VENTOSE
|Io|) : hop ! En avant ! Au lar-o !
lin liiinulluoux galops, llop ! voici vpnir la chai-çi-.
"op! liop ! la chai-go des (io(s.
;;''von(-ilsMlop:i,op;n„-„„,,o,| "s voii(, In (;^illi,^,.,. au vniil. l'no raso los ouiporlo.
Au lai-ffo ! Hop! Ki, maiil !
"s vont, sans oi-di-p. pai- Iroupps
Uni pOlo-nuMonl Ipu.s I.om.Is
l'-s poilrails, I.Purlanl l,.s ,.,.oup,.s.
Us vont, Ips naspaux en fièvres, Cabi-ps, rondant, lipiinissant.
llop ! ils vonl, l'écunip aux lî'vrps, Hop! hop ! l'œil pliosiilioi-pscenl.
Us vonl. Hop ! Charge macabre Uni charge sans savoir où.
Hop ! hop ! Tout un rang se cabre, Puis s'engloutit dans un trou.
Hop ! hop ! La mer est jonclu'e De cadavres [lantelants Où l'ardente chevauchée Précipite ses élans.
Us vont. Hop ! Les lames vertes S'éparpillant par lambeaux Ont l'air d'entrailles ouvertes Uuc dévident leurs sabots.
Hop ! Us sont fous, ils sont ivres.
Encor ! Hop ! Des pieds, des dents Hoj> ! hop ! En avant ! Les cuivres Poussent des appels stridents.
llo)) ! liop ! En avant ! Au large ! Us sont ivres, ils sont fous.
Hop ! Entendez-vous ? La charge Sonne, sonne. Entendez-vous ?
MARINES
Hop ! hop ! I.pur coursp s'offaiv.
Hop! Ils voiil à corps jindii.
Hop ! hop ! Là-haul la fanfare Sounc. Avcz-vous cnleiulu ?
Hop ! Ce qui gonfle leur ragp, C'est la charge qu'en passant Les sorcières de l'orage Sonnent d'un accent perçant.
Hop ! hoi) ! Les vieilles farouches
Avec des gestes hideux
Kn sonnant à pleines bouches
On voit flollor par les nues l.es fouels de leurs cheveux blaii Kl de leurs nianiellcs nues Les bouts claquent sur leurs fiai
Hop ! hop : hop ! Ouaiid Tune ('• De rire, c'est un éclair.
Hop ! C'est leur sexe écailale Uni, béani, saigne dans l'air.
Hop ! hop ! Ce rouge s'éclipso.
Tout s'éleinl. Le gouffre noir Kn buccin d'Apocal.\pse Élargi! son entonnoir.
11 on iilotil dos oris lunôbvos.
Dos idainlcs, îles iiuileiiicnls, Du tonnerre et des ténôbrcs Au chaos des tlénicnts ;
Et dans cette ombre inconnue On ne voit plus que les flots Dont la horde continue Ses offrojables galops ;
Et dans la clameur conii)aclo Au fracas tonitruant Hue fait cette cataracle Sur soi-mômc se ruant,
On entend les vieilles gueuses Voler comme des oiseaux En sarabandes fougueuses Où cliquôtcnt tous leurs os,
i;oi)cndant que la tempête Pour animer ces démons Leur souffle dans sa (rompelk Toul le \onl do ses poumons.
LES COIIHEAL'X
l.c nionl, la jilaiiic, ont leurs coriicaïu. Mais la mer, ce cliamp de bataille Dont tous les flols sont des tonilieaux, J.a mer, les voulant à sa taille, F'Ius noirs, plus lugubres, plus beaux.
Plus grauds, la mer a ses corbeaux.
Arriôrc-gardc de l'orage.
Ils arrivent dans le ciel gris
Kn tournoxanl, cpiand un naufraf;e.
Couvrant la plage de débiis,
Leur a prc^pari^ de l'ouvrage
\ ces croquc-nioris de l'orage.
Pesant, majestueux, le \ol Ile leurs larges ailes funèbres Tombe en spirale au ras du sol
Connue une trombe de ténèbres ; El là, le clicf droit sur le col.
Ils arrêtent d'un couii leur vol.
A les voir ainsi par la grève, Debout, l'œil fixé sur les eaux, Ils donnent l'illusion brève Que ce n'est plus là des oiseaux.
Mais des philosophes qu'un rcve Immobilise sur la grève.
D'un pas grave et sacerdotal, D'une allure do patriarche.
Sans secousse ni saut brutal.
Bientôt ils se mettent en marche.
On dirait que d'un piédestal Chacun descend, sacerdotal.
Ils vont, très Icnls, et quand des choses
Accrochent leurs jeux en passant,
Pour les voir ils iirenucnt des poses
Pèdantesques, puis, croassant,
En savants hérissés do gloses
Us se disent entre eux des choses.
Ils ont le verbe caverneux.
Tels des SibjUcs et des Mages Dénouant les mystiques nœuds
H'iiii (irolilèmc cl rciidaiil hommages A 1 oracio <|tii parle en riu.
(Joiiiiiic eu un tcm|>le cavcriicuJi.
Mais (lès (|u'ils voient une cliaroj;ne.
lionsoir lenuc cl gra\ ilé !
Leur marclic danse. Leur voix Kroj,'iie
l/é(|uilil»rc d(:-soil)ilé.
L'aile hatlanle en bias divrogiie,
Ils s'affalciil sur la charogne.
C,\'s\ leur paradis là-dedans.
Le clou de leur licc droil lacère (les haillons visijueux el pendants Mn'ils épar|)illenl de la serre, .\vcc des cris Itrcfs el stridents.
(Jeuv-ci ilcssus. ceux-là dedans.
Ile pourriture ils font riliote.
l'arini la sanic el les vers Ça rit, ça braille, ça jaliole.
Ilans les jus épais, noirs et \erl> (.Ui patnuf^e jusqu'à ini-iiolle.
Les croi|ue-niorts soid en riiiole.
C.nr ils la boivent . les corbeaux, (ietto chair ll«*ipie el corrompue.
Ils l'ingurgilenl par laniltoaux.
Plus c'est liquide et plus ça pue, Mieux ils en gonflent leurs jabots.
La caruc est le vin des corbeaux.
Las de manger cl las de boire.
S ils croassent alors, leur voix Chante eu tons creux de bassinoire, Sinistre et comique à la l'ois, Un Requiem blaspliénialoire, Requiem sur un air à boire.
Enfin, repus, comme s'en vont
Des goinfres à la panse pleine
Oui se sont emi)ilTrés à fond
Et qui sont gavés, hors d'haleine.
vSi lourds qu'ils en ont l'air iirofond,
Enfin, solennels, ils s'en vont;
Et ces vivantes sépultures Prenant par le ciel leurs ébals Y semblent les noires montures De sorciers qui dans les sabbats Vont avec d'infâmes postures Forniquer sui- des sépultures.