‹ La merChapitre 39 sur 77 · I.F.S IIALKUIIS · texte numérisé non relu

I.F.S IIALKUIIS

La oula ouli oula oula Ichalez !

Hardi! les haleurs, oh! les hahnm. halez :

CVsl pas tout d'avoir chargo ; il faul rcnlror sa cliar^r Or la lirisc aujoiii'il'hiii ne soiifllo poiiil du largo, .Mais d'amonl ou d'aval, du noroil ou suroit, Ou niômc vent dfboul dans le clicnal (■Iroil. Aussi les clialuliers zigzaguent dans la rado Kt courent l>ord sur bord ainsi (|u'ù la parade Avant d'arriver juste au perluis du goulot Où l'on doit entrer raide et droit comme uu "houlol. 1-jiliu, d'un dernier coup d'aile rasant le môle. l,f ventre à fleur de vague et l'i^cumc à l'i^paulo. l'i-esquo couch<?s sur l'eau (jui balajo le pont. Ils s'cnfilont ilo biais, se redrossonl d'un bond. Va les voilà llaiidiards ouli'o les ilouv jotros.

i;t les focs i>ar flicflacs se gonflent à l'envers. Les lïiatelols, couverts d'embrun, semblent tout verts. Souque ! Attrape à cargucr ! l'are à l'amarre ! Et souqix ! C'est le coup des lialeurs et du câble à rimouque.

La oula ouli oula oula tchalez !

Hardi ! les haleurs, oh ! les haleurs, halez !

I.ps voici. Tout d'abord les malins du halage. Les arislos I De vieux pOchnurs, \enus à l'âge Où la poigne n'est jjIus poigneusc auï avirons ; Mais, tout de môme, encor large des palerons, .\yant toujours un peu de sève sous l'écorce, Hàblés, cl, s'il le faut, bons pour un coup de force, l'uis, des veuves et des grands-mères qui n'ont plus l'ersoune à la maison et personne aux chaluts, Kt qui gagnent leur vie à présent toutes seules. Malgré leurs cheveux blancs, solides ces a'ieules '. Hautes et droites sous leur coilTe et leur fichu, Elles ont les yeux clairs et le grand nez crochu Ainsi que des oiseaux rapaces. Sous leur cotte Leurs jambes sèches vont d'un pas vif qui tricote Et montre les tendons de leur jarret nerveux. Uuand ces gaillardes-là se prennent aux cheveux. L'homme lui-même a peur de leurs pattes d'araignes, Economes d'argent, mais prodigues de beigiics.

La oula ouli oula oula tchalez !

Hardi ! tes haleurs. oh ! les haleurs, halez

Viennent aussi des bat-la-flemme, des sans-douilles,

Fainéants, suce-pots, grands dépendeui's d'andouilles,

Oui dans tous cabarets ont tué leur je dois.

Et qui ne font jamais œuvre de leurs dix doigts

Sinon lorsque la faim trop fort leur crie au venlre

Et lorsque dans le dos leur estomac leur rentre.

F'ar les autres, qui vont partager avec eux.

Us sont mal vus, ces faux haleurs, mauvais péqueux

Oui flibustent leur tour et rognent leur salaire.

Mais comme ils sont plus forts, il faut quon les tolère,

El les moins crânes leur font place au milieu d'eux.

En loques, rapiécés, mais à la six-quat'deux.

On devine qu'ils n'ont point de sœur, point d'épouse,

Plus de mère, qui les nettoie et les recouse.

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