‹ La mer libre du Pôle (volume 2)Chapitre 174 sur 253 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

15 mai.

— Jensen, l'homme énergique, celui sur lequel je comptais le plus, est non-seulement exténué, mais tout à fait à bout de forces. Il est couché sur le traineau, inerte et se plaignant des douleurs qu'il éprouve dans le dos et la jambe : il est incapable d'aller plus loin, et j'en suis à me demander comment nous le raménerons au navire. — Malgré ces terribles glaces, j'aurais pu atteindre le quatrevingt-troisième parallèle au moins, mais nous voilà privés de la force musculaire de Jensen! La route a été exécrable aujourd’hui, et pourtant nous avons fait trente-six kilomètres. Mac Donald est sur les dents et Knorr ne vaut guère mieux, quoiqu'il ne veuille pas encore l'avouer. — Quant à Jensen. ses souffrances lui affectent certainement le moral, mais, lorsque je pense aux vastes espaces qui s'étendent derrière nous, puis-je me flatter que ses pressentiments ne sont que de mauvais rèves, et que ses os ne blanchiront pas au milieu de ces roches desolées? — Grâce à nos soins continuels, mes chiens sont encore en bon état; c'est le seul côté passable de nos affaires.

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