écriiM • Dans celle glace.

Et la Nuit place Parmi ses crins.

Sous SCS longs voiles Aux plis dormants.

Les diamants De SCS étoiles.

ItRUME DE MIDI

Ton silonco vaut los cliansoiis, bolk- Sirène.

Toul s'csL lu. L'air cl l'eau sont d'un azur profond.

Les regards aveugk's de lumière s'en vont

De l'or roux du soleil à l'or blanc de l'arène.

C'est midi, plein midi, l'heure lourde et sereine. Dans l'immobilité la vie entière fond.

Mais voici que là-bas se font et se défont Des écharpes de brume indolente qui traîne.

Tu m'apparais alors sous ce brouillard vermeil Bacchante ivre d'amour, de vin et de sommeil. Cette brume est la fleur de ton corps exhalée,

Sueur qui s'évapore en effluves ardents, Voluptueuse haleine embaumée et salée Que hume le Soleil, la bouche sur tes dents.

LF. JARDIN VIVANT

l.a iiu'i' mysti'rioiisc cl iilcini> irriiouvanlrs A lies bosqiiols llouris où chantent les roultMirs. La mer /'noriiip, atroce ol ti'agi(|iir, a ilcs lloiii'». Fleurs folles, (leurs vivantes !

Fleurs /-trang^os, ayant pour humus le rocher I Maison voit se mouvoir leurs niains/s'ouvrir leur bouclu 1:1 celles-ci frémir quand une algue les touche, Kl celles-là marcher.

Fleurs ^-tranges ! Iji bote et la (leur sont confuses. Uuel grain ou quel baiser vous st^nie dans ce eliain|i. Oampanulaires dont les fruits se (U^tachunt Uetiuuuenl des méduses .'

Voici la ppiinalule au vaporfiux dessin. Plume d'autruche ; la chenille holothurie ; 1. l'Ioilo aux cinq rayons de la i-ouge astérie ; l.e marron de l'oursin.

L'anémone en un creux crispe ses tentacules, Gros bouton de cactus en lui-même rentrant. Par las, c'est un parterre étalé comme un grand Tapis de renoncules.

La méandrine est un cerveau plein de festons ; L'explanaire une coupe épanie ; et l'astréc Aux fossettes sans nombre est une chair bistrée Cousue en capitons.

Le nullipore rose et que l'ombre safrane S'agrippe aux éventails jaunes, lilas, moirés, Des gorgones, dont les rameaux sont ajourés tJomme du filigrane.

A ces arbres de pierre accrochant leurs trésors. Les escares en brins, les flustres, les patelles. Entrelacent des fils, des tulles, des dentelles. Des pourpres et des ors.

Combien d'autres, œillets, jasmins, roses trémiéres. Aux douceurs de velours, aux éclats de métal. Qui font du noir abîme un ciel oriental Tout vibrant de lumières !

MAIUNES

k.1 pour que rien uc manque a. ce vivant jai-Jiii. A travers ses massifs, ses gazons, ses corijeilles. Voici (les |ia|iillons et voici «les abeilles Uui «olligeiit sourlaiii :

Voici, pour remplacer le soleil qu'il réclame, Tous les phosphorescents C-clairanl ces couleurs. Et leur vol radieux porto de Heurs en fleurs Comme un baiser de (lamme.

FANTOMIMF.

U souvenir, soiilHeur do bullos!

Uni 11)0 dira |)Ourquoi ce soir La jilage où Jo viens de m'asscoir Me l'ail songer aux Funambules ?

Pourquoi, devant l'ininiensilé Mystérieuse et colossale, Ne penser qu'à lY-troitc salle Où grouille le peuple excité ?

Seul en face de la nature.

J'ai beau faire, je ne vois rien Que le vieux tréteau faubourien Dont je sens l'odeur de friture.

MARINES

Là-bas, au bout de l'horizon Où le soleil vient de descendre, Ce rocher ressemble à Cassandre, Le dos voûté, le chef grisou.

Ton murmure, ô mer fiui dt'-fcrlcs.

Me parait le froufrou coquin De Colombine en casaquin Secouant son tulle et ses perles.

Arlequin mobile et changeant Va bondir hors de la coulisse.

Là ! c"est ce nuage qui glisse, Pailleté d'écaillés d'argent.

Cassandre, courbé sur sa canne.

Les guette, tout noir dans la nuit, Tandis que furtif et sans bruit Prés d'un portant Pierrot ricane.

Paf ! un coup de pied dans le flanc Pouf ! Cassandre en pleine poitrine Reçoit un couflin de farine Ijui de tout noir le fait tout blanc.

Et soudain, crevant l'ombre brune.

S'épanouit au haul des cieux Le granil rire silencieux l»u Pierrot qu'on nomme la Lunr.

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