‹ La mer libre du Pôle (volume 2)Chapitre 59 sur 253 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ces messieurs a su faire de cette corvée une folatre partie de plaisir. Barnum et Mac Donald ont protité de leur jour de congé pour courir après les rennes; ils en ont vu quarante-six bien comptés, mais n'ont réussi qu’à les forcer à déguerpir au plus vite; ils sont revenus sans un pauvre renard dans leur carnassière.

Charley, dédaignant l’attirail des chasseurs, et ambitionnant la gloire d’un « voyage de découvertes », est allé rôder de l’autre côté de la baie au-dessus des falaises du Palais de Cristal‘. Il est arrivé à une station abandonnée depuis longtemps, et n’a trouvé rien de mieux à faire que de dépouiller une tombe de son funèbre dépôt; il m'a rapporté, bien enveloppée dans sa vareuse, cette précieuse addition à mes richesses ethnologiques, et la promesse de semblables jours de congé, jointe au verre de grog traditionnel, m’assurent la coopération de Charley à cette branche de mes études; c’est du reste un solide gaillard, et qui nous sera fort utile, je l’espére.

Chacun manifeste le zele Je plus louable a grossir mes trésors, et l’empressement de mes pourvoyeurs a été aujourd’hui l’occasion d'une scène assez désagréable. Jensen, que son long séjour au milieu des naturels a habitué à les considérer comme des animaux à peine supérieurs à leurs chiens, a découvert une couple de tombes et en a retire deux momies en linceuls de peaux. Il pensait qu’elles feraient trés-bien dans mon muséum; malheureusement, Mme Hans furetait çà et là sur le pont pendant que Jensen montait 4 bord avec son butin, et reconnaissant a quelque morceau de fourrure les restes d’un de ses parents ou ancétres, elle entra dans une fureur épouvantable; Jensen avait beau lui dire que le capitaine était un grand sorcier et rappellerait les défunts a la vie aussitot qu’ils auraient touché la terre d’Amérique, rien ne pouvait la calmer, et

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