‹ La mer libre du poleChapitre 1 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C'est récemment qu'on a séparé la recherche de la mer libre du pôle boréal et celle du passage qui, en prenant au nord» devait permettre aux commerçants des nations placées dans le nord-ouest de l'Europe de parvenir à ces régions de F Inde et du Cathay oti leurs rivales du sud-ouest, maîtresses des routes méridionales, avaient fait une si éclatante et si rapide fortune. Il a fallu , pour renoncer à Tespoir tle trouver une route septentrionale, qu'on eût découvert le passage désiré et qu'on se fût convaincu qu'il n'était pas praticable à la navigation. Alors, satisfaite de ce côté, la curiosité humaine, dans son insatiable nature, s'est tournée vers le pôle : elle s'est contentée de pren-^ dre pour prétexte de raison les investigations scientifiques et a voulu savoir l'état des mers polaires du nord en se leurrant passionnément de l'espoir l|u'elles sont

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plus navigables que les détroits connus. Ainsi une idée a succédé à l'autre; mais, comme la première a seule rendu possible la seconde, on nous permettra bien,^ en suivant Tordre naturel de ces deux pensées, de commencer par rappeler ici les tentatives des siècles antérieurs, puisqu'elles ont donné naissance à celles d'aujourd'hui. Beaucoup des hommes courageux qui

s'y sont dévoués y ont trouvé la mort; mais, comme

il faut toujours mourir, le mieux est encore de se préparer une fin qui couronne une honorable et laborieuse existence, employée à l'avancement de la science et de la civilisation.

Le premier, Christophe Colomb, chercha le passage occidental vers les Indes et le Cathay. Il y échoua, mais rencontra le Nouveau Monde (1492).

Jean Cabot, navigateur vénitien, fut le premier que l'Angleterre chargea de chercher le passage par le nordouest ; il descendit jusqu'au 56* parallèle septentrional et trouva Terre Neuve (1497).

En 1 5oo, le Portugal, non content de la route orientale que Vasco de Gama, revenu l'année précédente, lui avait ouverte jusqu'aux Indes en doublant l'Afirique méridionale, dépécha, sur les traces de Cabot, Gaspard de Cortereal. Celui-ci retrouva Terre Neuve, découvrit le golfe de Saint- Laurent et ce qa'il prit pour une terre propre au labour, le Labrador. Il la côtoya jusqu'à un détroit qu'il appela d'Anian et qu'on croit être le détroit de Hudson ; mais, l'année suivante, s'étant

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