‹ La merChapitre 43 sur 77 · LES SON(JEA>TS · texte numérisé non relu

LES SON(JEA>TS

Dans lo pajs on les appelait les Songeants.

A force d'être ensemble ayant mine pareille.

Ou eût (lit deux sarments, secs, de la même treille

C'était un vieux marin et sa femme, indigents.

Ils se trouvaient heureux et n'étaient exigeanls ; Car, elle, avait perdu la vue, et lui, l'oreille. Mais chaque jour, à l'heure où le flux appareille. Ils venaient, se tenant par la main, bonnes gens.

i;i demeuraient assis sur le bord de la grève,

.■^ans parler, abîmés dans l'infini d'un rôvc.

Kl jusqu'au fond de l'être avaient l'air de jouir.

Ainsi de leurs vieux ans ils achevaient la Iraïue. Lu sourd à voir la mei', et l'aveugle à l'ouïr. Et tous deux à humer sou ùuic dans leur àiiic.

LES TUUIS MATELOTS DE GROlX

ÎVous étions deux, nous étions trois.

Nous étions deux, nous étions trois. Nous étio)is trois mat'-lo-ots de Groix, Mon tra-dé-ri Ira trou Ion la.

Mon tra-dé-ri tra lan lai-ai-aire.

L'avcz-vous oublié ? Moi, je lai relcnu,

Ce vieil air de marin, chef-d'œuvre d'inconnu.

Où du peuple et des flots 1 amc obscure s'exiirinic.

Ouelqucs couplets, naïfs de sens, ventes de rime,

Sur cinq notes, pas plus, cinq, nii, ré, do, si, la,

Avec tradéii tra, laulairc et troulonla,

Cesl tout ! Mais là-dedans, la mer cnliiMC y passe.

Le cri des naufragés, l'haleine de l'espace,

Les gaités de ce dur métier cl ses effrois.

C'est la complainte des trois matelots de Groix.

l'nur la goùlor dans sa grandeur mélancolique,

Il faut l'entendre au soir, quand le soleil oblique

Avant de s'en aller lui dresse son décor,

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