‹ La mer libre du Pôle (volume 2)Chapitre 160 sur 253 · CHAPITRE XXVIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIL

Les difficultés augmentent. — Un traineau brisé. — Nos réflexions. Mes hommes épuises. — De mal en pis. — Je me décide à renvoyer ma troupe et à continuer le voyage avec mes chiens.

24 avril.

Ces notes sont nécessairement monotones : je ne puis écrire aujourd’hui autre chose que ce que j'ai écrit hier. — Semaine après semaine, nous tournons sans cesse dans le même dédale, campant le lendemain presque en vue de notre hutte de la veille; le traineau est cassé, mes hommes sont épuisés, mes chiens exténués de fatigue. Nous avons quitté le navire au commencement d’avril, et, en moyenne, je n’ai pas avancé de cinq kilomètres par jour; à peine sommes-nous à cinquante-cinq kilomètres de Cairn-Pointe. Vers le nord, au-dessus de la mer glacée, la terre de Grinnell se dresse comme pour nous encourager, mais elle ne grandit que bien lentement. J'ai essayé de m'en tenir à mon projet primitif et de gagner le cap Sabine, mais impossible de franchir les masses qui nous en séparent : j’ai dù prendre plus au nord. — Tout en continuant à s'élever, la température est plus froide qu’à Port Foulke pendant la majeure

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