BRISE DE TERRE
Tous les jjciis (le l'aiis soiil luirli^ f.rs finis i4 l'Ocunic «lui nioutoiiiin Ne font plus en esclaves genlils ).c travail {grotesque el, monoloiie De liaiRiiop ces liideiu oiiislilis.
La |ilagc esl à loi, brise crauloinm
Dniirciiiciil. en sinis clairs cl Imiil Tu llûlcs les cliaiils cl les iinirriiMi Oui se sont parfumés dans les lliv Dans les l'oins loiulus, dans les rai Kl. dans les frais scnlieis clandesli Fleuris do baisers, suiguauls de ni
Souffle bien sur les flots reposés La licdc langueur de les paresses. SouKlc leur celle odeur de baisers Où s'endort le cri de leurs détresses.
Souffle bien sur les flots apaisés, Douce haleine en fleurs «lui les caresses
Souffle cncor, douce haleine du vent Oui viens des coteaux cl de la plaine. Souffle encor ; car la mer bien souvent Contre nos laideurs de rage est pleine. Toi qui sais l'accoiser en rêvant.
Souffle-lui ton âme, ô douce halciue.
Tu calmis, douce haleine des champs, La vague en courroux qui déblatère ; Tu lui fais oublier les méchants Oui troublaient sa rive solitaire :
Et la paix se conclut par tes chants, La jiaix de la mer avec la terre.
MAGKEULL SKY
— Mackerel sky ! — l'hiil-il .' — Mackerel sktj .' — El ,
Sans ajoulcr un mol, du (loif;l il "ic l'I siguu
De rcsarilcr au ciel s'il n'avait pas raison.
In nuage nacré Irainail à l'horizon.
Hosc cl lilas. Plus liaul, voguant ilans l'élcncluc,
l'Iollail une vapeur d'i^nicrauile foniiuo,
Hajéc en traits plus noirs de haniies de saphir.
("est vrai ! l'expression anglaise est à ravii' :
Mackerel sky ! Aussi, soil dit sans le drplairo.
Mais depuis lors, je pense à loi. grave insulaire.
Toiiles les l'ois (pi'au ciel je revois Irait pour Irait
!,<• niai|ucre;ui ^i'';ui( cpic Ion iloi;.'! in'\ iiioiiliail .
LKS l'HAUES
l.r soleil ilaiis les flo(s a iiovc son tison Comme un brûlot lancé d'abord en i-missaire, El voici qu'à sa suite, au vent qui les lacère Les voiles de la nuit s'culleni sur l'horizon.
Elle a|i|)roclie. grandit, s'embossc en trahison, (xlte flotte de l'ombre auv vaisseaux de corsaire. Et pas à pas. sans bruit, le cercle se resserre Contre la côte étreinte en ce mur de prison.
Mais les phares sont là pour chasser le pirate. Ils éclaireid soudain sa marche scélérate. .\ccroclient leurs grappins lumineux à sou bord.
El leurs blancs pavillons aux pavillons funèbres Hipostcnt, cependant que par chaque sabord l.e sol crachant ses feux mitraille les ténèbres.
NUAGERIES
Les uiiascs là-haul, vont rcvanl.
l'as de vcnl !
Nul ra\on n'y met son coloris.
On (lirait une baiule d'oiseaux
Dans les eaux Mirant leur gros venire en velours gris.
Les nuages là-liaul voni plananl.
Maintenant La brise ébourill'e leur poil rail Où les rais du soleil (lécou\erl
Ont ouvert Des blessures d'or et de corail.
Lo> iiuajrrs la-liaut voiil inouraii( ;
fini-, plus graiiil.
Sous la tient lY-rocc qui les mord Silargit le fjrand Irou peu à peu
Toul cil feu l'ar où fuil le sang et vicul la moil.
Les nuages là- haut vont crcvanl,
Kl le vent Los jctie à la nier qui se ternit.
On dirait une bande d'oiseaux
Dans les eaux rioiigeant pour mourir où fui leur nid.
FLOllEAL
Des fleurs, îles fleurs, des fliMirs. : Des (leurs (le toutes les couleurs, Innombrables, grosses, petites.
A pleins regards, à pleines niaius Œillets, roses, gencis, jasmins, Lilas cl clématites ;
Des fleurs qui plcuvcnl par ruissea Des (leurs sY-croulanl en monceaux Qui font se crever les corbeilles ; Des (leurs à parer tous les seins ; Des (leurs à soûler les essaims De toutes les abeilles :
Des fleurs, des fleurs, des fleurs, des fleurs Les plus fous y Irouvcnl les leurs, ("csl leur rcvc qui les colore.
El tout cela dans un jardin Oui s'est é|iauoui soudain
Comme il veuail d'éclore.
C'csl un jardin loul praud ouvert.
Au p;azon toujours Irais et vert.
Le jardin de la mer fleurie.
Où l'aube eu robe ilc satin Fait sous ses pas chaque matin .Nailrc celte féerie ;
Oi'i vient à son tour chaque soir
Kii robe de velours s'asseoir
Le couchant semeur de prestiges ;
.lardiu au sol miraculcuv
Où pousst-nl des dahlias bleus
Ll des roses sans tiges :
Jardin aux trésors indulgents.
Où les songeurs, les pauvres gens.
Le marin triste cl solitaire.
Tous les gueux, tous les malchanceux.
Foui des bouquets plus beaux que ceux Ou'on cueille sur la terre ;
MARINES
Jardin de l'aube ot du couclianl Dont jamais sous l'iiivor nu'chant Ne meurt la couronne (auôc ; Jardin du printemps id(''al Où l'on voit deux fois Flor(''al
Dans la même journée !