CHAPITRE XXXVIII
limites de nos connaissances, servent tous au progres du commerce, de la navigation, des arts, de tout ce qui concerne le bien-être de l’humanité. Les découvertes qui ont eu le plus d'influence sur la marche de la civilisation n'avaient à l’origine qu’une valeur abstraite et n’excitaient guère d'intérêt en dehors des sociétés savantes. Le vaste système de communications que la vapeur infatigable étend au monde entier, en fécondant toutes les industries, dérive des expériences d’un enfant sur le couvercle de la houilloire à thé de sa mère; le merveilleux réseau de fils télégraphiques qui parcourent les continents et plongent sous les mers, en donnant les ailes de la lumière à nos pensées, nous vient de la rencontre fortuite de deux morceaux de métal dans la bouche de Volta; les lentilles du gigantesque télescope de lord Rosse, qui font servir à des usages pratiques le mécanisme des cieux, sont le résultat d’observations sur le pouvoir grossissant des gouttes d’eau; l'aiguille magnétique, qui guide les marins vers leur destination lointaine, est issue du contact accidentel de l’aimant et de l'acier; partout, les progrès les plus remarquables ont eu les commencements les plus infimes au premier abord. L’imprimerie, les machines à tissage, la photographie, toutes ces merveilleuses inventions ont eu des origines pareilles : des esprits attentifs ont interrogé la nature et levé le voile qui en cachait les mystères, sans se douter de la mine féconde qu’ils ouvraient aux chercheurs futurs. La marche de la science est la marche de la race humaine; on ne demande plus — à quoi bon? à ceux qui viennent nous annoncer des vérités encore nouvelles pour nous. Quelque part que les hommes aient essayé d'agrandir les domaines de la richesse, de la puissance ou de l’utile, la science les a guidés, instruits, soutenus. Partout où des hommes de bonne volonté ont voulu plañter au milieu des peuples barbares l'emblème de la vraie religion, la science a marché devant eux, leur ouvrant les portes
et leur aplanissant le chemin. Elle a déchiré l’épais rideau qui couvrait l'esprit humain, préparé les voies au christianisme qui a banni les superstitions anciennes de l’Occident et qui chaque jour précipite dans la nuit du passé les débris du sombre panthéisme de l'Orient, et le grossier fétichisme des tribus encore sauvages.
La science et l'Évangile parcourent le monde en se donnant la main, renversent les barrières des préjugés, enseignent à l’esprit les choses pratiques de la vie présente, et à l’ame celles qui concernent la vie à venir.
I. — GLOSSAIRE DE QUELQUES TERMES USITES PARMI LES NAVIGATEURS DES MERS POLAIRES.
BanQuUISE. — Zone de glace, fixe ou en dérive, couvrant les abords des régions polaires.
BERG. — Montagne. Voyez Ice-berg.
Bunk. — Lueur. Voyez Ice-blink.
Bras. — Glace brisée en petits fragments.
Car. — Veau. Masse détachée d'une falaise de glace où d’un glacier, et flottant ou apparaissant soudainement à la surface de la mer. Cette appellation singulière dérive sans doute de l’épithète encore plus étrange que les Esquimaux du Groënland donnent aux fiords, terminés ou surplombés par des glaciers; épithète qui signifie littéralement : la baie qui véle, qui met bas.
Drirt 1CE. — Plateau de glace en dérive et charriant des matières étrangères, telles que roches, terres, etc., etc.
Fiorp. — Golfe étroit, profond; toute échancrure abrupte de la côte communiquant avec la mer.
FLOE. — Portion détachée d’un champ de glace.
GLacrER. — Masse de glace formée sur une fle, ou un continent, par les dépôts atmosphériques, et aboutissant parfois à la mer. Hummocxs. — Vides, sillons, aspérités de glaçons brisés et super-
posés par la collision des champs de glaces.
Ice-BELT. — Margelle ou tablette continue de glace, qui, dans les hautes latitudes arctiques, adhère aux rivages des terres, au-dessus du niveau ordinaire de la mer.
IcE-BERG. — Grande masse de glace flottante, détachée d'un glacier.
IcE-BLINK. — Apparence particulière de l'atmosphère, blancheur de l'horizon due à la réverbération des glaces.
IcE-FIELD. — Champ de glace. Vaste surface de glace flottante, formée à la mer.
Ick-roor. — Glace praticable à un piéton. Expression applicaple aussi & la tablette de glace adhérente au rivage.
IcE-RAFT. — Radeau de glace. Tout champ, floe ou montagne flottante, transportant des matières étrangères,
IcE-TABLE. — Une surface plate de glace.
LAND-ICE. — Glace adhérente à la côte.
Oup-1czk. — Vieille glace. Glace âgée de plus d’une saison.
Pack. — Vaste étendue de glaces flottantes, de toute forme et de toute origine, plus ou moins entassées et soudées les unes aux autres. |
Potynta. — Mot russe désignant une étendue d’eau ouverte, un espace de mer libre de glaces.
Water sky. — Ciel d'eau. Apparence particulière du ciel au-dessus d'une étendue de mer ouverte. Teinte sombre de l'horizon, due à la réflexion des eaux.
YounG-1cEe. —Jeune glace. Glace formée pendant le dernier hiver.
(FERD. DE L