‹ La mer libre du Pôle (volume 2)Chapitre 34 sur 253 · Voir l'appendice B · texte numérisé non relu

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cons, et amenant aux Groénlandais une maigre provision de bois flotté par les grands fleuves de la Sibérie, descend le long de la côte orientale du Groënland, contourne le cap Farewell et remonte au nord jusqu'au cap York où il s’infléchit vers l’ouest; là, il s’unit au large torrent encombré de glaces que vomit l’océan Arctique à travers les détroits de Smith, de Jones et de Lancaster. I] se dirige vers le sud, côtoie le Labrador et Terre-Neuve, après s'être grossi des eaux de la mer de Hudson, et se glissant entre le Gulf Stream et le rivage américain, rafraichit de ses froides ondes les baigneurs de Newport et de Long-Branch pour se perdre enfin à l’orient des caps de la Floride.

Un seul regard jeté sur la carte de la mer de Baffin montre que cette marche du courant forme autour de la banquise une sorte de lent tourbillon qui enferme les glaces et les empêche de descendre plus rapidement vers le sud; on comprend aussi que vers la fin du mois d'août les dimensions de la glace du milieu soient réduites de beaucoup ; fondue par le soleil, érodée par les eaux, une grande partie a déja disparu, et le reste se trouve dans un état de dissolution plus ou moins avancée. Cette époque serait donc trés-favorable pour la navigation si l’approche rapide de l'hiver ne devenait une source de dangers sérieux : lorsqu’on est ainsi au milieu des glaces, le premier abaissement de la température peut vous engluer pour dix mois. Aussi les baleiniers essayent-ils de traverser la barrière en mai ou en juin, et quelquefois plus tôt, quand la glace est encore dure et que la débacle commence à peine.

Huit jours seulement nous séparaient de la fin du mois d'août; plus que jamais je regrettais mes inévitables étapes aux établissements groënlandais. — Mon plan, arrêté dès notre séjour à Upernavik, était de prendre la banquise aussitôt que nous la rencontrerions, de la couper au premier endroit favorable et de naviguer en droite ligne vers le cap York sans m'attacher à la glace de terre. Le vent

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