INTRODUCTION VII
engagé beaucoup plus vers le nord» il y disparut pour n'en jamais revenir.
Une trentaine d'années plus tard, la France, avec Tespoir de lutter aussi sur mer et dans les Indes contre la domination de l'empereur Charles Quint, envoyait à son tour Jacques Cartier. Celui-ci , après avoir contourné Terre Neuve, examiné le golfe et remonté le fleuve de Saint- Laurent, y conduisait en 1540 la première colonie qu'ait eue la France.
De nouveaux essais dans cette direction n'ayant pas réussi, l'Angleterre chercha vers le nord-est. Sir Hugh Willoughby, en i553, allait périr près du havre de Kegor et de l'île Kilduyn, sur la côte orientale de la Laponie; mais son pilote Chancelor atterrissait en Russie et se rendait à Moscou. Un autre de ses compagnons, Burrov^, en 1 556, débarqua dans l'île de Waïgatch et aperçut la Nouvelle Zemble.
Cependant Martin Frobisher retournait vers l'ouest et trouvait le cap Farev^ell à l'extrémité méridionale du Groenland (1576); les années suivantes, il descendait le long des terres qui sont au nord du Labrador jusqu'au 63« parallèle, les appelait meta incognita (la limite inconnue), et s'efforçait inutilement de pénétrer dans le détroit qui porte aujourd'hui son nom.
Davis, dès i585, avait trouvé la terre de Cumberland et parcouru le bras de mer auquel son nom est resté. L'année suivante, il alla au 70» parallèle. En 1 587, après avoir vu l'île Disco, il dépassait le 72%
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revenait vers le isud-ouest , et appelait cap Chidley celui qui termine le Labrador au nord-est.
Lantastq:, en 1 591, retourna jusqu'à ce cap; mais ne le dépassa guère.
Alors les Hollandais reprirent la recherche par le nord-est. Une expédition partit sous les ordres de J. van Heemskerck, ayant pour pilote W. Barentz. Elle crut avoir dépassé le 84® parallèle ; mais vraisemblablement elle n'alla pas plus haut que le Spitzberg, dont elle parcourut Tarchipel, puis, revenant vers le sud-est, elle longea toute la côte occidentale de la Nouvelle Zemble, en doubla l'extrémité septentrionale et fut contrainte d'hiverner sur la côte nord-est. Elle redescendit à File de Waîgatch, puis suivit les côtes moscovites et lapones, et enfin rencontra à Kilduyn, près de TendroitoCx était mort Willoughby, trois navires hollandais qui rapatrièrent ses malheureux débris. Le voyage avait duré du mois de mai iSgô au mois de novembre iSgy. On avait remarqué avec étonnement qu'au 80* parallèle, dans le Spitzberg, poussaient des graminées et du trèfle, et que les rennes s'en nourrissaient, tandis qu^, dans la Nouvelle Zemble, qui se termine à une dizaine de degrés plus au sud, il n*y avait aucune herbe et Ton ne rencontrait que des animaux carnivores (i).
(i) Le tome iv des Voyageurs anciens et modernes^ipax M. Charton, donne la relation complète de ce voyage avec des gravures et des cartes, excellentes à consulter.