‹ La mer libre du Pôle; voyage de découvertes dans les mers arctiques exécuté en 1860-1861Chapitre 4 sur 241 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

John M'Donald, Thomas Barnum, Charles M'Cormick, William Miller, John Williams, matelots.

Notre matériel scientifique était suffisant : l'Institution Smithsonienne nous fournit une bonne provision de thermomètres, de baromètres et d'instruments non moins utiles , ainsi que de l'esprit-de-vin , et tout le matériel nécessaire pour la conservation de spécimens d'Histoire naturelle.

J'ai aussi, pour cette dernière branche de mes préparatifs, à remercier l'Académie des sciences naturelles de Philadelphie et le Muséum de Cambridge. M. Tagliabeau , l'habile opticien de New- York , me fit cadeau de splendides thermomètres à alcool , et la courtoisie du directeur du Bureau topographique de Washington me valut deux sextants de poche, précieux instruments que je n'aurais pu acheter ou emprunter ailleurs. J'avais espéré que l'Observatoire national me fournirait un appareil pour sonder par de grands fonds, mais on m'apprit que cette concession ne pourrait être faite sans un acte du Congrès. Je réussis mieux en dehors des limites de la routine nautique; le directeur de l'inspection des côtes me remit un cercle vertical qui remplissait le double emploi d'une lunette méridienne et d'un théodolite, un magnétomètre bien éprouvé et un cercle à réflexion.

Nous avions trois grands chronomètres, deux chronomètres de poche réservés pour les voyages en traîneau ; un excellent télescope dont l'objectif était de quatre pouces et demi; et, sous la surveillance du regrettable M. Bond, de Cambridge, et de M. Sonntag, je fis construire un pendule d'après le plan de l'instrument de Foster.

De ce côté tout allait bien, mais les hommes spéciaux

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manquaient : de tous mes compagnons, M. Sonntag était le seul réellement instruit.

L'armement du schoner était parfait et la soute bien garnie; dabondantes conserves de viande, de légumes et de fruits nous rassuraient contre le scorbut, et une bonne provision de bœuf séché, de tablettes de bouillon (mélange de viande, de carottes et d'oignons) préparés exprès pour nous par la compagnie de conserves alimentaires de New- York, nous garantissaient une nourriture saine et facile à transporter dans nos courses en traîneau; je la préférai au pemican ordinaire. Nous étions munis de solides et chauds vêtements de laine et quatre grosses balles de peaux de bison nous promettaient aide et protection contre les vents du nord; de plus, nous avions un arsenal de carabines, de fusils et de poudre, quarante tonneaux de charbon, du bois de chauffage et bon nombre de planches de pin destinées à abriter le navire pendant l'hivernage.

Je donnai moi-même le dessin des traîneaux et je fis construire sous mes yeux les tentes, les lampes à cuire nos aliments et le reste du matériel nécessaire. Je ne pourrais sans manquer à la délicatesse dire ici les noms d'une foule d'amis dont nous reçûmes des livres et 4,outes sortes de petites provisions que nous avons dûment appréciées pendant notre captivité dans les glaces.

Le départ étant fixé au 4 juillet, les amis de l'expédition furent convoqués par M. 0. W. Peabody, secrétaire du comité de Boston , pour venir nous dire un dernier adieu. Malgré le temps brumeux et sombre, plusieurs centaines de personnes se rendirent à l'appel : notre petite troupe était réunie pour la première fois, et, quoiqu'un accident imprévu nous empêchât de lever l'ancre, nous fûmes aussi heureux qu'on peut l'être , en écoutant les discours et les

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