CHAPITRE XV
centre de la table, éclairée par notre superbe candélabre. Le diner fut trouvé parfait, et la venaison nous consola de l'absence de la dinde traditionnelle. A neuf heures je quittai la veillée joyeuse et laissai à la discrétion d'un chacun le moment d’éteindre les lampes; ayant moi-même accordé ce privilège, je ne veux pas savoir si tous les autres règlements de la discipline du bord furent scrupuleusement observés. Heureux de voir que nos gens conservaient assez d'entrain pour s'amuser, je les encourageais de toutes mes forces. Chaque partie du « festival », comme ils nomment ce grand jour, a été conduite avec un ordre remarquable. Le bal vint à son tour, et quand je montai vers minuit pour donner mon coup d'œil à la soirée, je trouvai Knorr enveloppé de fourrures, assis sur une barrique et jouant du violon avec énergie, pendant que Barnum et Macdonald dansaient une gigue avec un magnifique entrain; puis Carl entraina le maitre d'hôtel à travers les vertigineux labyrinthes de la valse, et finalement Charley fit retentir le schooner des éclats de rire éveillés par son « pas de deux » avec Mme Hans. Le vieux cuisinier avait grimpé son échelle, et oubliant ses préoccupations et ses « rennes », applaudissait bruyamment les acteurs. Mais il en eut bientôt assez et s’éloigna de cette scène trop tapageuse pour lui. Une douzaine de voix lui criaient :
« Hola! cuisinier, revenez donc et faites-nous voir comment on danse chez vous!
— Danser et faire toutes vos bétises?... Mais il n'y a pas de femmes !
— Mais il ya Mme Hans, cuisinier.
— Pouah! » et il replongea dans la cabine.
CERT U